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L'Allemagne reprend le leadership du photovoltaïque en Europe

Après les avoir laissées entre les mains du Royaume-Uni pendant trois ans, l'Allemagne reprend les rênes des installations solaires en Europe. L'autoconsommation n'y est pas étrangère tout comme en Espagne où le photovoltaïque suscite à nouveau l'intérêt.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Le marché du photovoltaïque européen perd-il son dynamisme en 2017 ? Selon les premières données compilées par l'institut Eurobserv'ER, l'Union européenne (UE) a connecté 5,5 GW supplémentaires l'année dernière, soit 11,1% de moins qu'en 2016. Le parc européen atteint ainsi 106,6 GW et a produit 114 TWh, soit environ 3,5% de la production brute d'électricité de l'UE. "Ces premiers résultats indiquent que le marché de l'Union européenne est toujours dans une phase de transition, moins axé sur un développement rapide de grandes centrales photovoltaïques, mais encadré par une politique d'appels d'offres", commente l'institut.

L'Association européenne de l'industrie photovoltaïque - Solar Power Europe - présente quant à elle un bilan plus élogieux en intégrant les performances de la Turquie dans son périmètre. Selon elle, le marché européen de l'énergie solaire "a progressé à peu près au même rythme [qu'au niveau mondial]" : 8,6 GW ont été raccordés en 2017 contre 6,7 GW l'année précédente. A elle seule, la Turquie comptabilise entre 1,8 GW (données Solar Power Europe) et 2,5 GW (données Eurobserv'ER) de raccordement. Soit une croissance d'environ 213% sur un an !

En Allemagne, 10% de l'électricité est directement consommée

En 2017, le premier marché européen est l'Allemagne, ajoutant environ 1,7 GW d'installations, soit 12% de plus qu'en 2016. Le pays reprend ainsi la tête des Etats membres européens devant le Royaume-Uni, champion du solaire au cours des trois dernières années. Le Royaume-Uni est ainsi relégué à la troisième place derrière la France. Eurobserv'ER note le "dynamisme positif" français. Selon ses données, l'hexagone a ainsi installé 874 MW en 2017 contre 588 MW en 2016.

En Allemagne, l'autoconsommation booste la filière. Selon le groupe de travail allemand des statistiques énergies renouvelables (AGEE-Stat), la part de l'électricité directement autoconsommée a continué d'augmenter pour atteindre 10% en 2017. "Ce marché de l'autoconsommation s'accompagne désormais du marché du stockage de l'électricité solaire", remarque Eurobserv'ER. Et l'engouement est réel : 40.000 systèmes de batteries photovoltaïques de petite taille ont été commercialisés en Allemagne au 31 décembre 2017. Le contexte allemand est en effet particulièrement favorable à l'autoconsommation : le prix du kilowattheure pour les particuliers y est deux fois plus élevé qu'en France, et l'Allemagne a décidé, dès 2010, de baisser ses tarifs d'achat de l'électricité produite. Les installations d'autoconsommation, même avec stockage, apparaissent donc rentables.

Comme en France, l'Allemagne cumule des dispositifs d'aide sous forme de tarifs d'achat ou de compléments de rémunération, octroyés par guichet unique ou appels d'offres. Le pays a par ailleurs initié un premier appel d'offres bitechnologies combinant à la fois solaire et éolien. "Tous les lauréats de cet appel d'offres sont des projets de centrales photovoltaïques, actant l'avantage concurrentiel de l'électricité solaire en Allemagne", analyse Eurobserv'ER.

En Espagne aussi, l'autoconsommation revitalise la filière

Selon les premières données de l'Union espagnole photovoltaïque (Unef), le solaire photovoltaïque est en train de "renaître de ses cendres", constate Eurobserv'ER. Le pays a installé 135 MW durant l'année 2017, contre 55 MW en 2016 et 45 MW en 2015. Pour l'Unef, ce rebond est à mettre en lien avec le développement des installations fonctionnant en autoconsommation, la connexion de quelques grandes centrales et le développement de l'électrification de sites isolés, principalement pour l'agriculture et l'électrification rurale. Même si l'état espagnol a mis en place une "taxe solaire" pour limiter le développement de l'autoconsommation, la baisse des coûts rend ses installations intéressantes, et ce, même avec la taxe. "De nombreux secteurs comme l'hôtellerie, la distribution, l'agroalimentaire et l'agriculture investissent de nouveau dans le photovoltaïque dans le but de réduire le coût de leur facture énergétique et d'augmenter leur compétitivité", note Eurobserv'Er. Cette baisse des coûts profite aussi aux grandes centrales. Certains projets se font aujourd'hui sans aucune subvention.

Réactions3 réactions à cet article

 

"Le parc européen atteint ainsi 106,6 GW et a produit 114 Twh, soit environ 3,5% de la production brute d'électricité de l'UE."

Il en reste du chemin à parcourir ...

Nicolas | 22 mai 2018 à 02h58
 
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Le photovoltaïque est désormais rentable, il n'a donc plus besoin d'étre subventionné par la CSPE.
En France, il restera toujours aussi polluant, mais si déjà, on ne me demande plus de payer, ce sera un grand pas.

VD69 | 22 mai 2018 à 12h51
 
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Disons qu'il n'a pas la même rentabilité partout mais admettons.

Le problème reste qu'en l'absence d'incitation politique (sous une forme ou une autre), l'inertie est si importante que l'évolution du mix énergétique sera trop lente. D'où, à réfléchir, une part de la CSPE pour le soutenir.

L'éolien est rentable, surtout en mer. Et pourtant, combien d'unité en France ?

Nicolas | 22 mai 2018 à 14h36
 
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