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Actu-Environnement

''Notre ambition est que la HQE s'adresse à tous les maîtres d'ouvrages et non aux seuls 1% qui se distinguent''

Du 17 au 19 mars 2009 se dérouleront à Lille les 6èmes Assises de la démarche Haute Qualité Environnementale. Conscients d'avoir impulsé une énergie positive lors du Grenelle de l'environnement, les membres de l'association HQE ne désarment pas. La directrice de l'association, Anne-Sophie Perrissin-Fabert nous projette dans l'avenir de la démarche.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Camille Saïsset  |  Actu-Environnement.com
   
''Notre ambition est que la HQE s'adresse à tous les maîtres d'ouvrages et non aux seuls 1% qui se distinguent''

   
AE : Qu'est ce qui a déclenché la création de l'association HQE ?
Anne-Sophie Perrissin-Fabert :
En 1996, l'association a été créée après divers travaux de recherche sur la Haute Qualité Environnementale (HQE), pour encourager le développement de bâtiments sains, de moindre impact sur l'environnement et le cycle de vie. À cette époque, c'était un pari : on ne parlait pas beaucoup du bâtiment. Dès le départ, l'idée fut de travailler avec tous les acteurs, et de tirer vers le haut tous les secteurs concernés. Ce qui explique que dans nos membres, on trouve bien sûr des représentants du secteur du bâtiment, mais aussi de bureaux d'études, d'ingénierie, d'entreprises de constructions, de matériaux, de maîtrise d'ouvrage publique et privée, etc. Et en 2004, l'association a été reconnue d'utilité publique.

AE : Où en est le développement de la démarche HQE ?
ASPF :
Des démarches HQE, elles sont nombreuses, des Tours de La Défense aux HLM de villes de Lozère. Mais aujourd'hui, nous manquons de visibilité sur leur mise en œuvre réelle, sauf en ce qui concerne les acteurs certifiés NF HQE et les maisons individuelles Céquami. Nous travaillons avec des certificateurs accrédités COFRAC, sur les certifications Certivéa et Cerqual, pour gagner en visibilité. Notre ambition est que la HQE s'adresse à tous les maîtres d'ouvrages et non aux seuls 1% qui se distinguent dans la communauté. Mais les effets d'entraînement passent nécessairement par quelques acteurs qui y croient, comme l'Ademe ou encore certaines collectivités et entreprises.

AE : Quelle est votre stratégie pour toucher le plus grand nombre ?
ASPF :
Au sein même de notre organisation, nous disposons de divers groupes de travail, sur les référentiels, l'aménagement, etc. Nous disposons d'une charte de formation continue à la démarche HQE. Et puis, sur le terrain, nous menons des actions via les centres de ressource QECB pour les professionnels, et via les points info énergie de l'Ademe pour les particuliers. L'Ademe, qui vient d'ailleurs décider d'être référent régional, pour aider à la capitalisation des connaissances, à l'élaboration des bases de données d'opérations, etc.

AE : Lors du Grenelle de l'environnement, le bâtiment a reçu une attention toute particulière. Cet événement a-t-il répondu à vos espérances ?
ASPF :
Il y avait un sujet mûr, l'énergie, dont le Grenelle s'est emparé, y compris du côté médiatique et politique. Notre principale satisfaction, c'est de voir qu'aujourd'hui la HQE et ses 14 cibles sont passées dans la conscience collective. La norme française qui définit la QEB est inspirée à 99 % par la démarche HQE. On est passé de la culture de moyens à la culture de résultats. Une performance énergétique de 50 KWh/m2/an, c'est 50 ans de travail derrière. Mais il reste à faire encore beaucoup en terme de consommations d'eau, de qualité de l'air intérieur, de santé, etc. Oui, la performance énergétique, c'est important. Mais la QEB également ! On ne va pas substituer le débat sur le développement durable à celui sur le CO2 !

AE : La démarche HQE reste-t-elle compatible avec les labels HPE, THPE et BBC, eux aussi mis avant lors du Grenelle de l'environnement ?
ASPF :
L'Association a su apporter les évolutions nécessaires à la démarche HQE qu'elle promeut pour être en cohérence avec le cap tracé en octobre dernier par le Grenelle en particulier en termes de performance énergétique. Ainsi, la cible énergétique des référentiels de certification NF Ouvrages-démarche HQE s'appuie désormais directement sur les labels de performance énergétique. Considérant le label HPE (Haute Performance Energétique) comme un minimum, l'Association recommande de viser l'obtention du label THPE (Très Haute Performance Energétique) ou mieux encore du label BBC (Bâtiment Basse Consommation) en attendant le label BEPOS (Bâtiment à Energie Positive). La Démarche HQE est donc parfaitement compatible avec les labels de performance énergétique et même complémentaire.

AE : Comment envisagez-vous le post-Grenelle ?
ASPF :
Le grenelle a été un temps durant lequel on a acté ce qui était de l'ordre du consensus en matière d'environnement. Si on l'a fait c'est que, derrière, les entreprises pouvaient le faire et que du point de vue économique, c'était possible. Il y a eu une sagesse politique qui a repéré qu'il manquait un tour de table pour acter ce consensus. Le fruit était mûr, alors que dix ans auparavant, personne n'aurait signé. Mais sur le terrain, il reste encore un boulot colossal. Et maintenant, nous nous obligeons à fixer de nouvelles perspectives, pour rester précurseurs et avoir en 2030 un bâtiment plus ambitieux qu'en 2012.

AE : La crise financière actuelle ne risque-t-elle pas de freiner cette mutation du secteur du bâtiment ?
ASPF :
Dans un contexte de crise économique, financière et environnementale, en effet, le risque est qu'on ne fasse plus de qualité, mais du non durable. C'est sérieusement une option que le marché pourrait prendre. Vous avez réalisé des bâtiments exemplaires. La phase d'expérimentation est passée. Aujourd'hui, nous sommes dans cette phase de généralisation où nous interrogeons les acteurs et regardons si construire HQE fait partie de leur stratégie, comme un véritable axe de développement. Dans le business plan, il faut que ça passe. Ce qui suppose une mutation de fond des pratiques de l'entreprise, en phase avec la démarche HQE. Les acteurs réfléchissent à cela. Mais c'est vrai qu'on sent que c'est une période difficile. Les acteurs n'ont pas de budget de déplacement, ils sont plutôt dans leur quotidien avec des comptes à la fin de chaque semaine et peu de développement…

AE : Prochainement vont se dérouler les 6èmes Assises nationales de l'association HQE. Qu'espérez vous de cet événement ?
ASPF :
Le premier lycée HQE a été construit à Calais. Nous sommes heureux de revenir sur ce territoire, de retourner aux sources pour annoncer l'avenir. A ces Assises, nous attendons de 400 à 600 personnes alors qu'il y a dix ans, elles n'étaient qu'une centaine. Les acteurs vont se retrouver dans divers ateliers prospectifs. Avec une attention toute particulière à la QEB. En effet, nous avons identifié un certain nombre de bons exemples de QEB et nous aimerions lancer une étude sur le sujet, ce qui suppose de trouver des financeurs. Divers acteurs ont des politiques d'écoconditionnalité avec des aides fiscales, directes, etc. qu'ils évaluent eux-mêmes. Mais pour l'instant, ça ne semble pas vraiment intéresser, ni même d'avoir une version transversale des systèmes d'aide. Enfin, ces Assises vont être l'occasion de faire différentes annonces pour préparer le Grenelle de dans dix ans.

AE : Que pensez vous de la création récente du Réseau Santé Environnement ?
ASPF :
Nous connaissons certains des membres depuis longtemps, parfois mêmes jusqu'au cœur de notre CA ! Et quand il y a consensus sur un sujet de ce genre, nous en sommes satisfaits.

Réactions6 réactions à cet article

 
Notre nouvelle imprimerie

Les normes HQE pour un batiment industriel c'est trés bien.
j'ai fait chef de projet de 2007 à 2008 sur une nouvelle usine en haute-savoie pour la société plancher. ce batiment est ecologique car nous avons mis en place la géothermie pour la production et le stockage 6000 M2 et le système est réversible pour l'été il fait climatisation.nous avons une récupération d'eaux de pluie de 60000 litres qui nous sert pour les wc et le lavage des machines d'imprimerie.L'eau chaude est produite par un chauffe eau solaire.A l'intérieur un bac accoustique pour atténuer le bruit et une centralisation des compresseurs ,une centrlisation des rognures.nous avons aucun rejets extérieurs et tous les déchets sont gérés efficacement avec des BSD.
Pourriez vous me répondre comment un batiment une fois sa construction achevée aurait quand meme la possibilité d'etre HQE
Avez vous les coordonnées d'une personne que je pourrais rencontrer. je vous remercie

Anonyme | 12 mars 2009 à 08h20
 
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Re:Notre nouvelle imprimerie

En fait la certification actuelle en HQE porte sur une opération de construction, une fois les travaux commencé (et à fortiori achevés), il n'est plus possible de faire certifier la démarche HQE, car c'est la démarche qui est certifiée (le système de management de l'opération en fait).
Par ailleurs, la construction des bâtiments industriels n'est pas certifiée à ma connaissance (à part ceux rentrant dans le tertiaire comme la logistique).
L'association HQE est en train de développer un référentiel de certification HQE en phase d'exploitation pour les bâtiments tertiaires à priori (qui en est encore à sa version d'essai). Pour plus d'infos sur les différents référentiels, je vous invite à consulter le site du CERTIVEA, l'organisme certificateur pour le tertiaire : http://www.certivea.fr/index.html
J'espère avoir répondu à vos questions
Bonne journée,
Cordialement,
Boucheau

Boucheau | 12 mars 2009 à 08h54
 
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HQE - Eaux Usées - Eaux Pluviales

Madame,

Je connaissais le label HQE mais je découvre avec enchantement l'association qui en est à l'origine.

Très sensible à l'environnement, je suis en phase de lancer une activité professionnelle autour d'activités Assainissement Non Collectif et Eaux pluviales sur le territoire Haut Alpin.


Existe t-il des label HQE associés à ces activités§? Sont t-ils en cours de réflexion?
Sur un bâti existant, la réhabilitation d'une filière d'assainissement (selon une charte HQE?), la mise en place d'une filière de récupération-utilisation d'eaux pluviales ne pourraient ils pas pas entrainer l'obtention d'un agrément, d'un label? spécifique?

Des stations d'épurations HQE ont bien vu le jour mais il s'agit d'ouvrage pour grosse collectivité...et à l'échelle du particulier, qu'existe t-il?

Je suis persuadé qu'une partie de la population serait sensible à des reconnaissances sur ces composantes du bâti.

En attendant votre réponse.

Très cordialement.

Guillaume Raspini.

Anonyme | 12 mars 2009 à 12h43
 
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HQE

Bonjour,

Je vois que nous sommes en bonne voie.
J'espère que la norme HQHE ou autre norme équivalente sera également appliquée a tout bâtiment ou réalisation industrielle, y compris celles nécessitant une ICPE.

R. B.

Anonyme | 12 mars 2009 à 22h49
 
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Re:Notre nouvelle imprimerie

C'est tout le problème de la HQE, qui s'intéresse à la démarche, mais pas aux résultats. Et quand on voit sortir de terre en 2008 un bâtiment "HQE" dont on peut sérieusement se demander s'il respecte la RT2000 (2000, pas 2005), on ne peut que rester dubitatif sur l'intérêt réel de cette démarche. Mais ne soyons pas méchant, c'est mieux que rien, même s'il y a encore beaucoup de progrès à faire pour que cette association comprenne que son modèle se développera le jour où elle aura compris que seul le résultat compte, la démarche n'étant qu'un moyen parmi d'autres.

Armand | 12 mars 2009 à 23h47
 
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Re:Re:Notre nouvelle imprimerie

En théorie, on ne devrait pas voir de bâtiment neuf ne respectant pas la RT 2005 qui plus est quand une démarche HQE est engagée.
Bien que la démarche HQE ne s'attache normalement pas aux résultats (ni aux moyens), les référentiels HQE récemment parus obligent à se placer au niveau THPE c'est à dire 20 % de mieux que la RT 2005 (par les moyens que l'on veut, isolation renforcée et/ou énergies renouvelables...).
C'est une démarche à améliorer, mais c'est déjà un bon début à mon avis.
Boucheau

Boucheau | 16 mars 2009 à 10h01
 
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