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L'autoconsommation solaire s'ouvre à de nouvelles perspectives

Le syndicat des professionnels de l'énergie solaire, Enerplan, a tenu, le 21 septembre, l'université annuelle de l'autoconsommation photovoltaïque. L'occasion de faire le point sur sa situation actuelle et ses perspectives de développement.

Energie  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com

Ce mardi 21 septembre, Enerplan, le syndicat des professionnels de l'énergie solaire, accueillait la Quatrième Université annuelle de l'autoconsommation photovoltaïque. Ces dernières années, cette pratique conquiert de plus en plus de Français, à l'échelle individuelle comme collective. Au 1er juillet 2021, la France comptait plus de 120 000 autoconsommateurs individuels : cela représente une augmentation de 55 % en un an et de 134 % en deux ans. Par ailleurs, 66 opérations d'autoconsommation collective sont recensées dans le pays. Forts de cette progression, les acteurs du secteur solaire entrevoient des perspectives inédites pour ce qui tend à devenir « un pilier important dans le mix énergétique », selon Daniel Bour, président d'Enerplan.

Des objectifs nationaux et européens bientôt atteints ?

Pour rappel, la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) cible, pour l'énergie solaire, les 20,1 gigawatts (GW) de puissance raccordée en 2023 (puis entre 35,1 et 44 GW en 2028). La puissance actuelle en France, au deuxième trimestre 2021, est de 12,6 GW. « Le volume installé ces derniers mois est en forte accélération par rapport à ce que nous avons connu antérieurement, confirme Sophie Mourlon, directrice de l'énergie à la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC). Il y a évidemment un facteur de rebond, qui fait suite à la crise sanitaire, mais cela constitue aussi un signe prometteur de la maturité et du dynamisme de la filière. » Afin de contribuer efficacement à l'atteinte des objectifs de la PPE, l'autoconsommation doit, quant à elle, surpasser les 200 000 autoconsommateurs en 2023. Comme l'énonce la directrice de la DGEC, la pratique « participe à l'électrification des usages, qui est notre objectif en matière de neutralité carbone en 2050 ».

L'autoconsommation a même son rôle à jouer au plan européen. À travers son paquet législatif « Fit-for-55 », la Commission européenne souhaite que les énergies renouvelables représentent 40 % du mix énergétique en 2030. « Nous atteindrons les objectifs européens si et seulement si nous développons l'autoconsommation ainsi que le solaire sur toiture », estime Naomi Chevillard, de l'association SolarPower Europe, qui prévoit qu'un peu plus de la moitié des installations solaires seront sur toiture, en autoconsommation ou non, d'ici à 2030.

Le bénéfice d'un cadre réglementaire renforcé

Dans cette optique, le gouvernement a consacré de nouvelles dispositions réglementaires en faveur de l'autoconsommation. Le Premier ministre, Jean Castex, a récemment confirmé le lancement de trois volets d'appels d'offres pour le photovoltaïque en autoconsommation (de 150 MW chacun) sur la période 2021-2026. La pénalité à la puissance injectée (ou « pénalité à l'injection ») disparaît, par ailleurs, des cahiers des charges afin de donner une « meilleure visibilité aux investisseurs pour s'engager », souligne la directrice de la DGEC.

L'installation de panneaux photovoltaïques en autoconsommation devrait aussi profiter de la nouvelle obligation de solarisation prévue dans la loi Climat et résilience. Cette mesure force tous les bâtiments publics de 500 m2 et privés de 1 000 m2, nouvellement construits ou rénovés, à équiper au moins un tiers de la surface de leurs toits en panneaux solaires ou à les végétaliser d'ici à 2024. « La filière doit jouer le jeu et s'en saisir pour proposer des solutions innovantes et performantes », recommande Sophie Mourlon.

 
« Je suis persuadé que les trente glorieuses du solaire commencent maintenant. »  
André Joffre, vice-président d'Enerplan chargé de l'innovation
 
En outre, la DGEC a annoncé, à l'occasion de cette université, finaliser « dans quelques jours ou semaines » un nouvel arrêté tarifaire étendu à 500 kWc « pour renforcer la dynamique (de la filière) ». Selon Sophie Mourlon, ce dispositif « soutiendra très bientôt de manière efficace les projets d'installation photovoltaïque sur bâtiment entre 100 et 500 kilowatts crête ». Et Daniel Bour d'Enerplan d'en conclure : « Nous avons aujourd'hui un cadre réglementaire qui prend en compte l'autoconsommation et permet son développement. »

Si l'ensemble des acteurs semble s'accorder sur ce constat, certains tendent à le nuancer. Justine Bain-Thouverez, avocate du cabinet LLC & Associés spécialisé dans le conseil en autoconsommation, atteste que cette « succession de réglementations » nécessite néanmoins « une cartographie pour savoir à qui s'applique quoi ». De plus, pour Christine Goubet-Milhaud, présidente de l'Union française de l'électricité (UFE), il ne peut y avoir « rien de pire pour la confiance des investisseurs » que la révision souhaitée par l'État (mais rejetée par le Conseil supérieur de l'énergie en juillet dernier) des tarifs de contrats photovoltaïques signés entre 2006 et 2010.

Le bâtiment comme support d'expansion

« Je suis persuadé que les trente glorieuses du solaire commencent maintenant », clame, enthousiaste, André Joffre, vice-président d'Enerplan chargé de l'innovation. Les perspectives de la filière sont effectivement au beau fixe – d'autant plus après la confirmation, de la part de Jean Castex, que celle-ci constituait la priorité du gouvernement en matière d'énergies renouvelables. En partie par association, l'autoconsommation semble jouir d'un présent et d'un avenir radieux.

« L'autoconsommation participe à rendre nos projets acceptables d'un point de vue économique », confie, par exemple, le directeur d'Elithis Immobilier, Patrice Lallemand. Cette entreprise construit des bâtiments à énergie positive – qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment – en intégrant des panneaux photovoltaïques dans l'architecture de leurs façades et de leur toiture. Cette énergie profite directement aux habitants afin de « ramener leur facture énergétique à zéro », assure Patrice Lallemand. Elithis Immobilier a prévu de construire, en dix ans dans toute la France, 100 tours à énergie positive, avec une couverture photovoltaïque représentant en moyenne 800 m2.

Vers une association prometteuse avec la mobilité électrique ?

Les acteurs du secteur solaire ont aussi salué la performance réussie de Jean-Marc Dubouloz, vainqueur du Sun Trip 2021, une course de 11 200 km de Bruxelles à Lyon, en passant par Riga ou encore Porto. Pendant trente-trois jours, le pilote français a parcouru l'Europe à bord d'un vélomobile électrique doté d'un panneau solaire de 480 watts crête... en autoconsommation. « La mobilité et le solaire sont une association qui fascine », témoigne Jean-Marc Dubouloz. Ce dernier est tellement convaincu par le couplage de la mobilité électrique et du photovoltaïque en autoconsommation qu'il a déclaré travailler avec des partenaires sur la commercialisation d'un quadricycle solaire de 80 kilogrammes pour l'an prochain.

L'idée d'un tel couplage, actuellement à un stade encore assez anecdotique, a même poussé des chercheurs de CentraleSupélec à en évaluer la pertinence à plus grande échelle. L'un d'eux, Yannick Perez, a profité de cette université pour présenter les résultats de leur étude. Cette dernière, concentrée uniquement sur les villes de Paris, Lyon et Marseille, souligne les avantages du système « vehicle-to-grid » sur la base d'un modèle s'appuyant sur les hypothèses suivantes : en 2030, 70 % des toits des villes seront équipés de panneaux photovoltaïques, 50 % des voitures individuelles seront des véhicules électriques et 26 kilowattheures de leur capacité (environ 50 %, en moyenne) seront couplés aux panneaux cités. Dans ce système, les véhicules électriques sont considérés à la fois comme une source de mobilité et comme un moyen de stockage d'électricité solaire, directement utilisée par les consommateurs ou injectée et revendue au réseau électrique.

Selon les estimations des chercheurs, la démocratisation de ce concept de mobilité en autoconsommation réduirait, à Marseille, de 56 % les émissions annuelles de dioxyde de carbone (CO2) (contre 50 % à Lyon et 48 % à Paris) et couvrirait 80 % des besoins en électricité des habitants (53 % à Lyon et 39 % à Paris). Le développement du solaire directement couplé à la mobilité électrique, le tout en autoconsommation, fait sens à moins de mettre en œuvre « une planification au niveau des métropoles », précise le chercheur Yannick Perez. « Le bidirectionnel (la capacité à réutiliser de l'énergie électrique stockée dans un véhicule électrique) ne pose technologiquement aucun soucis, confirme Antoine Herteman, président d'Avere France. Le problème réside au niveau comportemental, chez l'utilisateur, et juridique, vis-à-vis des nécessaires autorisations à réinjecter l'électricité produite. »

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