En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Airparif synthétise l'exposition des Franciliens à la pollution atmosphérique

Chez soi, en voiture, dans le métro, dans la rue...Airparif a mené des études depuis 2007 pour évaluer la pollution à laquelle chaque Francilien est exposé au cours de ses activités quotidiennes en particulier l'impact du trafic routier. Détails.

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
Airparif synthétise l'exposition des Franciliens à la pollution atmosphérique
   

Trois polluants de l'air extérieur ayant un impact sur la santé ont été mesurés depuis 2007 par l'organisme Airparif chargé de contrôler l'air en région parisienne afin d'évaluer l'exposition individuelle quotidienne des habitants. Il s'agit dudioxyde d'azote, particules fines PM10 (inférieures à 10 µm) et PM2,5 (inférieures à 2,5 µm) et benzène (composé organique volatil nocif) principalement émis par le trafic routier (mais aussi du chauffage des bâtiments et de l'industrie), ainsi que le formaldéhyde, polluant majeur de l'air intérieur provenant des colles, des peintures, des moquettes… Ces campagnes de mesure ont été notamment réalisées en fonction des modes de transport de Franciliens qu'ils soient piétons, cyclistes, automobilistes, usagers des transports en commun (RER, métro…) et sédentaires.

''2 fois plus de pollution dans la voiture que sur le trottoir''

   
Classement indicatif d'Airparif du plus exposé au moins exposé © Airparif
 
   

Résultats : des niveaux de dioxyde d'azote ont notamment été observés ''jusqu'à 2 fois plus élevés dans un véhicule que sur un trottoir'', dans une première étude dès 2007. Dans l'habitacle, ''l'intensité des bouffées de pollution liée à la circulation environnante est plus atténuée qu'à l'extérieur mais elles persistent plus longtemps à cause du délai de renouvellement de l'air'', explique Airparif dans sa revue d'Actualité datée de novembre. Les enfants sont donc ''plus exposés à la pollution dans leur siège auto que dans leur poussette''. Les passagers d'une automobile sont soumis à des niveaux de benzène plus soutenus : 3,2 µg/m3 (microgrammes par mètre cube) en moyenne contre 2,5µg/m3 pour les autres.

Une seconde étude, lancée en 2008 en partenariat avec l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), avait également souligné l'impact "important" du véhicule suivi, de l'état du trafic, des environnements traversés (les tunnels piégeant la pollution liée au confinement), et du type d'axe emprunté (petite rue en banlieue, autoroute, grand boulevard parisien…) sur la qualité de l'air que les habitants respirent pendant leurs trajets quotidiennement. Deux polluants (dioxyde d'azote et particules) ont ainsi été mesurés sur près de 300 trajets représentatifs des trajets domicile travail régionaux pendant les heures de pointe.

Pour le dioxyde d'azote, les teneurs moyennes les plus importantes ont été relevées sur les trajets petite couronne-Paris et grande couronne-Paris respectivement 170 µg/m3 (microgrammes par mètre cube) et 167 µg/m3, ce qui s'explique par la densité du trafic des grands axes empruntés en direction de Paris le matin et en direction de la banlieue parisienne le soir. A l'inverse, les niveaux moyens les plus faibles ont été relevés sur les trajets effectués uniquement en grande couronne (103 µg/m3). Ces concentrations sont en moyenne inférieures à la valeur guide fixée par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) pour le dioxyde d'azote : 200 µg/m3 sur une heure. Néanmoins, ce seuil a été dépassé pour 3% des trajets, avait indiqué l'étude.

Lors d'un trajet, les niveaux des polluants ont aussi été multipliés par quatre en quelques secondes derrière un poids lourd. Une autre portion derrière un véhicule équipé de filtre à particules (FAP) a entraîné une diminution par quatre des particules dans l'habitacle, mais également un doublement des concentrations de dioxyde d'azote dans les gaz d'échappement rejetés lors du cycle de régénération du filtre.

La qualité de l'air est aussi ''dégradée'' dans les parking souterrains, selon des mesures menées en 2008. Les niveaux d'exposition au dioxyde d'azote et au benzène relevés tout au long de la journée sur de professionnels (un réparateur et une secrétaire) étaient nettement supérieurs à ceux mesurés sur une station de mesure d'Airparif en bordure de trottoir (place Victor Basch, Paris 14e) : +23% pour la secrétaire, +63% pour le réparateur en ce qui concerne le dioxyde d'azote. Pour le benzène, les niveaux respirés par les deux salariés étaient trois fois supérieurs à ceux de cette même station de mesure...

 
RER et métros : des niveaux de particules plus élevés qu'à l'extérieur Dans les enceintes du métro ou du RER, la qualité de l'air est quant à elle ''mitigée'', selon deux études menées en partenariat avec la RATP fin 2008 (station Faidherbe Chaligny, ligne 8) et fin 2009 (station RER d'Auber). Les particules fines PM10 et PM2,5 peuvent atteindre des niveaux beaucoup plus élevés qu'à l'extérieur dus au système de freinage des trains (sources de particules) et à la circulation des rames entraînant ''une remise en suspension des particules déposées au sol''.

Airparif a ainsi relevé à Faidherbe une moyenne de 60 µg/m3 à l'intérieur de la station pour les PM10, contre à peine 25 µg/m3 à l'extérieur le long de la rue Faidherbe; soit 2,5 fois plus. A Auber, la moyenne de PM10 sur les quais pendant la campagne de mesure était près de 330 µg/m3 alors que les niveaux le long de la rue Auber dépassaient seulement 20 µg/m3. Soit 16,5 fois plus ! Les tendances étaient les mêmes pour les PM2,5…
 

Qualité de l'air moins dégradée à vélo qu'en voiture

Les études menées par Airparif sur la qualité de l'air en vélo en 2008 et 2009 ont en revanche démontré que les cyclistes étaient soumis à des niveaux d'exposition globalement plus faibles aux oxydes d'azote et les particules PM10 que les automobilistes dans l'habitacle. En effet, en fonction des aménagements empruntés (piste cyclable, voie de bus, marquage au sol), le cycliste peut s'éloigner en effet plus ou moins du flux de circulation. Une piste cyclable distante de quelques mètres de l'axe réduit  notamment l'exposition à la pollution automobile ''jusqu'à un facteur deux''. L'exposition des cyclistes sur piste cyclable située le long des quais est ainsi en moyenne réduite de 30 à 45% par rapport à un cycliste resté dans le flux de circulation. Par ailleurs, ''l'exposition sur les couloirs de bus est de 30% moins élevée que dans la circulation''.

Dioxyde d'azote : transfert du trafic routier à l'intérieur des bâtiments

Une étude menée notamment en 2007 avec le LHVP (Laboratoire d'hygiène de la ville de Paris) a également démontré de fortes variations de l'exposition aux polluants (dioxyde d'azote) selon l'endroit où l'on habite et l'influence de la distance à l'axe routier concernant le transfert du polluant de l'extérieur à l'intérieur. Le trafic routier et les polluants qu'il émet jouant un rôle majeur dans ces contrastes d'exposition. L'impact de la pollution due au trafic est ainsi sensible jusqu'à 200 mètres du Périphérique en fonction des polluants. La distance à la source induite par les étages permet toutefois d'atténuer les niveaux du polluant. Une analyse confirmée dans une autre étude lancée en 2008 qui a étudié l'impact de composés organiques volatils (benzène, toluène) émis par les stations services. En façade, les niveaux des polluants pouvaient être divisés jusqu'à un facteur 2 entre le 1er et le 3e étage des deux immeubles situés au-dessus des stations service.

Les études relatives à la qualité de l'air intérieur d'Airparif soulignent par ailleurs que les sédentaires Franciliens sont exposés à des niveaux plus importants de formaldéhyde. Une étude lancée en 2009 avec le ministère de l'Environnement a notamment confirmé que la valeur guide maximale pour le formaldéhyde (30µg/m3 sur une année) était respectée dans les écoles et crèches franciliennes. A l'intérieur des écoles, le niveau de benzène est en revanche plus élevé que les autres régions ''compte tenu des teneurs plus importantes à l'extérieur (densité du trafic routier)''.

Réactions4 réactions à cet article

 

nous sommes les prémiers artisans de nos maux prenons rapidement consciense en incorporant les valeurs QSE.

bisou mbangué | 16 novembre 2011 à 18h48
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Quand est-ce que l'on interdit le diésel dans ce pays ?

scal | 17 novembre 2011 à 09h23
 
Signaler un contenu inapproprié
 

3 actions immédiates nécessaires:
1) augmenter considérablement les taxes sur les diesel, afin que le pollueur paie.
2) renforcer les controles des émissions des véhicules, camions, taxi, bus
3) augmenter la ventilation du métro et l'aspiration des particules. A quand l'installation d'un système de freinage récupérateur d'énergie sur tous les trains, RER, Bus et métro, afin de diminuer le gaspillage d'Energie et afin de diminuer les émissions de poussières.

arthur duchemin | 30 novembre 2011 à 11h48
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Les compagnies pétrolières sont richissimes pourquoi leur laisser de tels délais pour se mettre en conformité ??? On préfère construire des hôpitaux pour soigner les enfants atteints de leucémie ?

Marie | 19 juillet 2014 à 17h13
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Rachida Boughriet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…