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La chasse au courlis cendré est de nouveau autorisée

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Le ministère de la Transition écologique a publié, ce vendredi 2 août, un arrêté qui autorise de nouveau la chasse au courlis cendré, une espèce menacée de disparition. Jusqu'au 30 juillet 2020, l'arrêté fixe à 6.000 oiseaux le quota de courlis cendré pouvant être chassés sur tout le territoire français.

En août 2018, le ministère avait prolongé d'un an le moratoire sur la chasse de cette espèce, soit jusqu'au 30 juillet 2019, excepté sur le domaine public maritime. "Cette période fait suite à deux périodes de suspension de la chasse de l'espèce : de 2008 à 2013, de 2015 à 2018", rappelait-il. En France, cet oiseau échassier est classé "vulnérable" pour les effectifs nicheurs et en "préoccupation mineure" pour les hivernants sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La chasse au courlis cendré reprend, à partir de ce samedi 3 août, "sur le domaine public maritime des départements côtiers de la façade maritime de l'Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord ", selon l'arrêté. Sur le reste du territoire, le courlis cendré pourra être chassé à partir du 15 septembre.

Le courlis cendré fait partie des espèces chassables qui avaient été soumises à l'avis du comité d'experts sur la gestion adaptative. En mai dernier, ce comité, mis en place par le ministère, avait recommandé "de n'autoriser aucun prélèvement de courlis cendré sur l'ensemble du territoire national, y compris le domaine public maritime". Dans un communiqué, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a fustigé la décision de la ministre autorisant la chasse de l'espèce. "Non seulement le ministère n'a pas suivi l'avis des experts ni tenu compte des 8.574 contributions majoritairement défavorables de la consultation publique, mais il a élargi la zone de chasse à l'ensemble du territoire", dénonce l'association. Et d'ajouter que la France "reste le dernier pays de l'arc Atlantique à autoriser la chasse du courlis cendré".

Un autre arrêté est en préparation qui concerne la tourterelle des bois, classée "vulnérable" par l'UICN. Fin juillet, après une plainte de la LPO, la Commission européenne a mis en demeure la France de renforcer la protection de la tourterelle des bois. Or, "la ministre souhaite autoriser le tir de 30.000 tourterelles à partir du 31 août (pour la saison 2019-2020)", a décrié la LPO. L'association prévoit d'attaquer les deux arrêtés en question.

En revanche, le moratoire sur la chasse de la barge à queue noire continue jusqu'au 30 juillet 2020 en France.

Réactions2 réactions à cet article

 

Une reculade de plus de l'Etat face à la pression des chasseurs et de leur très influente fédération nationale ! Toujours le même scénario pitoyable d'un mauvais film de série Z !
Autoriser la ré-ouverture de la chasse au Courlis cendré en zone maritime "offre" plusieurs "avantages" :
- fragiliser les effectifs d'un espèce classée vulnérable, laissant ainsi espérer d'avoir un jour chez soi un trophée portant la mention "dernier Courlis de France tué le ... à..." ou "espèce éteinte grâce à l'action énergique des chasseurs français",
- provoquer un fort dérangement de toutes les autres espèces (la chasse est reconnue par l'UE comme un facteur de dérangement, ce que les chasseurs ont très longtemps cherché à minorer), notamment celles finissant leur reproduction, en pleine période d'élevage des jeunes, ou d'autres en migration post-nuptiale, les fragilisant donc également,
- montrer aux touristes aoutiens le vrai visage de la chasse, aux antipodes de l'image de gestionnaire responsable de la biodiversité qu'on cherche à nous vendre à longueur de communiqués et de commissions préfectorales ou ministérielles.
La chasse est bel et bien une plaie pour la biodiversité mais aussi pour la démocratie française, dont ses représentants l'affectent gravement de leurs sempiternelles compromissions, petits arrangement ou veulerie inacceptables.
Ces remarques valent aussi pour la chasse à la Tourterelle des bois, qui n'est rien d'autre chose qu'un passe-droit anticipé en territoire intérieur.

Pégase | 03 août 2019 à 11h23
 
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Entièrement d'accord avec le commentaire de Pégase. Une honte, à force de placer les chasseurs partout, voilà le résultat.

BJ50320 | 08 août 2019 à 11h15
 
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