En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Premiers retours d'expériences sur la qualité des bâtiments BBC

Selon l'Association Qualité Construction, la mauvaise conception et le manque de savoir-faire sont à l'origine de malfaçons constatées dans les bâtiments BBC. L'AQC profite de son analyse pour lister les bonnes pratiques à observer sur ces chantiers.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Premiers retours d'expériences sur la qualité des bâtiments BBC
   

Prévue pour être généralisée d'ici deux ans à l'ensemble des constructions neuves en France, la Réglementation Thermique 2012 (RT 2012) et son niveau de performance Bâtiment Basse Consommation (BBC) nécessitent la mise en œuvre de nouvelles techniques de construction, de nouveaux matériaux et équipements. Ces évolutions pourraient engendrer l'apparition de nouveaux types de malfaçons du fait d'une mauvaise maîtrise de ces nouvelles techniques par les professionnels.

Pour anticiper ces problèmes, l'Association Qualité Construction (AQC) a réalisé une étude de terrain au cours des six derniers mois. 31 opérations que ce soit du résidentiel ou du tertiaire et plusieurs techniques constructives ont été analysées : isolation par l'extérieur, ventilation double-flux, solaire thermique, pompes à chaleur, chaudières gaz à condensation…

Résultats, l'AQC constate que "d'une manière générale, peu de véritables sinistres après livraison ont été recensés". L'association précise toutefois que la majorité des bâtiments étudiés étaient très récents (moins d'un an d'exploitation). De plus ces bâtiments ont apparemment fait l'objet d'une attention et d'un investissement supérieur à une opération classique en raison de l'exemplarité recherchée.

 
Le boom des labellisations BBC Selon le dernier bilan de l'association Effinergie, au 1er février 2011, 1.542 maisons individuelles, 82 opérations en maisons groupées, 138 batiments collectifs et 7 opérations tertiaires ont été labellisés BBC pour le neuf. Le nombre de demandes en cours est en forte hausse : 7.590 pour les maisons, 1.004 pour les maisons groupées, 2.750 logements collectifs et 245 opérations tertiaires. Ces chiffres sont basés sur les certifications accordées par les quatres certificateurs Cequami, Cerqual, Certivea et Promotelec.
 
Les principaux sinistres furent la fonte d'un isolant dont la nature n'était pas appropriée à son emplacement, des nuisances acoustiques importantes générées par les ventilations double-flux et des infiltrations d'eau sur des balcons. Du côté des malfaçons et dysfonctionnements divers, l'AQC remarque une différence de degré de précision entre les nombreux corps d'état lors de la mise en œuvre des lots maçonnerie/charpente et/ou menuiserie ce qui a conduit à des corrections en cours de chantier "qui n'ont pas toujours été satisfaisantes". "Le maçon travaille au centimètre et un menuisier au millimètre", résume un des acteurs auditionnés lors de l'étude.

Les opérations analysées ont également fait émerger d'autres difficultés comme les limites du moteur de calcul de la RT 2005 qui ne prend pas en compte certaines solutions techniques ou encore l'impact d'autres réglementations (incendie, accessibilité) sur la performance recherchée. De même, les incertitudes sur le comportement des usagers du bâtiment ou encore la maintenance des équipements peuvent être à l'origine de dysfonctionnements.

La mauvaise conception et le manque de savoir-faire en première ligne

L'étude révèle ainsi que de nombreuses malfaçons ont pour origine une mauvaise conception du bâtiment et le manque de savoir-faire de l'entreprise. L'AQC a donc profité de son analyse pour lister les bonnes pratiques observées sur certains chantiers.

L'Association recommande ainsi d'accentuer la formation et la sensibilisation des acteurs de l'exécution : cela apparaît comme une composante indispensable à la maîtrise des risques de ces opérations. Par ailleurs, l'AQC encourage le travail collaboratif entre l'architecte et les entreprises sélectionnées lors de la conception du bâtiment : "une collaboration étroite en amont du chantier a permis de sur plusieurs opérations d'anticiper l'apparition de probables dysfonctionnements ou d'optimiser la solution technique initialement prévue".

La qualité de la maintenance, les vices des produits et le comportement des usagers doivent également être pris en compte pour l'atteinte des performances attendues.

Réactions3 réactions à cet article

 

Quel surcoût à la construction pour les bâtiments BBC dans une France où les mal-logés sont légions ? Ce n'est pas comme ça qu'on résoudra la crise du logement. Mais les idéologues du Grenelle de l'environnement n'en ont cure, ils se prosternent devant Gaïa et méprisent la souffrance humaine.

Laurent Berthod | 01 avril 2011 à 09h51
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ Laurent

Oui enfin, ok pour la priorité au droit au logement mais la précarité énergétique concerne en premier... les personnes précaires.
Avoir un toit : c'est une droit.
Ne pas passer la totalité de son (maigre) revenu dans sa facture de chauffage : c'est du confort et des économies...

boprat | 02 avril 2011 à 23h48
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Surcoût entre 5 et 15% en fonction bien sûr de la gamme de la maison. Le surcoût BBC est d'autant plus important que le maître d'ouvrage choisit un produit bas de gamme.
Concernant le droit de tous à avoir un logement et l'accès à la propriété, ils doivent être gérés en même temps qu'une crise énergétique sans précédant. Il n'y a pas de solution simple. Deux pistes devraient à mon sens être travaillées : le financement (un foyer vivant dans un logement performant est plus solvable à court terme et peut donc s'endetter plus) et l'aide à l'investissement (prise en compte du surcoût de la performance pour les foyers modestes afin de ne pas contracter de prêt excédant 30).
Mais ça demande de l'argent qu'il faudra bien trouver quelque part... C'était le but de la taxe carbone à l'origine.
Petite parenthèse : on ne met pas en balance la planète et l'Humanité pour la simple raison que l'une et dépendante de l'autre et pas l'inverse. Ce genre de réflexion nous a conduit au consumérisme à outrance dont on paie les effets aujourd'hui, ce qui rend le virage plus serré et les solutions plus radicales.

Brice | 20 avril 2011 à 10h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Florence Roussel

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager