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La pollution atmosphérique aggrave les allergies au pollen

Risques  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Le retour du printemps favorise les allergies au pollen (rhinites saisonnières, rhino-conjonctivites, asthme…). Dans un rapport paru le 20 mars, l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) alerte des impacts du changement climatique et de la pollution atmosphérique qui pourraient contribuer à aggraver ces réactions allergiques.

En France, les allergies aux pollens concerneraient 7 à 20% des enfants de 6 à 14 ans et plus de 30% des adultes, indique l'Anses tout en soulignant la difficulté aujourd'hui "de quantifier de manière fiable le nombre de personnes réellement touchées".

Les études publiées ces dernières années montrent que le changement climatique "pourrait influer sur la production de pollens, notamment en allongeant la durée de pollinisation, en modifiant la répartition spatiale et la pollution atmosphérique, et ainsi interférer sur les pollens et les pollinoses", prévient l'Agence. "Depuis quelques décennies", la date de début de pollinisation de nombreuses espèces végétales "tend à devenir plus précoce", en lien avec le changement climatique. Ce qui a pour conséquence d'allonger la durée de la pollinisation "en moyenne d'une quinzaine de jours".

Des études expérimentales montrent également que "l'élévation des températures atmosphériques et de la concentration en CO2 rend certains pollens plus allergisants". Ainsi, il a été observé que la quantité d'allergènes dans les grains de pollen de bouleau et d'ambroisie "augmentait avec la température". Le changement climatique pourrait également "influencer la répartition géographique des plantes, avec une translation (déplacement) du sud vers le nord de certaines espèces (olivier, frêne)", ajoute l'Anses.

La pollution atmosphérique pointée du doigt

Certains polluants chimiques peuvent également "moduler la réaction allergique de différentes manières" : soit en abaissant le seuil de réactivité bronchique et/ou en accentuant l'irritation des muqueuses nasales ou oculaires chez les sujets sensibilisés, soit en modifiant l'allergénicité des grains de pollen, "par modification de leur paroi et de leur contenu protéique" et donc de "leur potentiel allergisant", explique l'Agence.

Par exemple, l'ozone altère les muqueuses respiratoires et augmente leur perméabilité, "ce qui engendre une réaction allergique à des concentrations de pollen plus faibles''.

Au niveau des grains de pollen, un des types d'interactions avec les polluants chimiques atmosphériques "les plus documentés est la déformation ou la rupture de la paroi du grain". Il a en outre été démontré "expérimentalement" que les allergènes du pollen pourraient "s'adsorber sur des particules", notamment des suies caractéristiques du trafic routier "mais l'importance de ce phénomène doit être précisée en conditions réelles".

L'Agence préconise "d'actualiser périodiquement les connaissances sur la prévalence des allergies aux différents pollens" dans la population générale, pour évaluer l'efficacité des politiques publiques destinées à lutter contre cette maladie.

L'Anses recommande aussi d'améliorer les connaissances sur les interactions entre pollens et pollution atmosphérique (ozone, dioxyde d'azote, particules). Elle préconise des recherches sur les facteurs climatiques influençant la quantité de grains de pollen produits et émis et la production d'allergènes dans le pollen "(quantité, température, stress, humidité…)".

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