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Alteo choisit l'injection de CO2 pour réduire ses rejets polluants

Le producteur d'aluminium de Gardanne doit se mettre en conformité d'ici à 2021. Avec le traitement de ses effluents au CO2, il résout le problème des métaux et du pH. Reste la matière organique.

Eau  |    |  Albane CantoActu-Environnement.com
Alteo choisit l'injection de CO2 pour réduire ses rejets polluants

Cette fois, il n'y a aura pas besoin d'un nouveau report. Alteo, qui bénéficie d'une dérogation pour certains polluants de son procédé, sera conforme en 2021. L'usine d'aluminium sera alors équipée d'une unité de traitement complémentaire au dioxyde de carbone (CO2) gazeux, qui va précipiter les métaux encore présents dans ses effluents aqueux. L'unité est actuellement en construction sur le site de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône. Elle sera opérationnelle début 2019, pour une mise en service progressive. Elle représente un investissement de 6 millions d'euros, dont 30% d'aides de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse.

Plusieurs technologies ont été testées au cours des deux dernières années. Le chlorure de magnésium était efficace, mais des doutes sur la disponibilité de ce composant n'ont pas permis de le retenir. L'acide phosphorique ne permettait pas d'obtenir un abattement suffisant de la pollution, sans compter les risques liés à la manipulation de cet acide fort. La technologie au CO2, développée avec Air Liquide, a donc été retenue.

Le procédé a été validé à l'issue d'une année de tests dans un pilote. "Le principe de l'innovation est simple", reconnaît Frédéric Ramé, président d'Alteo. "Toute la complexité réside dans les détails et la réalisation. Notamment la technologie d'injection du CO2 et la recirculation des effluents pour augmenter la capacité épuratoire".

Bientôt un pilote pour la matière organique

L'unité sera capable de traiter un débit de 270 m3/heure. Elle permettra de transformer les métaux dissous en forme solide, ensuite extraits par floculation. La concentration d'arsenic passera ainsi de 0,06 mg/l à moins de 0,05 mg/l, et celle d'aluminium à moins de 5 mg/l. La concentration en fer, pour laquelle Alteo dispose aussi d'une dérogation, est déjà conforme aux seuils de 2021 depuis début 2016. Les résidus du procédé, qui ne représenterait qu'une augmentation de 0,1% des résidus du site, seront réintroduits dans la boucle de traitement. Enfin, l'utilisation d'acide permet également de réduire le pH de l'effluent de 12,3 à moins de 9,2, conformément à l'arrêté.

Reste la problématique de la matière organique. La demande biologique en oxygène à cinq jours (DBO5) est de 60 mg/l, alors que l'objectif réglementaire est de 30 mg/l. Quant à la demande chimique en oxygène (DCO), elle doit passer en dessous de 125 mg/l, contre 140 mg/l aujourd'hui. "Nous poursuivons nos recherches. En avril, nous allons démarrer un petit pilote pour tester plusieurs technologies d'abattement, dont l'osmose inverse, la nanofiltration et la filière biologique", ajoute Frédéric Ramé.

Depuis 2015, l'usine a réduit ses rejets métalliques de 99,7%, les matières en suspension de 99%. Les rejets dans l'air ont également diminué : -50% pour le CO2 et -50% pour les oxydes d'azote.

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