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L'AIE se penche sur l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments

L'Agence Internationale de l'énergie vient de publier une étude destinée aux décideurs regroupant plusieurs conseils afin de mener des politiques efficaces en matière d'économie d'énergie dans le bâtiment.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Convaincue que l'efficacité énergétique est de loin la manière la plus rentable pour relever les trois défis énergétiques que sont la sécurité d'approvisionnement, la réduction des coûts et un environnement plus « propre », l'Agence Internationale de l'énergie (AIE) s'est penchée sur la question et plus particulièrement pour le secteur du bâtiment. L'AIE rappelle que les bâtiments existants sont responsables de plus de 40% de la consommation totale d'énergie primaire mondiale et expliquent 24% des émissions mondiales de CO2. Avec l'augmentation de la consommation d'énergie, des prix élevés et l'augmentation des émissions de CO2, l'impératif pour améliorer l'efficacité énergétique est plus fort que jamais, estime Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l'AIE. Sur cette route vers un futur soutenable en énergie, les actions dans le secteur du bâtiment peuvent jouer un rôle primordial, ajoute-t-il.

Toutefois, bien que le potentiel d'économie dans le secteur du bâtiment soit considérable, l'AIE reconnaît l'existence de nombreux freins liés au marché et notamment des freins financiers comme le coût initial ou encore l'inadéquation des mécanismes traditionnels de financement pour ce type de projets. Afin de lever ces freins, l'AIE a réalisé une étude en collaboration avec l'Agence Française de Développement (AFD) portant sur les politiques menées dans plusieurs pays : Japon, Etats-Unis, France, Allemagne et Royaume-Uni. Chaque politique a été analysée selon plusieurs critères : pertinence, efficacité, flexibilité, clarté et durabilité.
À partir des expériences réalisées dans ces Etats, l'AIE déclare en tirer cinq leçons. Premièrement, étant donné que les obstacles financiers dans le secteur du bâtiment résidentiel sont nombreux et complexes, il est nécessaire de mettre place des « paquets de politique » pour levers les freins partout en même temps. Le cas allemand est une bonne illustration du succès des « paquets de politique ». La mise en place de norme dès les années 70 combinée à des associations public-privées a abouti à une diminution de la consommation annuelle moyenne des ménages de 280 kWh/m² en 1970 à 180 kWh/m² en 2004.

En second lieu, selon l'AIE, les associations public-privées donnent de meilleurs résultats par rapport aux cinq critères d'évaluation. Elles augmentent l'impact des politiques et permettent des changements plus durables. L'AIE cite en exemple le cas de la France et de ces outils d'épargne « verts » et notamment les prêts préférentiels accordés aux clients mettant en place des projets de rénovation et d'économie d'énergie dans leur résidence.

Troisièmement, la création d'un marché pour l'efficacité énergétique est nécessaire pour augmenter la durabilité des actions dans le secteur. Ce marché est actuellement faible et perçu comme trop risqué, estime l'AIE. L'agence souligne que l'Union européenne s'est engagée à déclencher une telle transformation du marché notamment à travers des règlements, des accords volontaires avec les fabricants, des normes d'efficacité énergétique sur les équipements et les appareils mais également en libéralisant l'approvisionnement en énergie.

Mais cette transformation du marché exigera la participation accrue du secteur privé. La quatrième leçon tirée par l'AIE des études de cas est alors la nécessité pour les gouvernements de créer des conditions plus favorables et rassurantes notamment par la mise en place d'instruments de partage du risque et l'application systématique d'un cadre de mesure et de vérification.

Pour finir, l'AIE explique que le contexte national joue un rôle déterminant dans le succès ou l'échec des politiques. Les spécificités du secteur résidentiel (propriétaires ou locataires), le profil énergétique ou la structure politique d'un pays, sont les facteurs principaux à considérer en concevant les politiques.

Ainsi, l'AIE encourage les décideurs à prendre en compte ces cinq recommandations pour l'élaboration des politiques énergétiques. L'agence appelle également les pays à collecter un maximum de données sur les programmes mis en œuvre. De telles données sont actuellement rares et rendent l'analyse et les comparaisons des politiques entre les pays plus difficiles, expliquent l'AIE.

Réactions5 réactions à cet article

 
Efficacité énergétique bâtiments...au plus vite !

Revoir les objectifs et les échéances ! Un Must !
A titre d'exemple, j'ai pû voir/lire/entendre au Salon EcoBAT des choses qui m'interpellent car pas traitées à leur juste URGENCE et PRIORITE !
--> Bâtiments neufs basse consommation à partir de 2015 ! ....pourquoi pas dès 2010 ?, voire ASAP! on parle de neuf, le savoir-faire existe (chez nous ou chez nos voisins!), il n'y a qu'à le faire appliquer, mais ASAP !
--> Bâtiments neuf ''passifs'' à partir de 2020 !....pourquoi pas 2015 ? voire ASAP, on parle de neuf, le savoir-faire existe (chez nous ou chez nos voisins!), il n'y a qu'à le faire appliquer, mais ASAP !, nos amis allemands, autrichiens et suisses le font déjà !
--> Bâtiments neuf ''positifs'' après !....pourquoi pas 2015 ? voire ASAP, on parle de neuf, le savoir-faire existe (chez nous ou chez nos voisins!), il n'y a qu'à le faire appliquer, mais ASAP !, nos amis allemands, autrichiens, suisses, californiens et japonais le font déjà !
La maison ZEN (Zéro Energie Négative ==> donc Energie nulle ou positive !) existe à Montagnole (73) ! je l'ai vue. D'autres déclinaisons ''Positives'' existent ailleurs en France et ailleurs. Il faudra, certes, trouver des variantes de matériaux un peu moins luxe ou un peu moins perf. pour cibler des budget moindres, mais ça EXISTE !

Il faut donc impérativement et rapidement pour le DD et les EnR revoir nos targets, échéanciers (dont ci-dessus) et plans d'actions en conséquence en France.
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 27 mars 2008 à 09h28
 
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Re:Efficacité énergétique bâtiments...au plus vite

Vous avez tout à fait raison, "y'a qu'à", "faut qu'on". Un petit point cependant s'impose pour apporter un éclairage plus nuancé.

- 2012, bâtiments basse consommation (environ 50kwh/m².an à voir en fonction de la zone climatique) réglementaires
- 2020, bâtiments à énergie positive, et pas passifs (produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment) réglementaires.

La technologie existe, c'est sûr, mais ni à porté de toutes les bourses, ni à porté de toutes les entreprises. Pour information, à architecture égale, les constructions allemandes, de meilleure qualité, sont 20% plus chères... Concernant la réglementation, on assiste à un changement radical dans les modes de construction (isolation par l'intérieur remplacée ou complétée par une isolation par l'extérieur, place importante de la ventilation, diminution des puissances de chauffage de part l'étanchéité des bâtiments) et ce changement demande du temps car le but n'est pas d'aller vers une opération exemplaire comme on en a vu en Savoie mais d'aller vers l'évolution de l'offre de base. C'est-à-dire qu'il faut que l'ensemble des acteurs de la construction évolue rapidement pour rattraper le niveau des acteurs exemplaires.

Et 4 ans pour le faire, c'est pas énorme. De plus faire appliquer une réglementation, c'est augmenter nos impôts (plus de fonctionnaires pour le contrôle, plus de faillite d'entreprises donc plus de chômage, plus de suicides, etc.) alors méfions nous des phrases toutes faites et des discours des commerciaux qui arpentent les salons : le problème de l'efficacité énergétique dans le Bâtiment en construction neuve est bien plus complexe qu'il n'y parraît et touche aussi bien l'attractivité de la filière (pourquoi seuls des cas sociaux sont orientés dans le Bâtiment ?), les coûts des matières premières, les lobbys des industriels (l'assistanat étatique fait gonfler les marges des industriels), la formation (évolution lente des référentiels, poids des cultures), le tissu entreprenarial (beaucoup de TPE ou d'artisans pas assez structurés pour disposer d'un point de vue prospectif), perte de la capacité de calcul des architectes et développement des bureaux d'étude thermiques (qui sont autant d'acteurs et d'interfaces à gérer et à contrôler), et j'en passe...

Ensuite, tout le monde sait que l'enjeux de l'économie d'énergie dans le Bâtiment se situe dans la rénovation énergétique des bâtiments et non dans la construction neuve (1% de renouvellement du parc par an, ça fait pas beaucoup de constructions neuves)... Et là, la réglementation thermique sur l'existant est sortie et vise à atteindre 50kwh/m².an (de mémoire) dans les opérations de réno ce qui correspond au label BBC.

Alors si vous pensez que ça avance pas assez vite, devenez artisan en Bâtiment et essayez donc de suivre les réglementations en tenant vos délais, en payant vos fournisseurs et en satisfaisant vos clients. Nous en reparlerons à ce moment. D'ici là, essayez de mettre de côté 20 à 30k€ pour la rénovation de votre logement, ce sera plus utile que de faire part de votre ressenti vis-à-vis d'EcoBAT.

Brice | 27 mars 2008 à 10h37
 
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Re:Re:Efficacité énergétique bâtiments...au plus v

voilà un point de vue à méditer.
Pour ma part, je ne peux parler que de la formation initiale dans les métiers du bâtiment.
Depuis très longtemps, les lycées techniques du bâtiment et de l'énergie sont relégués à la périphérie des villes pour privilégier le lycée technique de centre ville. De plus, la formation d'ingénieur de tout niveau a été privilégiée. Le bilan au niveau de la formation dans le bâtiment est franchement catastrophique. Beaucoup d'argent est pourtant investi par les régions dans les locaux et les équipements de certains lycées. Il est donc possible de former efficacement des personnes à tout niveau, même avec les référentiels actuels. La question que l'on peut se poser serait sans doute: pourquoi nos enfants veulent devenir avocat ou magasinier, mais pas technicien dans le bâtiment?
Faut-il attendre que le prix du baril de pétrole atteigne les 160 $ pour que des personnes sérieuses viennent vers ces métiers?
Les institutions en place donnent-elles une image qui attire une population ayant quelques ambitions et ouverture d'esprit?
La réglementation a-t-elle un poids quand il n'y a pas d'obligation de résultat?
La lenteur de nos institutions pour règler le problème de l'amiante intervient peut-être dans l'image du métier, sans oublier les statistiques des accidents de travail.
La politique du crédit d'impôt est-elle en cohérence avec les objectifs d'économie d'énergie et de santé pour les individus: chaudière basse température, ascenseur (on ne parle plus des saunas!).
Pourquoi n'applique-t-on pas la politique volontariste du gouvernement espagnol vis à vis de l'énergie solaire dans les permis de construire? Mais là, une pente de toit exposé au sud n'est même pas exigée en France pour une construction neuve.

Yakakontésursoi | 27 mars 2008 à 22h41
 
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discrimination économique

Les aides de l'ADEME, que ce soit pour des poêles à bois ou des panneaux solaires, ne concernent que les résidences principales et ce n'est généralement mentionné nulle part, ou a lors en tout petit... En tant qu'architecte, j'ai utilisé du solaire dans des résidences secondaires pour des maîtres d'ouvrage se sentant particulièrement concerné par une démarche citoyenne quant à l'édification d'une maison propre, la plus autonome possible en terme de consommation énergétique.
En revanche, beaucoup de clients ne sont pas prêts à investir 2 à 3 fois le coût de chauffage pour passer à la PAC ou au solaire...
A plusieurs occasions, j'ai tenté de discuter sur des salons avec les représentants de l'ADEME qui restent obtus sur leur position qui se résume à , je cite : "ceux qui peuvent se payer une résidence secondaire n'ont pas besoin d'aide"...
Je prends l'exemple d'un maître d'ouvrage qui est locataire de sa résidence principale, constituée d'un appartement en ville dans un immeuble où aucun projet de ce type n'est envisageable. Il ne fera donc jamais de solaire chez lui mais pourrait en faire à la campagne. Le marché des résidences secondaires se porte plus que bien et représente une consommation énergétique non négligeable. Que dire des retraités qui passent près de la moitié de l'année en dehors de chez eux, ils dépensent du chauffage et de l'eau chaude ailleurs!
N'est-il pas absurde de considérer que les résidences secondaires ne comptent pas dans la consommation énergétique globale?

Michel Freudiger | 31 mars 2008 à 16h49
 
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Re:discrimination économique

Je voudrais abonder dans le sens de Michel Freudiger en citant aussi l'exemple de ces familles qui, pour des raisons professionnelles, vivent en deux endroits, parfois très éloignés.
Quand, suite à certains aléas de parcours professionnel, l'un des membres de la famille n'a d'autre ressource, pour rebondir (ne parle t'on pas de mobilité?) que de s'éloigner de la résidence dite principale, parfois de plusieurs centaines de kilomètres.

Il n'est pas rare que ces situations s'inscrivent sur des durées très longues et que, après les premières années à voyager week end après week end pour se regrouper, la famille en arrive à acquérir une seconde résidence qui permette à l'expatrié de se poser un peu. S'agit-il alors d'une résidence secondaire pour celui-ci? Certainement pas puisqu'il y passe le plus clair de son temps et surtout ses fins de semaine qu'il met à profit pour requinquer un habitat dans lequel il accueillera avec bonheur et de temps en temps sa famille qui fera, dans l'autre sens, les trajets qu'il faisait régulièrement auparavant.

La notion de résidence principale est, de ce point de vue, anachronique et antinomique avec le modèle économique qui a cours et que les pouvoirs publics ne renient pas.

Exclure de ces aides ceux qui acceptent de jouer le jeu de la disponibilité professionnelle est assez inique, car cela correspond de fait à de la double peine.

Peut-on espérer que notre administration mette en cohérence ses règles et certaines réalités économiques ?

aloyse | 01 avril 2008 à 11h54
 
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