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L'Allemagne passe la main au Portugal à la tête de l'UE avec un bilan globalement positif

Après six mois de présidence allemande qui se termine sur un conseil des ministres de l'environnement, le Portugal prend à son tour la tête de l'UE. Ses ambitions à ce sujet semblent moins ambitieuses tandis que le bilan allemand est jugé positif.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Comme le fonctionnement de l'Union européenne le prévoit, la présidence de l'UE revient successivement à chaque Etat membre pour une durée de six mois. Dimanche, 1er juillet, l'Allemagne a laissé sa place au Portugal. Ce fut l'occasion pour les dirigeants de présenter leur bilan et d'accueillir les représentants portugais.
Outre le déblocage institutionnel que représente le lancement d'une nouvelle réforme des traités de l'Union européenne, l'Allemagne a également fait avancer de nombreux sujets environnementaux dont les domaines du climat et de l'énergie notamment. Lors du Conseil européen du mois de mars dernier, l'Europe s'est entendue sur une politique intégrée en matière de climat et d'énergie assortie d'objectifs ambitieux. Il a notamment été décidé de réduire les émissions problématiques pour le climat de 20% d'ici 2020, de limiter à 2 degrés la hausse de la température à l'échelle mondiale et de faire passer à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale d'ici 2020. Ces avancées ont permis de placer le sujet du changement climatique au cœur du G8 début juin même si cette réunion n'a pas abouti à un accord mondial contraignant concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En revanche, les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 se sont accordés sur le fait que les négociations sur le sujet devaient se poursuivre sous l'égide des Nations Unies. De plus, les Présidents ont souhaité parvenir d'ici 2009 à un nouvel accord sur le changement climatique qui entrerait en vigueur après l'expiration du protocole de Kyoto en 2012.
Selon le Bureau Européen de l'Environnement (BEE), la présidence de l'Allemagne sera marquée pour ces deux réunions du Conseil européen, créant des avancées sur le climat et l'énergie et sur la réforme des Traités. Elle a également travaillé dur sur un certain nombre de questions environnementales spécifiques et a favorisé un esprit positif pour l'innovation industrielle écologique, ajoute la Fédération d'organisations environnementales de citoyens d'Europe. Le BEE porte également un regard positif quant à l'examen des politiques environnementales de l'UE liées au sixième programme d'action environnemental, réalisé à l'occasion du Conseil européen de l'environnement les 28 et 29 juin dernier. À ce sujet les ministres ont demandé que soit renforcé le rôle primordial joué par l'UE au niveau mondial à l'égard de questions telles que le changement climatique, la biodiversité ou l'utilisation durable des ressources afin que des améliorations substantielles puissent être apportées pour l'environnement et la santé publique.

Cependant, le BEE estime que la présidence allemande aurait pu aller plus loin sur certains sujets. Au cours du Conseil européen, les ministres de l'environnement des 27 états membres ont allégé plusieurs dispositions proposées par le Parlement européen. Les ministres ont notamment précisé qu'ils ne souhaitaient pas augmenter le nombre de substances toxiques qui doivent être suivies pour déterminer la qualité des eaux de surface européennes comme le proposait le Parlement. Selon le BEE, le risque est de voir des eaux européennes qualifiées « en bon état écologique » alors qu'elles pourront contenir encore des polluants.
Les ministres ont également trouvé un accord politique sur la révision de la directive cadre relative aux déchets. Ils ont approuvé la classification des traitements proposée par le Parlement avec en préférence la prévention puis la réutilisation, la valorisation matière, l'incinération et enfin l'enfouissement. Mais alors que le Parlement ne voulait pas considérer l'incinération comme une voie de valorisation, les ministres ont maintenu cette possibilité. Il est aberrant de promouvoir l'incinération plutôt que le recyclage et la réduction des déchets, tant du point de vue climatique que de l'économie des ressources naturelles, s'indigne Eric Gall, directeur du CNIID. Les ministres de l'Environnement ont fait faire hier un grand pas en arrière à la politique déchets de l'Union européenne en étant incapables de proposer une vision à long terme pour la gestion des déchets en Europe, estime-t-il.
Le BEE considère également que le gouvernement allemand à une forte responsabilité dans l'hésitation de la Commission à fixer une limite moyenne d'émissions de CO2 pour les nouvelles voitures à 120 gCO2/km d'ici à 2012. En effet, même si les Etats membres ont rappelé à l'occasion du Conseil qu'ils sont tous d'accord sur cet objectif, ils ne le sont pas sur la stratégie à adopter pour l'atteindre et notamment sur la manière dont la charge de ces réductions devrait être répartie entre les fabricants de petits et de grands modèles de voiture. Les constructeurs de voitures de grande taille comme les Allemands et les Britanniques estiment en effet qu'il est impossible de les soumettre aux mêmes normes que les fabricants de voitures légères comme les Italiens ou les Français. Résultat, les ministres n'ont pas pris position et laissent le soin à la Commission de proposer une stratégie avant la fin de l'année.

La présidence allemande se termine donc sur un Conseil européen mouvementé. Toutes les décisions prises à cette occasion doivent encore être débattues avec le Parlement ce qui augure des discussions houleuses. Mais ce sera désormais au Portugal qui vient de reprendre la présidence de l'Europe pour les six à venir de faire avancer les projets même si ses ambitions environnementales semblent moins ambitieuses que celles exprimées il y a six mois par l'Allemagne.
Toutefois, dans son programme, la nouvelle présidence prévoit d'aborder les questions relatives à la pénurie d'eau et aux situations de sécheresse, d'accorder l'attention nécessaire à l'encadrement juridique aux énergies renouvelables et de conduire à l'adoption d'un Plan stratégique européen pour les technologies énergétiques. Contrecarrer la perte de la biodiversité est également un de ces impératifs et le pays souhaite aborder ce sujet sous l'angle des entreprises en organisant une conférence sur ce thème. Sur le plan climatique, la Présidence portugaise entend bien poursuivre l'indispensable concertation dans le but de préparer la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques prévue en décembre prochain à Bali. Au 1er janvier 2008, le pays laissera la tête de l'UE à la Slovénie puis à la France.

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