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Inspection ASN de Paluel : quand le "burlesque" devient "un constat d'écart notable"

L'ASN vient de publier sur son site la lettre de suite de la visite de contrôle menée fin novembre à laquelle ont participé des parlementaires. L'Autorité fait un constat d'écart notable et détaille les problèmes rencontrés par les employés.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
Inspection ASN de Paluel : quand le "burlesque" devient "un constat d'écart notable"
La centrale de Paluel
© EDF
   

Des situations parfois "burlesques". Tel est le commentaire émis par les présidents de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), Claude Birraux, député (UMP) de Haute-Savoie, et Bruno Sido, sénateur (UMP) de Haute-Marne, le lendemain des contrôles inopinés d'usage dans les centrales nucléaires du Blayais (Gironde) et de Paluel (Seine-Maritime), conduits le 30 novembre par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Un constat d'écart notable

Pour l'ASN, il s'agit en réalité "d'un constat d'écart notable", terme rarement utilisé par l'Autorité à l'issue de ses visites d'installation nucléaire. "L'examen de la relève et les vérifications en salle de commande n'ont pas amené d'observation notable", explique l'ASN dans la lettre de suite envoyée le 2 décembre 2011 au directeur de la centrale, ajoutant que "la réalisation de l'exercice inopiné a mis en évidence les nombreuses erreurs techniques (matériel absent, locaux erronés, etc.) et les fautes d'ergonomie (questions mal formulées conduisant à des risques de mauvaise orientation au sein de la consigne) que comportaient la consigne que les intervenants devaient utiliser pour réaliser les opérations de réalimentation électrique".

Comme les Parlementaires, l'Autorité estime que "les intervenants ont su, grâce à leur connaissance technique des installations, outrepasser les erreurs de la consigne pour parvenir à réaliser l'opération". Cependant, "ceci ne répond pas à la rigueur attendue dans la gestion d'une procédure incidentelle ou accidentelle", poursuit la synthèse de la visite, concluant que "cette inspection a fait l'objet d'un constat d'écart notable".

Deux demandes d'actions correctives

Par ailleurs la lettre formule deux demandes d'actions correctives.

Tout d'abord, le document critique le déroulement du scénario testé par l'ASN. En l'occurrence, il s'agissait de réalimenter le réacteur 1 par l'électricité du réacteur 2, en mettant en œuvre une consigne incidentelle appelée I-LHT-2. "Le déroulement de l'exercice a montré que cette consigne comportait de nombreuses erreurs techniques, préjudiciables à son utilisation", estime l'ASN qui précise que "ces erreurs sont majoritairement liées au fait la turbine à combustion du site a été remplacée". Il est donc demandé à EDF "de réviser la consigne I-LHT-2 et de tester à blanc la totalité des scénarios de réalimentation couverts par cette consigne". Une demande qui doit s'appliquer "d'une manière générale [aux] consignes incidentelles".

La seconde correction concerne le repérage de certains équipements. "Lors du passage dans les locaux du contrôle-commande de la [nouvelle turbine], il a été constaté que ni le local, ni l'armoire électrique de contrôle-commande ne comportent de repérages conformes à la nomenclature utilisée", rapporte l'ASN, demandant donc que l'opérateur procède "à la mise en place du repérage des locaux et des matériels de la [turbine]".

Histoires de clés

L'ASN demande d'autre part à EDF de fournir des informations sur cinq points.

Parmi ces points se trouve le fait qu'une clé permettant d'ouvrir les coffrets de stockage des clefs de manœuvre électrique soit indisponnible. "Il a été constaté que le coffret (…) était fermé avec des serrures différentes des clefs (…) habituellement utilisées sur ce site, ce qui a conduit à un retard dans l'ouverture de ce coffret", rappelle l'ASN qui demande donc que soit "[précisée la politique de l'opérateur du site] en matière de fermeture des coffrets regroupant les clefs de manœuvre électrique". Lors de la visite, "Il a été expliqué en synthèse, que le changement de canon de ces coffrets était une mesure de sécurité, destinée à éviter qu'un intervenant non habilité ait accès aux clefs de manœuvre". Cependant, "le chargé de consignation en poste lors de l'exercice semblait ignorer cette évolution, qui ne semble par ailleurs, pas uniforme sur le site".

De même, une autre demande d'information vise une autre clé introuvable. "La mise en œuvre de la consigne I-LHT-2 nécessite l'utilisation d'une clef de manœuvre spécifique", explique la lettre déplorant qu'"au moment de l'inspection, cette clef était indisponible sur site". En effet, "elle était en commande", ont expliqué les employés de la centrale aux inspecteurs de l'ASN, qui dans la lettre de suite demandent "la date de livraison de la clef", ajoutant qu'"il aurait par ailleurs été souhaitable que cette clef soit disponible sur site au moment de la mise en service de la [turbine]".

Enfin, s'agissant de la nouvelle turbine qui semble être à l'origine de nombreux problèmes, la lettre de suite rapporte qu'"il a été indiqué aux inspecteurs que la nouvelle [turbine] n'avait toujours pas fait l'objet d'une réception définitive, en raison de difficultés contractuelles avec le fournisseur". Aussi, l'ASN demande à l'opérateur de lui "transmettre un état des écarts restant à traiter en vue de la réception définitive de la [turbine] ainsi qu'un échéancier prévisionnel".

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