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L'Alliance pour la planète veut réformer la publicité

Dans la lignée de sa campagne « la publicité peut nuire gravement à l'environnement » lancée en décembre 2006, l'Alliance pour la planète propose aux candidats à la présidentielle, la création d'un Comité Supérieur de la Publicité.

  |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Une publicité pour un 4x4 expliquant qu'avec une émission de 174g de CO2 par km et par an, le véhicule « rejette à peine plus de CO2 qu'une luge », voilà ce que l'Alliance pour la planète dénonce depuis décembre 2006 à travers sa campagne intitulée « la publicité peut nuire gravement à l'environnement ». Le collectif regroupant 80 mouvements, associations et ONG, accuse les entreprises et les annonceurs d'utiliser de manière abusive les arguments écologiques dans les publicités. L'Alliance estime qu'en donnant une image « verte » à des entreprises, des services et des produits qui ne le sont pas, ce « blanchiment écologique » minimise et banalise la nécessité impérative de changer les comportements de consommation. De plus, ce blanchissement participerait directement à la désinformation des consommateurs, contrecarrerait les efforts importants de sensibilisation faits en ce sens par les associations et par les pouvoirs publics et diluerait au final les démarches réelles de progrès déjà initiées par certaines entreprises.

Dans sa démarche, l'Alliance remet notamment en cause le Bureau de Vérification de la Publicité chargé de l'autodiscipline du secteur publicitaire en France. Association loi 1901 regroupant des publicitaires volontaires, le BVP n'a qu'un rôle consultatif. Il émet un avis lorsqu'un publicitaire lui soumet volontairement sa publicité mais cet avis n'est pas contraignant. L'Alliance estime donc que le BVP est juge et partie et qu'il n'a pas de vrais moyens de coercition et de sanction. C'est pourquoi le collectif propose la création d'un Conseil Supérieur de la Publicité (CSP) doté de moyens et du statut d'autorité administrative indépendante. Le CSP serait composé de représentants du MEDD, du MINEFI, du ministère de la santé et du ministère de la communication, d'un collège de professionnels regroupant agences, régies, annonceurs et d'un collège représentant la société civile (associations de consommateurs, familiales et environnementales). Le CSP aurait pour fonction essentielle de faire respecter les règles en émettant des avis contraignants sur tout type de publicité. En cas de manquements constatés, le CSP aurait le pouvoir de sanctionner voire d'interdire la publicité à l'image des pouvoirs actuels du CSA. En outre, cette autorité pourrait être saisi par les citoyens ou consulté sur les projets de loi concernant la publicité. Pour compléter, le collectif demande la mise en place par le CSP d'une certification de management de la qualité de l'information à l'image de la norme ISAS BC/P 9001 inspirée de la norme ISO9001 mais adapté au secteur de la radio et de la télévision. La norme ISAS BC/P 9001 mesure comment les sociétés de radio-télévision répondent à la norme ISO 9001 ainsi qu'à des critères particuliers : satisfaction des annonceurs et des associations, qualité et exactitude de l'information, innovation et créativité, transparence de la gestion, promotion et respect de standards professionnels et éthiques et utilité économique, sociale et environnementale des messages.
L'Alliance propose que le CSP soit financé par les professionnels en fonction de leurs investissements à travers une taxe de 0,5 à 1% sur les budgets publicitaires qui atteignent 31 milliards d'euros par an.

L'Alliance appuie sa proposition en rappelant que le 12 décembre 2007, entrera en vigueur la directive européenne 2006/114/CE du 12 décembre 2006 en matière de publicité trompeuse et de publicité comparative. La directive définit une publicité trompeuse comme étant une publicité qui est susceptible d'induire en erreur les personnes auxquelles elle s'adresse et qui est susceptible d'affecter leur comportement économique ou de porter préjudice à un concurrent. Par cette directive, les états membres doivent mettre en place les moyens adéquats et efficaces pour lutter contre la publicité trompeuse et faire respecter la législation. L'Alliance estime donc que la création du CSP est tout à fait conforme à l'application de la directive.

En parallèle du CSP, l'Alliance propose que l'utilisation de l'argument écologique dans les publicités soit encadrée par des règles juridiquement contraignantes introduites dans le code de l'environnement et le code de la consommation. Elle propose notamment de s'inspirer des recommandations déjà utilisées par le BVP.
Le collectif propose également des dispositions plus strictes pour les publicités de produits polluants ou énergivores notamment l'indication obligatoire sur l'impact environnemental des produits. Le collectif va même jusqu'à proposer l'interdiction de la publicité pour les pesticides, les automobiles et les appareils consommant trop d'énergie.
Enfin, les associations demandent que la profession soit sensibilisée à l'environnement et que les grands groupes publicitaires publient un rapport développement durable complet mesurant l'impact environnemental de leur activité à l'échelle mondiale.

Suite à la présentation de ces propositions aux candidats à l'élection présidentielle, quatre d'entre eux ont pris position. Ainsi, François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Dominique Voynet se sont prononcés pour un encadrement plus strict de la publicité. Mais les méthodes diffèrent. Alors que François Bayrou et Dominique Voynet se montrent favorables à la création d'un organisme de type CSP, Ségolène Royal opte pour la réforme du BVP après un débat national. Nicolas Sarkozy s'est dit quant à lui opposé à la «multiplication des structures administratives».

Réactions1 réaction à cet article

 
Emissioj,n pour enfant catastrophe

Bonjour, je souhaiterais réagir car, père de 2 enfants (5 ans et 3 ans) alors qu'ils regardaient la "chaine Tiji" (depuis ma freebox), plus exactement la célèbre série "Télétobies" , la vidéo de fin (celle censée apprendre/éveiller en montrant) :

et bien on y voyait une enfant qui jouait avec l'eau qu'elle laisser tranquillement gaspillée par terre dans la rue pendant au moins 10 minutes (sans compter les essais de tournage ?) puis jouer a mettre des bulles de savons dans l'eau parceque c'etait rigolo. Enfin nous pouvions voir les bulles et le savon emportée par le ruisseau créé.

Alors je veux bien, mais montrer cela à des enfants agées en moyenne de 1 à 6 ans qui peuvent interpreter à leur manière ce qu'ils ont vu et ainsi reproduire...
En supposant qu'un enfant dans cette tranche d'âge est en phase de découverte de ce que "l'on doit ou pas" et que cet instant ancré les fondements de son éducation, je me demande alors si lorsqu'il aura 16, 18, 23, ... ans, s'il respectera vraiment la nature...

Cela peut paraitre hors sujet, mais je considère qu'il s'agit d'une forme de propagande du point de vue de ces enfants !

jemo | 12 avril 2007 à 20h51
 
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