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Amiante : l'Anses identifie les professions les plus exposées

Une étude de l’Anses, rendue publique le 30 mai, identifie une liste de professions et de secteurs d’activité pouvant être considérés comme les plus exposés à l’amiante. Présentation.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) vient de publier une synthèse des connaissances scientifiques et techniques sur les expositions professionnelles à l'amiante, qui s'inscrit dans le cadre de la réforme du dispositif de cessation anticipée d'activités des travailleurs de l'amiante (CAATA).

« Les niveaux d'exposition à l'amiante et leur relation apparente avec des pathologies telles que les plaques pleurales et les mésothéliomes classent certains métiers comme manifestement exposants à l'amiante », conclut le rapport. C'est le cas par exemple des tôliers-chaudronniers, des soudeurs et des oxycoupeurs.

Pour d'autres professions plus générales, comme les électriciens ou tuyauteurs, « il est nécessaire de pousser l'évaluation afin de prendre en compte le secteur d'activité », ajoute le rapport.

Les métiers du bâtiment surexposés

L'étude montre clairement une exposition des métiers du BTP. Allant dans le même sens, le programme national de surveillance du mésothéliome indique un risque important de développement du mésothéliome pleural dans les métiers du bâtiment.

Le classement, par ordre décroissant, des métiers d'artisans par fréquence d'exposition à l'amiante fait ressortir les professions suivantes : électriciens, tôliers-carossiers d'automobiles, plombiers, couvreurs, chauffagistes, maçons, plâtriers, peintres, menuisiers charpentiers, mécaniciens. Parmi celles-ci, comme on le constate, les métiers du bâtiments sont surreprésentés.

Améliorer le suivi post-professionnel des travailleurs exposés

Pour certains cas particuliers de métiers exposés plus ponctuellement à des niveaux importants de concentration en fibres d'amiante, « l'appréciation de la réalité, de la fréquence et des niveaux de l'exposition nécessite une approche individuelle », souligne le rapport.

L'une de ses conclusions porte d'ailleurs sur la nécessité de faciliter l'accès au suivi post-professionnel des personnes ayant été exposées à l'amiante.

Afin d'améliorer les connaissances, le rapport préconise également une exploitation poussée des bases de données métrologiques FIBREX et EVALUTIL et de bases de données sur les pathologies professionnelles telles que celle du RNV3P. « Une attention toute particulière devra être accordée aux résultats futurs des cohortes citées » dans le rapport.

Ce dernier suggère enfin de réaliser un état des lieux poussé des métiers de l'administration publique ayant amené à une exposition à l'amiante.

Croiser liste des établissements et liste des métiers exposés

Ce rapport s'inscrit dans le cadre de la réforme du dispositif de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante (CAATA). Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, avait confié au député Jean Le Garrec la présidence d'un groupe de travail ayant pour mission d'élaborer des pistes de réforme.

Après la remise d'un rapport en 2008 et l'examen des pistes proposées par les services techniques concernés, la réforme aujourd'hui envisagée porte sur la modification du champ d'application du dispositif CAATA, qui reposerait sur « le croisement d'une liste d'établissements dans lesquels ont été exercées des activités particulièrement exposantes avec une liste de métiers particulièrement exposés ».

Dans cette optique, l'Anses a examiné la littérature scientifique nationale et internationale, ainsi que les principales bases de données existantes dans ce domaine. Elle a également mené une enquête auprès de six pays européens (Norvège, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Finlande, Allemagne) afin de recueillir des informations sur la réglementation, les modalités de suivi médical, les métiers et secteurs d'activité exposants, ainsi que sur les dispositifs d'indemnisation des travailleurs.

Si l'expertise de l'Anses a permis d'identifier un faisceau cohérent et convergent mettant en relief une liste de professions et de secteurs d'activité pouvant être considérés comme les plus exposants à l'amiante, « aucune base de données ne permet de dresser de façon univoque une liste exhaustive des métiers les plus exposants applicables à l'ensemble des situations », avertit toutefois l'Agence.

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