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La relance de l'aquaculture française passera par la reconquête des écosystèmes aquatiques

L'aquaculture française va mal. Pour la relancer, le Cese propose de restaurer les écosystèmes aquatiques et de favoriser une alimentation plus locale. Une avant-première des futurs états généraux de l'alimentation.

Agroécologie  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
La relance de l'aquaculture française passera par la reconquête des écosystèmes aquatiques

"C'est un chiffre que peu de gens connaissent : 86% des produits aquatiques consommés en France sont importés", révèle Elodie Martinie Cousty, co-rapporteur de l'avis sur l'aquaculture que le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a adopté mardi 13 juin. Un chiffre qui peut paraître très surprenant au regard des ressources naturelles de la France et de la taille de son espace maritime, le deuxième au monde.

La stagnation des volumes de pêche, liée à l'épuisement des ressources halieutiques, a en effet conduit de nombreux pays à développer l'aquaculture. Tant et si bien que la production aquacole dépasse aujourd'hui celle de la pêche. Mais la France, qui était pourtant pionnière dans les années 70 et 80, est aujourd'hui à la traîne. "Depuis 20 ans, aucune entreprise de pisciculture marine n'y a été créée", indique le Cese. La conchyliculture, tout comme la pisciculture d'eau douce, ajoute-t-il, connaît de graves problèmes sanitaires et de fortes chutes de production.

Le rapport avance plusieurs facteurs explicatifs : faible portage politique, complexité administrative, retards de versement des aides publiques, conflits d'usages, mauvaise information des consommateurs… Pour répondre à ces difficultés, le Cese préconise un meilleur soutien aux entreprises : création d'un fonds de garantie aquacole, meilleure couverture sociale des travailleurs saisonniers, place plus importante accordée à l'aquaculture dans les aides européennes, mise en place d'une cellule spéciale chargée d'instruire les dossiers "installations classées".

En vue de répondre aux exigences des consommateurs, les auteurs de l'avis recommandent aussi de rendre obligatoire l'étiquetage sur l'origine des produits aquatiques et d'intégrer une composante écologique dans les signes de qualité.

Une excellente qualité des milieux est exigée

Mais les préconisations de l'avis portent aussi sur la santé des écosystèmes et sur l'alimentation des poissons. "En interaction avec d'autres usagers de l'eau (agricoles, industriels, domestiques, touristiques…), [l'aquaculture] exige une excellente qualité des milieux qu'elle ne doit pas dégrader elle-même", rappelle le Cese.

"Il faut que les espaces naturels aquatiques d'eau douce et d'eau salée soient en parfait état : il convient donc d'abord de reconquérir ces écosystèmes aquatiques, et aussi de mieux faire travailler ensemble les agriculteurs en amont, les éleveurs, aquacoles et de bétail, et toutes les autres activités en interaction avec les masses d'eaux côtières", détaille Elodie Martinie-Cousty. Pour cela, le Cese préconise de réorienter les subventions à l'hectare de la PAC au profit des pratiques agro-écologiques et de "réduire drastiquement l'utilisation des produits phytosanitaires".

Concernant l'alimentation des poissons d'élevage, "l'aquaculture est encore très fortement dépendante des ressources halieutiques et de la pêche minotière (…) que les principaux fournisseurs d'aliments aquacoles utilisent", rappelle Mme Martinie-Cousty. Aussi, les rapporteurs recommandent-ils d'intensifier la recherche afin de réduire la part des farines et huiles de poissons au profit de protéines végétales issues des territoires où sont implantées les fermes piscicoles.

"Cette nouvelle stratégie suppose des éco-innovations pour permettre à l'aquaculture de devenir à la fois complémentaire de la pêche et de l'agriculture auxquelles elle peut offrir de nouveaux débouchés", résument les associations formant le groupe Environnement et Nature du Cese.

Une stratégie qui devrait trouver toute sa place lors des états généraux de l'alimentation que le candidat à la présidence de la République Emmanuel Macron avait annoncé vouloir organiser dans les premiers mois de son mandat.

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