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Amiante sur chantier : les professionnels du BTP progressent

Les premiers résultats d'une campagne de mesurage des poussières d'amiante dans les chantiers se révèlent encourageants. Mais toutes les situations de travail n'ont pas été analysées et seules les entreprises volontaires sont étudiées.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°377 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°377
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Le premier bilan de la campagne de mesure sur chantiers dénommée "Carto Amiante", dévoilé en octobre dernier, se révèle positif. Cette campagne a été lancée en 2014 à l'initiative de l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP). "Les conclusions qui en ressortent sont positives et très encourageantes pour la profession", se félicite l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) qui en est partenaire avec la direction générale du travail.

Des conclusions positives tirées des faibles niveaux d'empoussièrement constatés dans les chantiers mesurés : 97% des résultats sont de niveau 1, c'est-à-dire inférieurs à 100 fibres d'amiante par litre (f/L), dont 75% inférieurs à 5 f/L. "Ce qui traduit la mise en oeuvre de processus de travail maîtrisés dans la plupart des cas", se félicite l'INRS. "Il existe donc des solutions opérationnelles simples en matière de prévention du risque amiante", en déduisent les auteurs du rapport.

Trente-six situations de travail non analysées

Cet optimisme doit toutefois être relativisé. Ces résultats ne portent que sur 283 chantiers et l'analyse de six situations de travail seulement : perçage de revêtement de sol, perçage de peinture ou d'enduit intérieur, découpe d'une canalisation extérieure en amiante ciment, démontage d'une canalisation extérieure en amiante ciment, démontage d'une toiture et démoussage d'une toiture. Les 36 autres situations de travail identifiées comme étant prioritaires ont recueilli moins de dix résultats ou n'ont fait l'objet d'aucune mesure.

Autre bémol, les chantiers mesurés relèvent d'entreprises volontaires même si toutes sont tenues de procéder à l'évaluation de l'empoussièrement en fibres d'amiante conformément au décret du 4 mai 2012. "Au départ, le recrutement des chantiers s'est avéré très difficile pour plusieurs raisons", relève d'ailleurs le rapport qui avance comme explications la sous-estimation du risque, l'insuffisance de repérage avant travaux et la crise qui a touché les entreprises ciblées.

"Désormais une réelle dynamique est lancée", se félicitent toutefois les trois partenaires. Fin septembre 2017, le nombre de candidatures atteignait plus de 775 chantiers et 360 mesurages. Le seuil de 40 mesurages était escompté pour ce début d'année 2018 mais les partenaires soulignent aussi l'impérieuse nécessité d'accompagner les TPE/PME.

"Ce premier rapport sera (…) enrichi annuellement afin de permettre à toute entreprise de s'appuyer sur des résultats et des préconisations reconnus par l'Etat et les organismes de prévention pour rédiger facilement leurs modes opératoires", a annoncé Isabelle Monnerais, responsable d'opération risque chimique à l'OPPBTP.

Repérage avant travaux : des arrêtés en attente

Le risque amiante reste en effet très présent même si les derniers chiffres de l'Assurance maladie – Risques professionnels ont montré une baisse de 9% des pathologies liées à l'amiante en 2016. En 2014, deux rapports établis respectivement par le Haut Conseil de la Santé publique et par le Sénat avaient révélé les faiblesses du dispositif de repérage de l'amiante. L'INRS avait également pointé en septembre 2015 une sous-estimation inquiétante des niveaux d'empoussièrement.

Ces résultats ont conduit le gouvernement à imposer un repérage de l'amiante avant tous travaux à risque via la loi travail d'août 2016. Son décret d'application paru en mai 2017 ne rentrera toutefois en vigueur qu'une fois publiés les arrêtés qui doivent définir les modalités techniques de réalisation des repérages dans six domaines d'activité. Aucun d'entre eux n'est à ce jour paru.

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