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La pollution de l'air des cours des écoles parisiennes est inférieure à celle des rues adjacentes

Une étude d'Airparif montre que la pollution au dioxyde d'azote dans les cours d'écoles est comparable à la pollution de fond, plutôt qu'au niveau enregistré dans les rues adjacentes. Conséquence : la valeur recommandée par l'OMS serait respectée.

Risques  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Une étude réalisée par Airparif, pour la Ville de Paris et avec le soutien de la Fondation Bloomberg, tend à démontrer que les niveaux de pollution au dioxyde d'azote (NO2) enregistrés dans les rues de Paris « ne sont pas représentatifs de l'exposition des enfants dans les établissements scolaires ». « En effet, les niveaux de pollution décroissent très rapidement en s'éloignant des axes routiers, en particulier dans les dix premiers mètres », explique l'étude, ajoutant que « cette diminution est fortement accentuée (…) grâce à la présence de murs d'enceinte autour des écoles ».

Les mesures mettent en avant une réduction d'un tiers du niveau de pollution au NO2 dans les cours, par rapport à celui enregistré dans les rues adjacentes. Ainsi, alors que la valeur limite n'est pas toujours respectée dans les rues parisiennes, elle le serait dans les cours d'école, estime Airparif qui compare la pollution des cours à la pollution de fond, plutôt qu'à la pollution à proximité du trafic.

À noter, cependant, « qu'une partie des mesures ont eu lieu en 2020, année marquée par la pandémie de la Covid-19 et qui a eu pour conséquence de réduire (…) les émissions de polluants, pendant le confinement et après ». Airparif estime donc que « les estimations annuelles peuvent (….) avoir été légèrement sous-estimées ». L'association agréée pour la surveillance de la qualité de l'air rappelle notamment qu'elle a enregistré une réduction de 20 % à 35 % de la pollution au NO2 lors du confinement, pouvant atteindre jusqu'à 50 % le long du trafic.

Réponse à l'évaluation de l'association Respire

Mars 2019 : l'association Respire publiait une étude sur la pollution de l'air dans les écoles franciliennes. Selon cette estimation, 682 des 12 520 crèches et établissements scolaires d'Île-de-France affichaient un niveau de pollution dépassant les seuils règlementaires. Selon Respire, cette pollution concernait essentiellement le NO2 et les établissements parisiens. Pour établir ce diagnostic, l'association est partie du principe que la pollution dans les bâtiments et les cours est comparable à celle mesurée par Airparif dans les rues limitrophes. L'association a donc recoupé les adresses des établissements franciliens et la carte de la pollution au NO2.

En réponse, la Ville de Paris avait annoncé le lancement d'une campagne de mesures dans des crèches, des écoles et des collèges parisiens à partir de la rentrée 2019. Cette étude devait comparer les cartes horaires de pollution d'Airparif aux mesures réalisées dans 44 cours d'école, dans une rue adjacente de chaque établissement et sur les axes importants à proximité. Les résultats qui viennent d'être publiés tendent à invalider l'approche retenue par Respire.

Globalement, « les niveaux de pollution au NO2 [diminuent] significativement entre les rues et les cours des établissements, principalement de par l'éloignement ainsi que l'effet protecteur des murs séparant la cour du trafic routier ». En moyenne, la concentration de NO2 observée dans les établissements est 36 % plus basse que celle des rues adjacentes (avec des diminutions comprises entre 0 et 58 %, selon la topographie). Les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir une concentration moyenne annuelle de 40 microgrammes par m3 d'air (µg/m3), sont ainsi respectées, explique Airparif.

Les mesures dans les cours comparables aux valeurs de fond

Concrètement, Airparif a réalisé, sur un an, 11 séries de mesures portant sur une semaine chacune. L'association agréée a ainsi mesuré des concentrations de NO2 allant de 21 à 51 µg/m3 dans les rues adjacentes. Quatre sites dépassent 40 μg/m3 en moyenne : la rue adjacente à la maternelle Mont Cenis dans le 18ième arrondissement (42 μg/m3), celle adjacente à la maternelle Gambetta dans le 20ième arrondissement (45 μg/m3), celle adjacente à l'école élémentaire Lafayette dans le 10ième arrondissement (48 μg/m3) et une des deux rues adjacentes à l'école élémentaire rue du Renard dans le 4ième arrondissement (51 μg/m3). La particularité de ces rues ? Elles « présentent toutes un trafic important ».

 
Une pollution aux particules moins marquée La différence entre la pollution aux particules dans les rues et les cours d'école est moins marquée que pour NO2. « Les concentrations pour ce polluant sont spatialement plus homogènes », explique Airparif, rappelant que « ce polluant est émis par de nombreuses sources et pas principalement par le trafic routier ».
Toutefois, toutes les cours d'écoles sélectionnées présentent des concentrations comparables aux sites de référence du réseau de surveillance, et inférieures à celles des sites de proximité au trafic. « Leurs concentrations sur l'année respectent largement la valeur limite et la valeur cible annuelle respectivement fixées à 25 et 20 μg/m3 ».
 
Quant aux mesures enregistrées dans les cours d'écoles, elles affichent des concentrations moyennes comprises entre 18 et 36 μg/m3. Globalement, les valeurs enregistrées sont proches de celles mesurées par les stations de fond d'Airparif qui mesurent la pollution en des points éloignés du trafic routier (ces stations ont enregistré des moyennes comprises entre 17 et 25 μg/m3 sur la période). Deux cas se distinguent toutefois : la crèche située Boulevard de Pereire dans le 17ième arrondissement et celle située rue des Pyrénées dans le 20ième arrondissement qui affichent des concentrations respectives de 33 et 36 μg/m3. Ces deux sites ont la particularité de ne pas avoir de murs d'enceinte (ou des murs incomplets).

En considérant que les mesures effectuées dans les rues adjacentes sont représentatives de la pollution annuelle moyenne, alors Airparif juge que « les concentrations estimées en NO2 dans les 40 cours d'écoles sont conformes aux moyennes relevées sur le réseau permanent d'Airparif et respectent presque toutes la valeur limite annuelle ». L'exception concerne la crèche rue des Pyrénées pour laquelle il n'est pas possible d'affirmer avec certitude qu'elle respecte la valeur limite sur l'année. « Ce dépassement est estimé comme peu probable avec une concentration moyenne annuelle évaluée à 37 μg/m3 [et une valeur mesurée à 36 μg/m3] », précise Airparif.

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