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Eolien flottant : l'appel d'offres est ouvert

Très attendu, l'appel à projets pour des fermes pilotes d'éoliennes flottantes a été lancé le 5 août. Il porte sur quatre zones propices en Méditerranée et en Bretagne. Plusieurs industriels français sont déjà sur les rangs.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Eolien flottant : l'appel d'offres est ouvert

Il avait été annoncé par Manuel Valls en décembre dernier. L'appel à projets pour des fermes pilotes d'éolien flottant vient d'être ouvert, jusqu'au 4 avril 2016. Il vise des parcs de trois à six éoliennes à l'échelle 1, pour une puissance unitaire de 5 MW minimum. Un même projet pourra tester plusieurs technologies.

Les projets devront se situer sur l'une des quatre zones propices retenues fin juillet par le ministère de l'Ecologie après une phase de concertation locale. Celles-ci sont situées au large de l'île de Groix (Bretagne), du phare de Faraman (Provence-Alpes-Côte d'Azur), des étangs de Leucate et de la commune de Gruissan (Languedoc-Roussillon).

Valider la pertinence de cette technologie

Pour les projets retenus, la démonstration devra durer au moins deux ans, "étant entendu qu'en cas de succès technico-économique de la ferme pilote, des durées d'exploitation supérieures, de l'ordre de 15 ou 20 années, sont souhaitées", indique le cahier des charges. En effet, les démonstrateurs devront constituer "la dernière étape de maturation des technologies et contribuer à définir les politiques industrielles avant le déploiement commercial". Les acteurs de la filière estiment qu'il est possible de développer 6 GW d'éolien flottant à l'horizon 2030.

Ces projets devront permettre de valider la performance et la fiabilité des technologies, les moyens et les méthodes d'installation, de maintenance et de logistique, de démontrer la compatibilité de ces installations avec le réseau électrique et d'apporter un retour d'expérience sur les impacts de ces parcs sur l'environnement et les autres usages de la mer. Une analyse du cycle de vie du projet ainsi qu'un suivi environnemental de la phase de construction, d'exploitation et de démantèlement devront être réalisés.

Les projets retenus bénéficieront de financements pour la conception et le développement (1/3 maximum de subventions et de 2/3 minimum d'avances remboursables). Lors de leur exploitation, les fermes pilotes pourront également bénéficier d'un tarif d'achat pour l'électricité produite. "Le niveau de tarif sera déterminé avant la signature des conventions de financement. Le tarif sera identique pour tous les projets lauréats et quelle que soit leur implantation", précise le cahier des charges.

Se placer dans la course mondiale

Cet appel à projets "ouvre de nouveaux marchés aux industriels français des énergies renouvelables", se félicite le syndicat France énergie éolienne (FEE). "La confirmation de l'ambition du Gouvernement concernant les éoliennes maritimes flottantes est une excellente nouvelle. La France rejoint ainsi la Norvège, le Portugal et le Japon, pays pionniers dans ce domaine d'avenir", souligne son président, Frédéric Lanoë.

"Grâce à cet appel à projets, nos entreprises vont pouvoir faire la démonstration qu'elles sont prêtes à faire de l'éolien flottant une composante importante de la transition énergétique, qui contribuera à l'atteinte de l'objectif de 3 % d'énergies renouvelables en 2030, et à conquérir des marchés à l'export", se réjouit également Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables (SER). Pour ce dernier, l'éolien flottant constitue "un segment sur lequel notre pays est particulièrement en pointe, avec des acteurs industriels, des PME aux grands groupes mobilisés pour créer une filière nationale qui, à terme, sera source de plusieurs milliers d'emplois, en particulier dans les régions littorales"

Des projets déjà bien avancés

Les industriels se préparent en effet à cet appel d'offres depuis de nombreux mois. En amont, plusieurs d'entre eux ont prévu de tester leurs prototypes sur deux plateformes d'essai : SEM-REV en Bretagne et Mistral en Méditerranée.

Ces quatre projets d'éoliennes flottantes pourraient être candidats à l'appel d'offres.
 

C'est le cas des sociétés Quadran et Ideol, qui ont signé un accord de partenariat, fin 2013, autour d'un projet d'éolien flottant au large des côtes languedociennes. EolMed porte sur une phase pilote d'environ 50 MW, soit 6 à 10 éoliennes flottantes situées à plus de 15 km des côtes à horizon 2017-2018, suivie d'un parc de 500 MW à partir de 2020. Le projet devrait bénéficier du retour d'expérience du démonstrateur Floatgen, portant sur un flotteur et une éolienne de 2MW testés sur la plateforme SEM-REV. Ce projet expérimental est porté par Gamesa, en partenariat avec Ideol et cinq autres partenaires.

La société Nénuphar, dont Areva et BPI France sont actionnaires, testera quant à elle son prototype d'éolienne à axe vertical (2 MW), en partenariat avec Technip et EDF EN, sur la plateforme d'essai Mistral en 2016. Les partenaires ambitionnent de développer une ferme pilote de 30 MW au large de Fos-sur-Mer à l'horizon 2018. "Nénuphar souhaite installer son usine d'assemblage à Port-Saint-Louis, mais préfère à ce stade ne pas donner de chiffre sur les créations d'emplois possibles", indique la société.

Eolfi, qui a développé une éolienne flottante à axe vertical de 6 MW (Spinfloat), se positionne sur des projets dans le golfe du Lion (Corallium 11 et Corallium 66) et en PACA (Stenella), avec pour ambition, à termes, de développer 3 GW de fermes commerciales en Méditerranée.

DCNS et Alstom ont également signé, fin 2014, un accord de partenariat autour d'un système intégré d'éolienne flottante semi-submersible (Sea Reed) d'une puissance de 6 MW. Ces deux partenaires devraient se porter candidats pour le site situé au large de l'île de Groix.

Enfin, le portugais EDPR, qui a installé un prototype d'éolienne flottante de 2 MW au large de Porto fin 2011 dans le cadre du projet Windfloat, pourrait également être intéressé. Tout comme Engie, déjà présent sur l'éolien offshore posé, et qui pourrait avoir des ambitions sur l'éolien flottant.

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