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La création du réseau des aires marines protégées de Méditerranée accuse du retard

Alors que depuis le 15 janvier, a débuté la Conférence des Parties de la Convention de Barcelone pour la protection du milieu marin et du littoral de Méditerranée, les objectifs fixés en termes d'aires protégées semblent bien loin d'êtres atteints.

Biodiversité  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
Depuis le 15 janvier et ce jusqu'au 18 janvier, la France participe à la conférence des parties à la convention de Barcelone pour la protection du milieu marin et du littoral de Méditerranée, qui se déroule à Almeria, en Espagne.
Rappelons que la convention pour la protection de la Méditerranée contre la pollution, fut signée en 1976 à Barcelone, sous l'égide du Programme Environnement des Nations Unies. Son objectif est d'assurer une protection particulière aux espèces et aux habitats menacés dont l'importance est jugée vitale pour la conservation de la Méditerranée. Un protocole relatif aux Aires Spécialement protégées de Méditerranée fut adopté en 1982 par les parties contractantes. Celles-ci doivent prendre toutes les mesures appropriées en vue de protéger les zones marines importantes pour la sauvegarde des ressources naturelles et des sites naturels de la Méditerranée. Elles doivent également établir des zones protégées et s'efforcer d'entreprendre les actions nécessaires afin de protéger ces zones, et si nécessaire, les restaurer aussi rapidement que possible.

A l'occasion de la conférence qui se tient en ce moment-même avec l'ensemble des 21 Etats riverains de la Méditerranée et la Commission européenne, la France devrait notamment soutenir, selon le ministère des affaires étrangères, la lutte pour la réduction de la pollution liée aux activités terrestres (80% de la pollution de la Méditerranée), la préservation de la biodiversité par l'établissement d'aires marines protégées (AMP) et la protection du littoral méditerranéen dans une logique de développement durable. Elle devrait ensuite signer à Madrid le 21 janvier, le nouveau protocole de la convention de Barcelone sur la gestion intégrée des zones côtières.

Mais actuellement, la superficie protégée par les aires marines protégées de Méditerranée est inférieure à 0,5% de la superficie totale du bassin et à 4% si l'on inclut le sanctuaire Pelagos alors que les objectifs fixés par la Convention sur la biodiversité (CBD) d'ici 2012 sont de 10%.
C'est pourquoi, le réseau des Gestionnaires d'Aires Marines Protégées de Méditerranée – MedPAN, le WWF, le Parc National de Port-Cros, l'UICN, le Centre d'Activités Régional pour les Aires Spécialement Protégées et 110 experts réunis lors de la 1ère Conférence du Réseau des Aires Marines Protégées de Méditerranée en octobre dernier au Parc National de Port-Cros ont lancé un appel aux ministres de la Convention. Dans une déclaration, ils appellent à accélérer la création du réseau des aires marines protégées de Méditerranée d'ici 2012. En effet, les régions côtières des pays non-européens ainsi que les écosystèmes profonds et pélagiques du bassin méditerranéen, à l'exception du Sanctuaire Pelagos, sont globalement sous-représentées dans le réseau actuel des aires marines protégées. En outre, même si les habitats côtiers des 7 pays de l'UE concernés (Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Malte, Slovénie) sont les mieux protégés actuellement, leur superficie protégée n'atteint pas les objectifs de la CBD.

En France, la coordination en matière d'AMP est assurée par l'Agence des aires marines protégées créée en 2006 par la loi n° 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux, agence présidée par Jérôme Bignon, Député français et spécialiste du littoral. Relèvent ainsi de cette agence, les parcs nationaux, les réserves naturelles et les arrêtés préfectoraux de biotopes qui ont une partie maritime, les parcs naturels marins, les sites Natura 2000 ayant une partie maritime et les parties maritimes du domaine relevant du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres.

La création d'aires marines protégées est un outil pour fournir une protection durable et permettre la restauration et un usage avisé du patrimoine marin en Méditerranée. Elles ne doivent pas être considérées comme des morceaux de nature sous cloche, mais comme des outils au service d'une gestion durable des océans et des espaces littoraux, estime Catherine Piante, coordinatrice du réseau MedPAN au WWF-France. Si elles protègent les milieux sensibles et les espèces menacées, elles permettent aussi d'accroître la productivité des lieux de pêche, de réguler les différents usages de la mer, d'encadrer un tourisme durable et de créer de nouvelles activités qui générèrent de l'emploi, prévient-t-elle. De ce fait, elles recommandent aux parties de la convention d'accélérer la mise en œuvre d'un réseau écologique complet d'aires marines protégées à l'échelle du bassin méditerranéen.

Réactions2 réactions à cet article

 
Le Parc National de Zembra en péril

Le cas très inquiétant du Parc National de l'île de Zembra, en Tunisie, illustre tout à fait votre article.
Classé Parc National et Réserve de Biosphère par l'Unesco depuis 1977, il est pourtant menacé par un projet immobilier d'investisseur chinois accepté par le Président tunisien.
Ce projet va à l'encontre de tous les engagements internationaux pris par la Tunisie en matière de protection de la biodiversité et va être réalisé dans la plus grande indifférence, nottamment des instances internationales.
Il est tant d'agir!!

La presse et la télévision tunisiennes ont rendu compte, le 23 novembre dernier, de la présentation au Président de la République de Tunisie d’un très important projet touristique porté par des investisseurs Chinois, sur l’ile de Zembra, au Nord de la Tunisie.

Les maquettes présentées, montrent l’envergure du projet « écotouristique » (golf, marina, buildings, routes…) dans un site de 389 ha, qui est le plus ancien parc national de Tunisie. L’archipel de Zembra bénéficie par ailleurs du plus haut niveau de protection réglementaire (1973 : Réserve marine de pêche ; 1977- Parc National) et de la reconnaissance internationale (1977 : Réserve de biosphère UNESCO; 2001 : Aire Spécialement Protégée d’Importance Méditerranéenne du PAM/PNUE ; ZICO) et a fait l’objet de nombreux projets et études de préservation financés par la coopération internationale.

Au plan de la biodiversité, Zembra est un élément majeur en Méditerranée. Ainsi, ce petit espace insulaire abrite près de 50% de la population méditerranéenne de Puffins cendrés et de nombreuses espèces rares et menacées (en annexe II du protocole ASP de la Convention de Barcelone). Ce « Hot Spot » de la biodiversité constitue jusqu’à lors un sanctuaire d’intérêt mondial. Il en est de même du point de vue archéologique et culturel.

Un investissement immobilier d’une telle ampleur dans un site aussi réduit amènerait irrémédiablement à la mise en péril de ce patrimoine commun. Le permettre, serait totalement contraire aux statuts garantissant sa protection ainsi qu’aux engagements internationaux pris par la Tunisie.

Zembra | 17 janvier 2008 à 10h28
 
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Zembra, au secours !

Des rumeurs de plus en plus concordantes font craindre le retour de projets d'urbanisation touristique sur l'île de Zembra (Parc national, ASPIM...)

Zembretta | 29 décembre 2009 à 12h50
 
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