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L'Ademe juge que l'autoconsommation bénéficie aux consommateurs et à la collectivité

L'autoconsommation est bénéfique aux consommateurs et à la collectivité, estime l'Ademe. C'est particulièrement vrai à court terme pour les installations en outre-mer ou sur les bâtiments tertiaires et industriels.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a publié ce jeudi 1er février un avis sur l'autoconsommation d'origine photovoltaïque. Celle-ci a un "fort potentiel", explique l'Agence, en particulier pour les toitures des professionnels, dont les besoins en consommation coïncident avec la production de l'installation. Il en est de même pour les installations dans les territoires ultramarins. Quant au marché résidentiel, la rentabilité est plus difficile à atteindre, mais il se développe grâce au soutien mis en place par l'Etat.

Demande en forte hausse

Avec la baisse des coûts du photovoltaïque, l'autoconsommation "devient progressivement économiquement attractive pour les particuliers comme pour les secteurs tertiaire, industriel et agricole", estime l'Ademe. Actuellement, dans le sud de la France, ces coûts sont proches du prix de la fourniture d'électricité : de l'ordre de 155 euros par mégawattheure (MWh) pour une installation résidentielle de moins de 3 kilowatts (kW) et 114 euros par MWh pour une grande toiture de 36 à 100 kW.

 
La rentabilité d'une installation en autoconsommation provient notamment du fait que le coût d'investissement initial dans la solution photovoltaïque est, grâce au soutien public apporté, couvert par ces économies de facture.  
Ademe
 
En conséquence, l'autoconsommation prend son essor. Avec 6.000 demandes enregistrées au premier semestre 2017, elle représente la moitié des nouvelles demandes de raccordement pour des installations dans le résidentiel. Les installations d'une puissance comprise entre 100 et 500 kW, les plus rentables, se développent aussi, mais dans le cadre d'appels d'offres. Le premier a retenu 134 lauréats pour 40 MW et un taux d'autoconsommation moyen de 97,5%. Il sera renouvelé tous les ans jusqu'en 2020 avec une enveloppe annuelle de 150 MW.

Réduire et sécuriser une partie de la facture électrique

Du côté du consommateur, l'autoconsommation permet surtout de réduire et de sécuriser une partie de sa facture d'électricité qui est moins soumise aux évolutions du tarif du fournisseur d'électricité. Avec la réglementation actuelle, la part de la facture liée à la consommation d'électrons peut être réduite de 15% à 25% dans le tertiaire. Cette économie peut monter à 70% si l'autoconsommation s'accompagne de mesures de maîtrise de l'énergie. Un bureau de 500 m2 fonctionnant 250 jours par an peut ainsi économiser 2.500 euros par an pour un investissement de 40.000 euros (25 kW installés). Un supermarché de 3.500 m2 fonctionnant 300 jours économisera 15.000 euros par an pour 240 kW installés et 300.000 euros investis. "La rentabilité d'une installation en autoconsommation provient notamment du fait que le coût d'investissement initial dans la solution photovoltaïque est, grâce au soutien public apporté, couvert par ces économies de facture."

Quant à la collectivité, elle tire quatre bénéfices de l'autoconsommation. Tout d'abord, les installations en toiture limitent les conflits d'usage du sol. Ensuite, elle permet de réduire les investissements dans les infrastructures de transport et de distribution d'électricité. Autre avantage : elle augmente la proportion d'électricité renouvelable, "tout en gardant un impact carbone faible". L'Ademe explique que dans le sud de l'Europe, l'électricité photovoltaïque produite en toiture a une empreinte carbone de l'ordre de 30 à 80 grammes de CO2 par kWh. Enfin, elle sensibilise le producteur à la gestion de ses consommations d'électricité, car la maîtrise de la consommation permet d'améliorer le taux d'autoproduction de l'installation.

Synchroniser la consommation et la production

Mais pour maximiser ces bénéfices, il faut dimensionner correctement les installations. Les sous-dimensionner limite les bénéfices, notamment en terme de baisse de la facture d'électricité des consommateurs. A l'opposé, les sur-dimensionner réduit le gain financier puisque le surplus injecté est important. L'Ademe recommande donc de s'assurer de la synchronisation de la production et de la consommation du site. Il est bien sûr possible de réaliser des mesures d'économie de consommation et de déplacer sur les heures d'ensoleillement certains usages pour améliorer la synchronisation.

Compte tenu de ces éléments, "l'autoconsommation est d'abord pertinente pour les grandes toitures tertiaires, industrielles et agricoles et pour les zones non interconnectées (ZNI)", conclut l'Ademe. C'est tout particulièrement vrai pour les ZNI, comme par exemple les régions d'outre-mer, car les courbes de consommation liées à la climatisation coïncident avec celles de la production photovoltaïque. En outre, la production électrique dans les ZNI est souvent carbonée et onéreuse.

En métropole, l'autoconsommation est plus pertinente dans le secteur tertiaire (hôpitaux, bureaux, supermarchés...), l'industrie, voire l'agriculture (élevages hors-sol). A l'heure actuelle, la rentabilité sans aide publique d'une installation en autoconsommation est déjà atteinte dans le sud de la France pour les grandes toitures (plus de 250 kW), "avec un taux d'autoconsommation de 90% et l'hypothèse d'une augmentation des prix de détails de 3% par an". Avec le système de soutien, la rentabilité est aussi assurée pour une toiture tertiaire de taille moyenne (moins de 36 kW) qui atteint un taux d'autoconsommation de 60%.

Dans le résidentiel, "l'attractivité économique [de l'autoconsommation est] moins intéressante que la vente totale de la production photovoltaïque, même avec les nouvelles conditions tarifaires et fiscales de 2017", note l'Ademe. Elle recommande donc de mettre en place des dispositifs de pilotage de la demande (box de pilotage, asservissement des chauffe-eau...), pour déplacer certains postes de consommations et améliorer la rentabilité des systèmes d'autoconsommation.

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