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Atlantech, une boucle énergétique mêlant autoconsommation électrique et hydrogène

La construction d'un nouveau quartier au cœur de La Rochelle est l'occasion d'expérimenter une boucle énergétique mêlant photovoltaïque et stockage hydrogène. De nouveaux modèles économiques pour l'énergie et la mobilité vont être testés.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Atlantech, une boucle énergétique mêlant autoconsommation électrique et hydrogène
Actu-Environnement Le Mensuel N°-401 Cet article a été publié dans le hors-série d'Actu-Environnement Le Mensuel
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C'est en quelque sorte un laboratoire. De l'autoconsommation collective à la production et à la distribution d'hydrogène, en passant par le développement de nouveaux modèles de mobilité, la construction du quartier Atlantech, à La Rochelle (Charente-Maritime), s'accompagne de nombreuses expérimentations. Les 27 hectares d'un ancien terrain militaire vont progressivement accueillir logements, entreprises et activités d'enseignement, avec une ambition : être bas-carbone. La complémentarité des usages et activités de ce nouveau quartier sont autant d'atouts pour tester de nouvelles manières de produire, mais aussi de consommer l'énergie. Le tout orchestré par l'association Atlantech, créée dès le lancement du projet pour rassembler tous les acteurs engagés dans la démarche (élus, CCI, université, FFB…). Détails.

Des bâtiments Bepos à une boucle énergétique

Tout commence par les bâtiments. Atlantech accueille d'ores et déjà le siège d'une entreprise, un centre de formation d'apprentis (CFA) et des logements pour installer ces derniers. S'y ajoutent un projet de construction de 530 logements, un de zone d'activités, et enfin un autre d'agriculture urbaine sur 1,5 ha dont 400 m2 de serres. Tous ces bâtiments sont ou seront Bepos, c'est-à-dire qu'ils produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment.

« La particularité est que nous travaillons sur un quartier neuf, sur lequel tout est à construire. Les bâtiments sont performants, les besoins énergétiques sont donc réduits. Or, chacun a sa propre production. Nous proposons donc de passer à l'échelle du quartier », explique Sarah Ormazabal, chef de projet Énergie d'Atlantech.

L'association a donc évalué le potentiel énergétique de l'ensemble du quartier. Il est estimé à « 4 MWc de photovoltaïque à un tarif économiquement compétitif ». Ces 4 MWc comprennent les productions de chaque bâtiment, mais pas seulement : « L'association va compléter les surfaces de production de chaque bâtiment, créer des ombrières de parking (300 kWc) et une ferme solaire de 1,5 MWc ». L'idée : créer une boucle d'autoconsommation collective. « L'avantage, c'est que cela permet de combiner différentes typologies de consommateurs sur la même zone. Le réseau électrique est le support de la boucle. Il est complété par une boucle d'échange de données », explique Sarah Ormazabal.

Reste à convaincre consommateurs et usagers. La fourniture de l'électricité a été confiée à la société Alterna. « L'offre est à construire, à inventer pour cette boucle énergétique. Nous partons sur des contrats 100 % énergies vertes, la création d'une communauté énergétique locale… On ne peut pas imposer notre offre aux consommateurs du quartier. Il faudra donc qu'elle soit attractive », analyse Sylvain Gomont, le directeur général.

Un électrolyseur et des véhicules hydrogènes pour absorber les surplus

 
L'idée est de familiariser les usagers à l'hydrogène et de le mettre à la portée de tous. On sait que l'hydrogène est techniquement fiable, mais financièrement, il y a encore du travail.  
Christophe Philipponeau, directeur général de l'association Atlantech
 
Malgré les différentes temporalités de consommation des usagers, il faudra également gérer les surplus de production. « On a cherché, dès le départ, une solution pour consommer toute l'énergie produite. Soit on réduisait notre capacité de production, soit on stockait », explique Christophe Philipponeau, directeur général de l'association Atlantech. C'est finalement la deuxième option qui a été retenue.

Un petit stockage sur batterie permettra d'alimenter des usages collectifs, comme l'éclairage public. Des études sont en cours pour évaluer les possibilités de flexibilité liées au vehicle-to-grid (stockage, effacement…). Et, à partir de l'automne 2020, un électrolyseur va également transformer les surplus de production électrique en hydrogène. Au départ, il produira 10 kg par jour (soit de quoi alimenter un bus), mais sa production pourra atteindre 30 kg par jour. Selon les estimations, la production d'hydrogène devrait augmenter de 10 % le taux d'autoconsommation.

« Le vecteur hydrogène est intéressant mais les coûts de production sont élevés. Il fallait donc trouver des débouchés », explique Christophe Philipponeau. Atlantech répond donc à l'appel à projets de l'Ademe sur la mobilité hydrogène. « Nous n'avons pas trouvé d'opérateur donc nous l'avons créé ! », raconte le directeur général.

Luzo investissements va mettre en location 50 véhicules à hydrogène (vélos, triporteurs, petits utilitaires) sur un modèle « full service », c'est-à-dire que le tarif proposé inclura la location du véhicule et le carburant. « Pour concevoir cette offre, nous avons analysé les besoins des utilisateurs. Cela permet de se rendre compte que, parfois, un triporteur suffit pour réaliser le dernier kilomètre, quand l'usager a tendance à utiliser un utilitaire ». Pourquoi proposer du « full service » ? « À 18 € le kilo d'hydrogène produit, nous avons fait le choix de facturer l'usage et non l'énergie. Il faudrait plutôt être autour de 8 à 10 € pour être rentable » et attractif.

Mais, pour Christophe Philipponeau, l'enjeu est ailleurs : « L'idée est de familiariser les usagers à l'hydrogène et de le mettre à la portée de tous. Avec une vue systémique, on peut réduire les coûts et trouver les bonnes solutions. On sait que l'hydrogène est techniquement fiable, mais financièrement, il y a encore du travail ». L'association travaille à la réplicabilité de cette boucle énergétique sur le port de plaisance, le port industriel… L'ambition est de déployer 4 à 5 stations mixtes hydrogène / électricité sur l'agglomération.

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