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Amiante : l'InVS tire la sonnette d'alarme

Le problème du risque sanitaire lié à l'amiante reste entier. Les cas de cancers du poumon demeurent fréquents et le pic d'incidence du mésothéliome ne serait pas atteint, contrairement à ce qui avait été avancé.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°345 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°345
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L'Institut national de veille sanitaire (InvS) a publié mardi 20 janvier un numéro thématique du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à l'amiante, qui regroupe les travaux de divers organismes. Les résultats sont inquiétants.

Plusieurs signaux négatifs

La question de l'impact sanitaire de l'amiante est loin d'être résolue, prévient Jean-Claude Pairon de l'Inserm, qui met en avant plusieurs signaux négatifs. De nouveaux cancers liés à l'amiante, touchant le larynx et l'ovaire, ont été identifiés par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). De nombreux matériaux contenant de l'amiante sont encore en place sur lesquels des professionnels ou des particuliers interviennent "parfois sans connaissance de leur nature réelle et donc sans précaution spécifique".

Enfin, beaucoup de questions relatives à la surveillance des personnes exposées demeurent non résolues, ajoute le spécialiste, qui souligne également les controverses sur l'évolution attendue de la fréquence des affections liées à l'amiante.

"Le poids des cancers pour les sites liés à l'amiante de façon certaine (poumon, mésothéliome, larynx, ovaire) demeure très important, puisqu'il est estimé entre environ 2.200 et 5.400 cas par an en France, touchant de façon majoritaire les hommes pour les cancers respiratoires du fait des situations d'exposition responsables", indique Anabelle Gilg de l'InVS.

Parmi les cancers professionnels attribuables à l'amiante, celui du poumon arrive en effet largement en tête, avec 1.328 à 3.709 nouveaux cas estimés en 2012. Les nouveaux cas de cancer de la plèvre (ou mésothéliome) sont, quant à eux, estimés entre 678 et 915 la même année. Selon des estimations publiées en août par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), rappelle l'AFP, l'amiante pourrait tuer entre 68.000 et 100.000 personnes d'ici à 2050 en France.

Plusieurs décennies de pathologies

Concernant le mésothéliome, l'augmentation d'incidence observée chez les hommes suggère que le pic d'incidence n'est peut-être pas encore atteint, contrairement à ce qu'avaient pu avancé d'autres études, indique Anabelle Gigl. D'où, l'importance "de surveiller son évolution au cours des années à venir à l'aide d'un dispositif exhaustif", insiste M. Pairon. D'autant que ce cancer augmente également chez la femme pour des raisons qui restent indéterminées.

La mise en place du dispositif de déclaration obligatoire de cette pathologie sur l'ensemble du territoire devrait permettre d'obtenir davantage d'informations sur les mésothéliomes féminins, estime toutefois Céline Gallot de l'InvS.

Autre sujet de préoccupation ayant fait l'objet d'une publication dans ce bulletin : l'exposition des professions artisanales. Selon les travaux d'Hélène Goulard de l'InVS, "la fréquence des expositions à l'amiante chez les hommes artisans retraités est nettement plus élevée que dans la population générale non artisan de même âge".

Conclusions de Jean-Claude Pairon ? "Les affections consécutives aux expositions à l'amiante vont encore être observées pendant plusieurs décennies en France", d'autant que les cancers apparaissent souvent de nombreuses années après l'exposition. D'où plusieurs préconisations : assurer la poursuite des dispositifs de surveillance épidémiologique, renforcer l'information des acteurs de la santé sur les pathologies liées à l'amiante, et surtout faire de la prévention des expositions aux matériaux contaminés une préoccupation permanente tant en milieu de travail que dans l'environnement en général.

Un objectif qui semble loin d'être respecté. Tant la commission des affaires sociales du Sénat que le Haut Conseil de la santé publique ont pointé en juillet dernier les insuffisances du dispositif de protection contre l'amiante.

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