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Fort de Vaujours : "rien ne s'oppose" à la reprise des démolitions

L'ASN et la préfecture de la Seine-Saint-Denis ont donné leur feu vert à Placoplatre pour relancer la démolition des bâtiments de l'ancien centre atomique, l'étape préalable au projet d'exploitation par la société du gisement de gypse sur le site.

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Fort de Vaujours : "rien ne s'oppose" à la reprise des démolitions

Suite à un avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) daté du 20 mars, Philippe Galli, préfet de la Seine-Saint-Denis, a autorisé le 5 mai la société Placoplatre, filiale du groupe Saint-Gobain, à reprendre ses travaux de démolition des bâtiments de l'ancien centre atomique situé sur le Fort de Vaujours (départements 77 et 93). Cette démolition constitue l'étape "préalable" au projet d'exploitation par Placoplatre du gisement de gypse sur le site qui doit faire l'objet d'une autorisation préfectorale, a souligné la société.

Impacts radiologiques "très faibles" des travaux

Dans un avis daté de mai 2014, l'ASN avait suspendu la seconde phase de travaux de démolition visant 215 bâtiments du site, après avoir saisi l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), jugeant le dossier, présenté par Placoplatre, insuffisant pour "apprécier le risque de contamination radiologique" lié à ces démolitions. Placoplatre avait déjà commencé à démolir 24 bâtiments en avril-mai 2014.

La société a modifié son dossier : sa stratégie de démolition va de la caractérisation des bâtiments - intégrant la réalisation d'éventuels contrôles radiologiques - à la gestion des déchets et des matériaux de démolition. Le nouveau protocole de suivi radiologique établi par la société a été transmis à l'ASN le 27 octobre 2014. Dans un avis daté du 23 janvier 2015, l'IRSN, saisi par l'ASN, a évalué les modalités d'exécution de ses travaux de démolition. L'IRSN estime que les risques radiologiques encourus sont "très faibles et que, sous réserve d'orienter l'ensemble des déchets issus des assainissements vers le centre de stockage de Morvilliers (CIRES), les travaux de démolition envisagés par la société Placoplatre ne présentent pas de caractère rédhibitoire", dans son avis paru le 6 mai. L'IRSN conclut qu'il est "très vraisemblable que la plus grande partie des bâtiments à démolir ne sont pas contaminés".

L'ASN observe par conséquent que les résultats des évaluations d'impact réalisées pour les travailleurs et le public concluent à des doses de radioactivité "susceptibles d'être reçues très faibles voire négligeables", selon son avis paru également le 6 mai. Le gendarme du nucléaire a toutefois appelé la société à garantir la radioprotection des travailleurs et de l'environnement via  la mise en œuvre de "dispositions supplémentaires", avant les démolitions.

Contamination possible à proximité des postes de tirs

Le gendarme du nucléaire estime en effet qu'une "incertitude" subsiste concernant la contamination "éventuelle des surfaces externes de bâtiments, ainsi que des aires extérieures ayant pu être exposées aux tirs à l'air libre". L'ASN recommande donc que des mesures radiologiques complémentaires soient réalisées préalablement à la démolition, "non seulement sur des surfaces externes de bâtiments et des zones à proximité des postes de tirs, mais également sur certaines surfaces de bâtiments situés à l'extérieur du fort central". L'ASN demande une contre-expertise "indépendante" pour le suivi des opérations de caractérisation ou d'assainissement qui seront réalisées. "Si des surfaces extérieures s'avéraient contaminées, l'ASN considère que les services de l'Etat devraient en être informés sans délai", a-t-elle prévenu.

L'IRSN avait pris note de l'engagement de l'exploitant à effectuer les vérifications et assainissements complémentaires visant à "démontrer l'atteinte d'un très faible niveau de contamination résiduelle des bâtiments et des aires considérés, en tout état de cause inférieur aux objectifs d'assainissement retenus pour les bâtiments et les sols du site (1 becquerel par gramme (Bq/g) et 5 Bq/g respectivement)".

Seul le risque associé à la toxicité chimique de fragments d'uranium (pépites), qui ne sont à priori susceptibles d'être trouvés que dans les postes de tirs ou à proximité des zones de tirs aériens, ne peu être "exclu en cas d'ingestion de plusieurs d'entre eux", a précisé l'IRSN.

Des déchets de très faible activité

En matière de gestion des déchets et des matériaux de démolition, l'ASN considère qu'il convient de "diriger l'ensemble des déchets issus de l'écroutage (élimination par grattage de la surface d'une paroi, ndlr) des postes de tirs et, d'une manière générale, l'ensemble des déchets issus de zones de contamination identifiées vers la filière d'élimination des déchets de très faible activité".

La société Placoplatre s'est engagée "à respecter scrupuleusement les recommandations de l'ASN et, en l'état, rien ne s'oppose à la poursuite de la démolition qui commencera par les bâtiments n'ayant jamais fait l'objet de stockage, d'utilisation ou de transit d'aluminium", a annoncé le préfet de la Seine-Saint-Denis.

Les mesures radiologiques complémentaires ont "d'ores et déjà été réalisées et ont été transmises à l'ASN. Elles ne font pas apparaître de points singuliers", a ajouté le préfet. La société s'est également engagée à mettre en place "un dispositif d'autocontrôle". Placoplatre a missionné le bureau d'étude international Algade, accrédité Cofrac, afin de procéder à une vérification des mesures ou prélèvements qui sont réalisés. "Un écroutage systématique des postes de tirs sera réalisé avec évacuation des gravats en filière spécialisée", a assuré la société.

"Seule une voire plusieurs expertises indépendantes peuvent réellement garantir que la sécurité des habitants sera assurée … Ou pas", a indiqué Sandrine Rousseau, porte-parole du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) en réclamant "l'abandon total et définitif" du projet de carrière.

Le chantier "sera ouvert aux élus et aux associations par des visites dans les prochaines semaines pour permettre de constater les différents dispositifs mis en place dans le respect des recommandations émises par l'ASN", a indiqué Placoplatre.

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