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Radioéléments à usage médical : l'ASN alerte sur les risques de conflits entre santé et sûreté nucléaire

L'ancienneté des installations mondiales de production de radioéléments fait craindre des pénuries dans le milieu médical. L'ASN met en garde face à la tentation de prolonger la durée de vie de ces réacteurs et prône l'économie des radioéléments.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Radioéléments à usage médical : l'ASN alerte sur les risques de conflits entre santé et sûreté nucléaire
Simulation du futur réacteur français RJH
© CEA
   
Dans le cadre de la détection ou du traitement de nombreuses pathologies, la médecine utilise des marqueurs radioactifs. Le plus utilisé est le technétium 99-métastable pour l'imagerie médicale et notamment la scintigraphie. Les domaines visés sont la cancérologie, les maladies infectieuses, les fractures osseuses… On estime à 8 millions, le nombre d'examens réalisés en par an Europe à l'aide de ce radioélément, dont 1,5 millions en France. Ces radioéléments sont fabriqués dans des réacteurs nucléaires de recherche exclusivement dédiés à cette production. Le technétium 99-métastable est ainsi fabriqué à partir du molybdène 99, lui-même obtenu par irradiation neutronique d'uranium enrichi.

Problème, les réacteurs nucléaires capables de fabriquer ce radioélement essentiel sont anciens. L'essentiel de la production mondiale de technétium 99-métastable provient actuellement de cinq réacteurs de recherche : NRU à Chalk River au Canada mis en service en 1957 (40% de la production), HFR à Petten aux Pays-Bas mis en service en 1961 (30%), Safari à Pelindaba en Afrique du Sud mis en service en 1965 (10%), BR2 à Mol en Belgique mis en service en 1961 (9%) et OSIRIS à Saclay en France mis en service en 1965 (5%).
L'ancienneté des installations fait craindre des fermetures répétées et des pénuries de radioéléments. En 2007, au Canada, un arrêt pour maintenance prolongée du réacteur NRU a entraîné une pénurie de technétium à l'échelle internationale pendant plusieurs semaines. De la même façon, aux Pays-Bas, un arrêt inopiné du réacteur HFR en 2008 a entraîné une situation de pénurie qui a contraint les services médicaux à réduire leurs programmes d'examens.

L'autorité de sûreté nucléaire (ASN) française responsable du contrôle de la sûreté du réacteur OSIRIS craint que de telles situations se reproduisent à court et moyen terme. La conjonction d'arrêts simultanés de plusieurs de ces réacteurs est inévitable, explique l'ASN évoquant plusieurs raisons à cela : opérations de maintenance ou de modification, vieillissement des matériels et structures. L'ASN précise d'ailleurs que le réacteur OSIRIS fera l'objet de travaux entre mars et septembre 2010 et que les réacteurs NRU au Canada et HFR doivent encore faire l'objet de réparations lourdes à la suite de la découverte de fuites. Le NRU est déjà à l'arrêt depuis mi-mai 2009 et le restera au moins jusqu'au printemps 2010.

De plus les réacteurs de remplacement ne seront pas disponibles à court terme. Selon l'ASN les deux réacteurs Maple construits au Canada pour succéder au réacteur NRU ne fonctionnent pas et le réacteur RJH en France risque de ne pas entrer en service avant l'arrêt du réacteur OSIRIS prévu au plus tard en 2015 selon une décision de l'ASN de décembre 2008.

Face à cette situation, l'autorité entend alerter les parties prenantes sur la nécessité de prévenir les conflits entre santé publique et sûreté nucléaire dans la production de ces radioéléments : le risque de pénurie de radioéléments à usage médical ne doit pas conduire à faire l'impasse sur la sûreté des réacteurs qui les produisent. L'autorité prévient que la solution n'est pas de prolonger l'exploitation des réacteurs anciens, ce qui mettrait en jeu la sûreté de ces installations. Pour l'ASN, la solution passe par une concertation et une réflexion entre les Etats au plan international pour renforcer la coordination entre les exploitants de réacteurs sur les plannings de maintenance, optimiser l'utilisation du technétium 99m, rechercher des méthodes alternatives de production ou encore étudier le recours à d'autres méthodes d'imagerie médicale.

Réactions1 réaction à cet article

 
Entre vérités et mensonges quelles contracdictions

Entre et vérités et mensonges quelles contradictions choisir?
Les doses injectées sont chez certains patients cancéreux, administrées jusqu'à trois ou quatre fois sur une année. Quand on sait les graves répercussions que ce produit engendre au niveau des reins avec une seule dose et que le technétium entraine aussi des cancers. Ne vaut-il pas mieux trouver d'autres solutions moins agressives


ULTRATECHNEKOW FM, générateur de technétium (99m Tc) - Effets indésirables

4.8 Effets indésirables

Des réactions allergiques ont été rapportées après l'injection de pertechnétate (99mTc) de sodium; elles comprennent urticaire, œdème facial, vasodilatation, prurit, arythmies cardiaques et coma.
Pour tout patient, l'exposition aux radiations ionisantes doit être justifiée par le bénéfice diagnostique attendu. La radioactivité administrée doit être telle que l'irradiation qui en découle soit aussi faible que possible, en gardant à l'esprit la nécessité d'obtenir le diagnostic requis.
L'exposition aux radiations ionisantes peut éventuellement induire des cancers ou développer des déficiences héréditaires. Les examens de médecine nucléaire effectués à des fins de diagnostic utilisent des activités tellement réduites que la possibilité de provoquer ces effets indésirables est extrêmement faible. Des doses plus fortes peuvent être justifiées dans certaines circonstances cliniques.
Pour la plupart des examens de médecine nucléaire, la dose de radiations délivrée (Dose Efficace) est inférieure à 20 mSv.




Contre-indications, limites, effets secondaires :

· La seule contre-indication est la GROSSESSE, sauf dans le cas de la recherche d'embolie pulmonaire (urgence médicale) par la scintigraphie pulmonaire de perfusion qui entraîne une irradiation trop faible pour être contre-indiquée même chez la femme enceinte.

· L'allaitement doit être interrompu (mais entretenu) durant 1 jour (99mTc) et 3 jours (123I).

· Si un examen radiologique a été fait avec injection d'un produit de contraste iodé radiologique, un délai minimum de 6 semaines doit être respecté avant la réalisation d'une scintigraphie thyroïdienne.

· Tout traitement hormonal thyroïdien, substitutif ou freinateur, doit être interrompu au moins 4 semaines avant la réalisation d'une scintigraphie thyroïdienne.

· Aucun effet secondaire du produit. Notamment, les scintigraphies à l'iode peuvent être réalisées chez les patients avec antécédents d'allergie aux produits iodés utilisés en Radiologie.

mardif | 24 septembre 2009 à 10h10
 
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