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Quand les militaires s'emparent de l'enjeu climatique

Une conférence internationale réunit aujourd'hui à Paris les ministres de la Défense autour de l'enjeu du climat. L'illustration, parmi d'autres, d'une prise de conscience de plus en plus forte du problème par les forces armées.

Gouvernance  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

Les initiatives montrant la prise en compte de l'enjeu climatique par les responsables de la défense se multiplient. Paris accueille ce mercredi 14 octobre, en amont de la COP 21, une conférence internationale sur les enjeux des changements climatiques en matière de sécurité internationale et leurs impacts sur les politiques de défense.

Au menu de cette conférence  qui réunit une trentaine de délégations internationales ? L'amplification des risques sécuritaires résultant du changement climatique : pressions sur les ressources naturelles menaçant la sécurité alimentaire et aggravant les conflits, événements climatiques extrêmes menaçant directement la sécurité humaine et nécessitant un soutien aux opérations de secours, etc.

Résolution de l'OTAN

L'assemblée parlementaire de l'OTAN, de son côté, a adopté le 12 octobre à Stavanger (Norvège) une résolution appelant les pays membres de l'Alliance à conclure un accord de Paris ambitieux et juridiquement contraignant, et à se montrer à la hauteur des engagements qu'ils prendront. "Bien qu'elles n'engagent pas les gouvernements de l'Alliance ni l'OTAN en tant que telle, les résolutions de l'assemblée influencent l'orientation que prendront leurs politiques", indique cette dernière dans un communiqué.

L'assemblée se dit convaincue que "les risques liés au changement climatique affecteront la sécurité internationale par un accroissement des catastrophes naturelles, des tensions sur la sécurité économique, alimentaire et hydrique, des risques pour la santé publique, des migrations internes et internationales, et de la concurrence pour les ressources". Elle demande aux membres de l'Alliance de reconnaître pleinement que les risques liés aux changements climatiques sont "d'importants multiplicateurs de menace".

"La sécurité de l'Alliance est en jeu. Le changement climatique accroît le risque de conflits violents en exacerbant leurs sources connues, comme la pauvreté et les chocs économiques. Il est temps d'agir", alerte Philippe Vittel, député français auteur de cette résolution mais aussi d'un rapport plus détaillé sur les implications du changement climatique pour la sécurité internationale. "Le changement climatique est probablement le défi le plus crucial et le plus difficile du XXIe siècle", estime le parlementaire dans ce rapport.

"Angle mort de notre réflexion stratégique"

Les choses avancent également au plan national. La commission des affaires étrangères du Sénat a publié le 9 octobre un rapport qui analyse les conséquences stratégiques à long terme du dérèglement climatique. "C'est un angle mort de notre réflexion stratégique, alors qu'il est évident que les équilibres mondiaux seront bouleversés", juge l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui préside cette commission.

A travers ce travail, les sénateurs se sont plus particulièrement penchés sur la montée du niveau de la mer et sur l'évolution de la région arctique. "Le réchauffement, qui est deux fois plus rapide en Arctique qu'ailleurs, pourrait conduire à l'émergence d'un nouvel espace d'échanges et d'activités économiques", estime Cédric Perrin, co-rapporteur. Ce qui occasionnera un changement géostratégique majeur.

"La problématique des réfugiés climatiques sera massive", alerte par ailleurs Leila Aïchi, co-rapporteur, qui était déjà à l'initiative du Livre vert de la défense publié en février 2014. Une augmentation du niveau marin de 50 cm devrait en effet entraîner le déplacement de 72 millions de personnes. "Nombre des Etats concernés risquent d'être très démunis pour y répondre, avec un risque de fragilisation, voire d'effondrement de leurs équilibres internes. Ces déplacements seront aussi très probablement internationaux, notamment lorsque de vastes espaces sont menacés de submersion, remettant en cause l'intégrité territoriale, voire l'existence même de certains Etats", conclut le rapport sénatorial.

Approche globale et transfrontalière

La prise en compte des enjeux climatiques pour la sécurité et la défense ne préoccupe toutefois pas que les seuls parlementaires, comme le montre l'organisation de la conférence d'aujourd'hui initiée par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Depuis le rapport des députés Schneider et Tourtelier qui pointait en 2012 le retard de l'armée française en la matière, les choses semblent avoir évolué. "Il n'y a pas de développement sans sécurité, et pas de sécurité sans développement", estime aujourd'hui le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées, qui se dit de plus en plus convaincu que seule une approche globale et transfrontalière permettra de résoudre les crises.

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