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Les analyses autour du site nucléaire de Tricastin continuent d'inquiéter

Les analyses réalisées suite au déversement accidentel d'une solution uranifère à Tricastin témoignent que la situation n'est pas encore rentrée dans l'ordre et manque toujours autant d'éclaircissement. Les mesures de restriction sont maintenues.

Risques  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
Les analyses autour du site nucléaire de Tricastin continuent d'inquiéter
Centrale nucléaire de Tricastin
© IRSN
   
Suite au déversement accidentel d'une solution contenant de l'uranium, survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008 à l'usine SOCATRI sur le site nucléaire du Tricastin, les analyses et les expertises se poursuivent. L'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) a mené deux inspections sur le site qui ont mis en évidence des lacunes dans les conditions d'exploitation des installations. Sur demande de l'ASN, l'exploitant a suspendu l'arrivée d'effluents dans la station de traitement à l'origine de la pollution et a annoncé que dans le cadre d'un plan de modernisation lancé en 2005, les installations incriminées devraient être définitivement mises à l'arrêt dans les prochaines semaines. Comme prévu, l'ASN a établi un procès-verbal d'infraction résultant des constatations de l'inspection et l'a transmis au Procureur de la République de Carpentras.

 
deux points de mesure des eaux de nappe qui ont montré ou qui montrent des valeurs plus élevées que la valeur guide de l'OMS retiennent l'attention des experts  
ASN
 
Un plan de surveillance renforcée comprenant notamment des analyses dans les rivières et la nappe phréatique environnante a également été mis en place par l'exploitant à la demande de l'ASN. Les analyses menées en parallèle par l'IRSN ont mis en évidence un pic de pollution à l'uranium dépassant d'un facteur 1.000 la limite prescrite par l'OMS (15 µg/L) dans les rivières Gaffière et Lauzon, affluents du Rhône. Depuis les concentrations diminuent et atteignaient hier quelques µg d'uranium par litre.
Pour les eaux souterraines, la majorité des analyses ne présentent pas de taux élevé d'uranium : les concentrations oscillent entre 1 et 7 µg/L. Cependant deux points de mesure des eaux de nappe qui ont montré ou qui montrent des valeurs plus élevées que la valeur guide de l'OMS retiennent l'attention des experts, précise l'ASN. Un puits situé au Sud du plan d'eau du Bartas met en évidence des concentrations de l'ordre de plusieurs dizaines de µg/l d'uranium. De plus, ces concentrations fluctuent d'un jour à l'autre.

Les préfectures du Vaucluse et de la Drôme ont donc maintenu leurs mesures de protection. L'utilisation de l'eau des ouvrages privés pour l'alimentation en eau potable, pour l'irrigation ou la consommation animale reste interdite sur les cours d'eau de « la Gaffière » et du « Lauzon » ainsi que dans la nappe d'accompagnement. La pêche, la baignade et les activités nautiques sont également interdites sur ce secteur.

   
Analyse des échantillons d'eau © IRSN
 
   
Aucune explication officielle n'a pour l'instant été donné concernant ces concentrations. L'ASN rappelle que des singularités de ce type, déjà mises en évidence autour du site du Tricastin, ont donné lieu à une étude réalisée par l'IRSN. Publiée aujourd'hui par l'institut, cette étude avait pour principal objectif la mesure de la radioactivité des eaux de puits privés autour du site nucléaire. Dans le cadre de cette étude, une campagne de prélèvements d'échantillons a eu lieu en septembre et octobre 2007 sur les communes de Bollène, Lapalud et Pierrelatte. L'étude met en évidence une activité radioactive supérieure à la valeur guide de 0,1 Bq/litre pour certains puits situés plus au Sud du site. Les puits incriminés dans les analyses d'aujourd'hui n'ont semble-t-il pas présenté de résultats anormaux lors de l'étude de l'IRSN.

Du côté des associations et notamment de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), on pense connaître l'origine du problème. Selon l'association, des déchets nucléaires enfouis depuis de nombreuses années sur le site pourraient être la cause de ces mesures anormales. Début juillet, avant l'incident, la CRIIRAD dénonçait la présence d'un tumulus contenant des déchets radioactifs militaires et alertait sur l'exposition de ces déchets aux eaux de ruissellement et sur les risques de contamination des eaux de surface et souterraines.

L'IRSN et l'exploitant continuent pour l'instant leur surveillance. Les préfectures ont publié hier les derniers résultats concernant les sédiments et les végétaux. Quatre prélèvements ont été effectués le 10 juillet sur des sédiments dans la Gaffière et le Lauzon. Les teneurs en uranium se situent entre 0,51 et 2,51 µg par kg sec. Les préfectures précisent à titre indicatif, que les valeurs observées en 1991 étaient comprises entre 2,4 et 4,8 mg/kg sec pour les sédiments. Pour les végétaux, les prélèvements effectués le 10 juillet se situent entre 0,38 et 6,98 mg/ kg sec. En 1991, les teneurs étaient comprises entre 0,5 et 4 mg/kg sec. Enfin, pour les légumes cultivés les prélèvements révèlent des concentrations comprises entre 0,04 et 1,09 mg/ kg sec contre une fourchette de 0,5 à 4 mg/kg sec en 1991.

Le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) créé par la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, s'est réunit aujourd'hui à la demande du MEEDDAT afin d'entendre SOCATRI en présence de l'ASN. A l'issu de cette réunion, le HCTISN a estimé que cet incident apparaît sans dommage pour la santé des travailleurs et des populations. Il recommande toutefois que la surveillance de l'IRSN se poursuive et demande qu'un état détaillé des pollutions historiques de la nappe présente au droit du site lui soit présenté. Le haut comité prévoit de faire un point sur la situation en septembre prochain.

Jean Louis Borloo rencontrera par ailleurs demain jeudi, Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'AREVA, la maison mère de SOCATRI, pour lui demander de tirer les conclusions qui s'imposent.

Réactions10 réactions à cet article

 
Responsabilités

les intervenants de l'ASN et l'IRSN se présentent dazns les médias comme de vrais accusateurs : il devraient s'interroger sur leurs responsabilités : ils n'avaient détectés aucune insuffisance dans les études qui leur avaient été soumises ? lors de leurs contrôles ? ....

Anonyme | 17 juillet 2008 à 09h59
 
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Vous av(i)ez dit sécurité nucléaire ?

J'ai souvenir d'un détail d'il y a plusieurs années, la Loire était gelée et les circuits de refroidissement n'avaient plus assez de débit dans la centrale de Chinon. Pour remédier à la situation et pour refroidir le réacteur on avait procédé à des explosions, dans le cours du fleuve gelé, de dynamite. L'information avait été donnée à la télé avec la petite phrase "- Si la température ne remonte pas, on ne répond plus de rien !!!" Il semble bien qu'après plus d'une décennie les choses n'aient pas changé dans le domaine. Il y a de quoi avoir "froid" dans le dos.

Le Vrai Ga | 17 juillet 2008 à 12h28
 
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roger

Si les autorités -les PB-ne sont pas bavards sur le sujet.

C'est que : "qui se sent morveux se mouche"

Dans le cas contraire ils n'auraient pas laissé passer l'occasion de se faire mousser

roger | 17 juillet 2008 à 20h55
 
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Les filiales "Fusibles"

Pour faire des économies, on refile la maintenance à des filiales. Le recrutement ne doit certainement pas être aussi sévère que pour la maison mère. Il y a trop de dérogations en France. Les organismes de contrôles sont sous "contrôle de l'état" alors on ne se tire pas dans le pied. Remember Tchernobyl !
Les gens sont très méfiants quand on nous dit que tout va bien . la même chose pour l'amiante, les rejets de dioxine des incinérateurs, les décharges, etc.... etc ....

AbuDhabi | 18 juillet 2008 à 22h31
 
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Re:Vous av(i)ez dit sécurité nucléaire ?

Vous oubliez que le climat se réchauffe à grands pas !!

Gérer ou subir, il va falloir choisir. Et si les problèmes de réchauffement sont d'ordre mondial, les solutions sont locales, comme les conséquences...

Fragued | 20 juillet 2008 à 20h21
 
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Re:Re:Vous av(i)ez dit sécurité nucléaire ?

Je ne comprends pas bien votre commentaire. Mon propos était qu'en 1995, suite à une température de -20 pendant plusieurs jours, le problème qu'avait causé ce froid amenait les responsables de la centrale de Chinon à dire "on ne répond plus de rien..." signe qu'une catastrophe magistrale non prévue pouvait arriver à une centaine de kilomètres de chez moi ; signe que le nucléaire n'était pas véritablement maitrisé. Aujourd'hui je ne suis pas sûr que dans un cas similaire des solutions aient été trouvées... Je n'oublie pas que le climat se réchauffe à grand pas et que ces périodes rares de froid pourraient devenir monnaie courante. Je me demande bien ce que la population pourra faire d'autre que subir si un tel cas de figure se représente et que l'on nous dit à nouveau "si la température ne remonte pas, on ne répond plus de rien". Ici les solutions ne sont pas seulement locales car cela peut se passer dans toutes les centrales sans distinction et les conséquences sont comme le nuage de Tchernobile, elles passent par dessus les montagnes...

Le Vrai Ga | 20 juillet 2008 à 22h49
 
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Re:Re:Re:Vous av(i)ez dit sécurité nucléaire ?

Moi je me souviens lors de la canicule de la solution trouvée au problème de surchauffe (appelé problème de refroidissement, ça fait moins peur) des tours de certaines centrales, dû à la fois à la température extrême, à la diminution des débits des cours d'eau utilisé pour le refroidissement et à la nouvelle consommation électrique estivale des climatiseurs (dans les magasins grands ouverts, chez les particuliers qui ne ferment pas leur volet la journée... mais je m'égare). La solution avait alors été double : on dépasse les conditions de pompage habituellement fixées (en débit et en température de rejet dans le milieu) et on arrose les tours de refroidissement ! Si la première solution présente de graves dangers pour les espèces vivantes du milieu concerné, la seconde m'avait semblé sortir d'un épisode de Mac Gyver.
Les exploitants montraient fièrement leur parade aux journaux télévisés et à la question et si ça continue ou si ça empire ? Ils répondaient simplement "on a trouvé, on trouvera".

Le "on ne répond plus de rien" n'est plus d'actualité, à défaut de maîtriser le nucléaire, ils maîtrisent au moins la communication...

Tombour | 21 juillet 2008 à 17h24
 
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Re:Re:Re:Re:Vous av(i)ez dit sécurité nucléaire ?

Comme je le disais, c'est comme les cheminées dans les vieilles maisons : Chaud devant, froid dans le dos...

panien | 21 juillet 2008 à 23h32
 
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PAUVRE FRANCE

pauvre france ,elle va devenir la futur urss
Vous savez qu'il suffit d'un panneau solaire de la taille de la france dans le désert pour produire toute l'énergie dont la planéte à besoins
Aors pourquoi détruisons nous la terre de nos enfant.

FARFELU 08 | 22 juillet 2008 à 10h35
 
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A QUAND LE FRENCH TCHERNOBIL ?

Sols pollues nappes phreatyiques imbuvables où allons nous ?

Le controleur dépend du controlé TCHERNOBIL n'était jamais venu soit disant sur le Vercors faites donc une étude épidémiologique du cancer dans ce pays perdu....

VERTACOMICORIEN | 23 juillet 2008 à 08h32
 
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