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Air intérieur : les bâtiments performants en énergie respireraient mal

L'Observatoire de la qualité de l'air intérieur a présenté ses premiers résultats de mesures des polluants des bâtiments performants en énergie. Il constate une présence de moisissures et des concentrations élevées de trois substances chimiques.

Bâtiment  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°369 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°369
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L'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (Oqai) a présenté le 23 mars les premiers résultats de son étude, lancée en 2012, visant à analyser les substances polluantes et les niveaux de confort des bâtiments d'habitation performants en énergie, neufs ou nouvellement rénovés. L'Oqai précise que ces résultats ne sont pas, à ce stade, généralisables à l'ensemble des bâtiments performants, "ils permettent en revanche d'apporter des premiers indicateurs utiles".

Logements neufs et rénovés

Soixante-douze logements ont été étudiés, répartis dans 43 bâtiments. Quarante-quatre logements (16 maisons individuelles et 28 logements collectifs) ont été construits entre 2008 et 2012 et 28 (dont une maison individuelle) ont été rénovés entre 2010 et 2013. La consommation moyenne énergétique conventionnelle totale des logements est proche de 55 kilowattheures (kWh) par m2 et par an d'énergie primaire, indique l'étude. La perméabilité à l'air moyenne (étanchéité de l'enveloppe du bâtiment) est égale à 0,54 mètre cube par heure par m² (m3/h/m2) pour les maisons individuelles et 0,86 pour les logements collectifs. Ces seuils sont inférieurs aux valeurs réglementaires de la RT 2005 et de la RT 2012. Les logements "présentent la particularité d'être quasiment tous ventilés grâce à un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC), simple ou double flux", souligne l'Oqai.

Développement des moisissures malgré la ventilation

Les résultats des mesures des polluants ont été comparés avec ceux de la campagne nationale des logements (CNL) réalisée entre 2003 et 2005 par l'Oqai, ainsi que l'étude pilote de la CNL en 2001. L'humidité relative est "équivalente, voire inférieure", observe l'étude. Par contre, les moisissures connaissent un développement plus rapide (47% des logements étudiés contre 37% pour la CNL). Cette présence de moisissures "est plus souvent cachée" (1% des logements présentent des traces de moisissures visibles par rapport à 15% dans la CNL).

"Les informations collectées mettent en évidence une nécessaire vigilance quant au fonctionnement des systèmes de ventilation. La réduction des infiltrations d'air parasites, dans ces bâtiments, conduit en effet à un renouvellement d'air très limité en cas d'arrêt du système", alerte l'Oqai.

Le bois, source de polluants ?

Or, l'augmentation du renouvellement de l'air du logement permettrait de diminuer les concentrations de trois substances polluantes qui sont supérieures à celles mesurées lors de la CNL. Il s'agit de l'hexaldéhyde (30 microgrammes par mètre cube en moyenne (µg/m3) contre 21 µg/m3), du limonène (20 µg/m3 contre 8,9 µg/m3) et de l'a-pinène (23 µg/m3 contre 5,9 ug/m3). L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) n'a pas élaboré de valeurs guides de qualité d'air intérieur (VGAI) pour ces trois polluants. Une VGAI vise à définir et proposer un cadre de référence destiné à protéger la population des effets sanitaires liés à une exposition à la pollution de l'air par inhalation. L'Anses a, à ce jour, proposé des VGAI pour 9 substances.

Les trois sources majeures d'a-pinène "sont l'ossature bois, la présence de mobilier en bois dans la pièce de mesure et, pour les logements situés au dernier étage, l'isolant végétal à base de bois placé au niveau des combles", explique l'Oqai. L'augmentation des concentrations en limonène est aussi liée à l'introduction de mobilier neuf durant la semaine de mesure et le stockage des produits d'entretien à l'intérieur du logement. L'ossature bois et la présence de revêtements de sol à base de bois sont également sources d'hexaldéhyde. A noter : la quasi-totalité des maisons individuelles étudiées (94%) présente des façades légères notamment à ossature bois.

En revanche, les concentrations sont "équivalentes voire inférieures" à celles de la CNL pour la plupart des substances mesurées (radon, particules fines PM 2,5, formaldéhyde, acétaldéhyde et huit composés organiques volatils (COV)).

Selon l'enquête, plus de 80% des occupants se disent satisfaits du confort global de leur logement, ainsi que du confort thermique, olfactif, visuel, sonore et de la qualité de l'air intérieur. Environ 10% des répondants sont insatisfaits de la qualité de l'air de leur logement et jugent l'air mal renouvelé.

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