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Algues vertes : le préfet des Côtes d'Armor prône un changement ''profond'' des pratiques agricoles

Eau  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Le préfet des Côtes d'Armor, Jean Louis Fargeas a envoyé le 4 septembre une note au Premier ministre François Fillon qui fait un état des lieux du ''phénomène'' des marées vertes, après la mort d'un cheval fin juillet sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).

Dans cette note, divulguée le 20 octobre par les quotidiens ''Ouest France'' et ''Télégramme'', le préfet évoque la nécessité d'un ''changement profond des pratiques agricoles'' pour aboutir à ''une diminution visible et notable'' des algues vertes. Il demande également au gouvernement ''d'afficher une politique volontariste pérenne'' visant ''à la stabilisation, voire à la limitation raisonnée'' des algues vertes, phénomène qui, selon lui, ''ne peut que perdurer'' faute de ''révolution'' des pratiques agricoles et d'un ''changement complet du modèle économique existant'' dans les bassins versants concernés. Or, souligne-t-il, ''cette évolution n'est pas envisageable'', la profession agricole n'étant ''pas prête à (l') accepter pour le moment''.

Rappelons que le développement des algues vertes est accentué par la présence d'éléments azotés (nitrates) dans les eaux due aux activités agricoles de la région Bretagne. Le surplus d'éléments apportés aux cultures via les épandages d'effluents agricoles est lessivé et se retrouve dans les cours d'eau. Outre des nuisances olfactives et des coûts de ramassage pour la collectivité, ces algues, échouées sur les plages où elles se décomposent, sont à l'origine d'émanations de gaz et notamment d'hydrogène sulfuré (H2S), un gaz toxique et mortel à forte dose.

Les associations et les agriculteurs réagissent

Au lendemain de la révélation de la note du préfet des Côtes d'Armor estimant que le phénomène ''ne peut que perdurer'', les associations environnementales France Nature Environnement et Bretagne écologie, ont appelé le 21 octobre à une action du gouvernement pour lutter contre les algues vertes. ''Puisqu'il s'agit d'un problème de santé publique, l'Etat se doit effectivement d'instaurer un dispositif adapté au risque identifié'', a souligné Bretagne Ecologie dans un communiqué. De son côté, si FNE considère également ''que seule une révolution des pratiques agricoles permettra d'endiguer le phénomène'', la fédération souligne dans un communiqué qu'elle ''ne se contentera pas d'un aveu d'impuissance''. Au-delà de la stigmatisation d'une profession en particulier, c'est bien l'ensemble du modèle économique et social qu'il faudra revoir en profondeur pour réussir à réduire d'au moins 40% les effluents arrivant à la mer d'ici 2012, engagement pris par l'ensemble des parties prenantes, y compris les organisations professionnelles agricoles, lors du Grenelle de la Mer'', a indiqué FNE.

La publication de la note a également provoqué la colère chez les agriculteurs bretons. ''Si l'Etat écrit de telles choses, qu'il vienne sur le terrain dire aux agriculteurs de partir!'', a déclaré à l'AFP Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture de Bretagne. ''On a enrichi la Bretagne et se faire salir de cette manière, c'est inadmissible'', a-t-il poursuivi. Olivier Allain, président de la FDSEA des Côtes d'Armor a de son côté dénoncé des ''propos irresponsables''.

Cette note intervient alors qu'une mission interministérielle, décidée par le Premier ministre cet été, sur la prolifération des algues vertes procède actuellement à des auditions en Bretagne et devra rendre ses conclusions en décembre à François Fillon.

Réactions3 réactions à cet article

 
Et les oiseaux ?

Nous habitons la Gironde, mais nous étions en vacances en Bretagne en septembre dernier, et nous avons remarqué que les mouettes et les goélands pouvaient rester des heures à recherche leur nourriture sans être apparemment incommodés par le H2S : ne sont-ils donc pas sensibles à ce gaz ? et est-ce un axe de recherche actuel ?

HHélène | 23 octobre 2009 à 12h39
 
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On croit rêver...

la profession agricole n'étant ''pas prête à (l') accepter pour le moment''

C'est une honte d'entendre ça et de céder une fois de plus au lobbie agricole. Il n'est pas question de faire accepter, il faut imposer. L'état et les collectivités doivent prendre leurs responsabilités et contraindre les mauvais élèves de changer.
Il couterait moins cher au contribuable de financer des aides pour un retour à une agriculture biologique et raisonnée au lieu de payer les pots cassés une fois de plus...

=> soutenez le retour à l'agriculture respectueuse des paysans, de la nature et des animaux. A bas l'industrialisation de la nature, la conso de viande et le low-cost.

Squale55 | 07 décembre 2009 à 09h52
 
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la honte, les agriculteurs sont les POLLUEURS !!!

C'est inadmissible !
Alors.. si les algues vertes empoisonnées par l' agriculture et plein de cochonnerie d' engrais...
pourquoi pas prendre ses algues, sécher et les utiliser comme engrais ...à nouveau ?
Comme ça , il y a " le cercle fermé "...
Facite: nouveaux usines, nouveaux postes de travail, et les algues ont une bonne 'utilisation'

Gitte06 | 04 février 2010 à 13h36
 
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