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Etude d'impact du projet Cigéo : ce que doit prévoir l'Andra

En vue de la préparation de l'étude d'impact environnemental du projet de stockage de déchets radioactifs Cigéo, l'Andra a sollicité un cadrage préalable auprès de l'Autorité environnementale. Eléments de réponse.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°328 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°328
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Alors que le débat public sur le projet de stockage de déchets radioactifs Cigéo entame une pause estivale, les procédures administratives se poursuivent du côté du porteur du projet. Maître d'ouvrage sous la tutelle du ministère de l'Ecologie, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a sollicité l'Autorité environnementale pour préparer l'étude d'impact du projet. Ce cadrage préalable permet au maître d'ouvrage de mieux cibler son étude et par conséquent de limiter les risques de "passer à côté" d'un élément majeur. L'Autorité environnementale vient de rendre son avis. Si elle ne se prononce pas sur l'opportunité du projet, elle donne à l'Andra son cadre de travail pour évaluer l'impact du projet sur l'environnement.

Au regard de la réglementation et de l'analyse de l'Autorité environnementale, l'Andra va devoir réaliser une étude d'impact unique sur l'ensemble des opérations indispensables à la mise en exploitation du centre Cigéo : le défrichement des terrains, la création de l'installation nucléaire de base (le stockage en lui-même), et les raccordements ferroviaires, routiers, électriques et aux réseaux divers (eaux, gaz…). L'Andra devra par ailleurs réaliser "une appréciation globale des impacts" environnementaux pour les travaux connexes : ateliers d'expédition des déchets, unités de fabrication des conteneurs à déchets qui seront enfouis et les modifications du réseau routier, ferroviaire et fluvial nécessaires au site.

Réversibilité et suivi du site

Le maître d'ouvrage devra par ailleurs évaluer les impacts environnementaux liés à plusieurs scénarios de réversibilité du stockage. Ces scénarios sont nombreux : doit-on prévoir de récupérer dans leur totalité les déchets enfouis dans ce centre ? Ou seulement une partie ? A quelle échéance ? Des questions qui se traduiront au sein du stockage par le choix d'une procédure de fermeture progressive ou non des alvéoles contenant les déchets pendant la durée d'exploitation du centre. Une loi attendue pour 2016 devrait répondre à ces questions.

En attendant, l'Autorité environnementale demande à l'Andra d'évaluer l'impact sur l'environnement de trois scénarios de fermeture. L'un prévoyant de laisser les alvéoles ouverts ou fermés par une obturation facilement effaçable et ce jusqu'au terme de l'exploitation du stockage, moment où se déciderait, ou non, sa fermeture définitive. Un second prévoyant la fermeture définitive de chaque alvéole une fois rempli. Et un scénario intermédiaire, proposé par l'Andra, aboutissant à des fermetures partielles du stockage à certaines échéances, dans le cadre d'une gouvernance spécifique.

L'étude d'impact du maître d'ouvrage devra par ailleurs se pencher sur la phase de surveillance du site après fermeture. L'Autorité environnementale conseille à l'Andra d'anticiper les inquiétudes qui seront exprimées lors de l'enquête publique à ce sujet : protections sanitaires contre les impacts radiologiques et toxiques d'une contamination du site mais aussi impacts de la fermeture du site sur l'économie locale : "Plus d'un siècle d'activité aura en effet profondément marqué le territoire et il serait indiqué de préciser quelles seront les mesures d'analyse de tels impacts, même si ceux ci sont attendus à l'horizon lointain du 22éme siècle", justifie l'Autorité.

Enfin, l'Andra se devra d'évoquer le devenir du site d'ici les 500 prochaines années… Un avenir "dans lequel le maintien des dispositifs de surveillance ne pourra être garanti, dans lequel le souvenir même de la présence de ce stockage pourra s'être évanoui, le principal risque étant alors une intrusion humaine dans le stockage", rappelle l'Autorité environnementale.

L'Andra prévoit de déposer son dossier de demande d'autorisation qui comprendra cette étude d'impact en septembre 2015. Le dossier devra être réactualisé suite à la loi qui fixera les conditions de réversibilité qui s'appliqueront au centre de stockage. L'enquête publique ne pourrait donc avoir lieu qu'à compter de 2017, selon l'Andra.

Réactions7 réactions à cet article

 

Evoquer le devenir du site au bout de 5 siècles et imaginer les conséquences d'une intrusion humaine est certes louable et nécessaire. Mais imaginons cette "intrusion": pour une raison quelconque on entreprend de creuser (et non pas forer) et on trouve ces objets bizarres la réaction prévisible est la prudence. Le problème change s'il 'agit d'un forage parce que les trépans sont capables de percer pratiquement tout et qu'alors une contamination du milieu par la radioactivité résiduelle (encore importante) est possible.
L'histoire nous montre que l'on sait garder des souvenirs sur de trés longues périodes pour autant qu'un édifice pérenne signale le site. Construire un tel édifice dans cette optique trés particulière est parfaitement possible.

ami9327 | 28 juillet 2013 à 01h37
 
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Demandez à l'Andra se qu'elle a faits des déchets radioactifs à Pagny sur Sault dont elle était RESPONSABLE .... !:
si une structure n'est pas capable de gérer des déchets nucléaires en SURFACE, alors sils sont ENTERRÉS ...
A Bure, il faut réaliser des études de géothermie, selon un expert, les ressources géologiques sont EXCELLENTES et INCOMPATIBLES avec le "stockage géologique" ...
Le débat n'est pas "en pause", il est BIDON : pas de réunion publique, un "tchat" sur internet, ce n'est pas un débat, et ce n'est pas public !
Aucun stockage souterrain ne donne satisfaction : à Asse en Allemagne(où l'Andra a donné son avis ... !), ça fuit de chez fuit, seul un IGNARE pourrait penser qu'une mine de sel pourrait servir à stocker des déchets radioactifs contenus dans des containers en fer .... ! ! ! Maintenant, les Allemands doivent verser quotidiennement des millions de tonnes de béton pour que l'"édifice" ne s'écroule pas ... et je ne parle pas des nappes phréatiques. Seule solution : NE PLUS PRODUIRE DE DÉCHETS RADIOACTIFS ET STOCKER EN SURFACE CEUX QUI SONT DÉJÀ PRODUITS.

Rémifasol57 | 30 juillet 2013 à 23h32
 
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Le stockage souterrain se fait, suivant les pays dans des galeries creusées dans la roche, dans l'argile ou dans le sel. La pire des solutions est le sel: en effet si jamais une arrivée d'eau (par une fissure) se fait il n'est plus possible de l'arrêter: d'ailleurs c'est la hantise des exploitants de mines de sel. De plus le sel facilite la corrosion saline de l'acier et du béton (on n'y pense pas). Les emballages contiennent de l'acier et du béton (et du plomb)
La Roche offre une certaine sécurité mais, étant cassante, un risque d'effondrement existe, chose qui en soit ne risque pas d'ouvrir les colis blindés mais complique leur éventuelle récupération.
L'Argile est à la fois solide et souple donc le stockage présente dans ce cas les meilleures garanties parmis les autres possibilités. La technique retenue de stockage dans des puits étanches présente une sécurite supplémentaire. Enfin faut-il rappeler que l'argile reste parfaitement étanche tant qu'elle ne sèche pas, et dans ces puits elle ne séchera jamais.
Le stockage en surface pour de trés longues périodes n'est pas une solution: en effet les colis blindés ne sont alors pas suffisamment protégés des influences extérieures, des actes de malveillance. de plus en cas d'altération des colis la pollution concernera d'abord la surface.

ami9327 | 03 août 2013 à 13h01
 
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En enfouissant les déchets radioactifs sous terre, ils deviennent invisibles, inertes, comme la poussière sous un tapis ... En les laissant en surface, il est infiniment plus facile de surveiller leur évolution et de prendre des mesures de sauvegarde en cas d'incident. Sous terre, impossible de faire quoi que ce soit en cas de problème. Le feu nucléaire, si malheureusement il se déclenche, sera ÉTERNEL, aucun moyen de l'éteindre et il contaminera le sous sol, les nappes phréatiques et l'air... Alors pour les surveiller comme l'huile sur le feu, mieux vaut les avoir à portée de mains !

Remifasol57 | 05 août 2013 à 10h15
 
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Le feu éternel évoqué ou déclenchement d'une réaction atomique de fission ne sera pas possible parce que connaissant trés bien les conditions nécessaires au déclenchement on sait exactement quoi faire pour que cela ne puisse JAMAIS arriver. C'est même une des préoccupation majeure mais c'est aussi la plus facile a résoudre.
Il faut privilégier une sécurité passive donc des dispositions qui garantissent la sécurité même en l'absence de surveillance a une sécurité active qui, au contraire impose une surveillance permanente. Il s'agit de plusieurs siècles, pas de quelques dizaines d'années.
On sait déjà que certains déchets ne pourront pas être retraités dans le sens d'une accélération de leur disparition radioactive.

ami9327 | 12 août 2013 à 01h04
 
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ami9327 "on sait exactement quoi faire pour que cela ne puisse JAMAIS arriver" : Fukushima avec une eau extrêmement radioactive jetée dans l'océan Pacifique par centaines de m2 par JOUR. . . tout EST maîtrisé, c'est une évidence ... même plus près, à Pargny sur Sault (51) où l'ANDRA a "maîtrisé" les risques depuis 40 ans, qui laisse une poubelle nucléaire à ciel ouvert.
C'est sûr, on DEVRAIT savoir quoi faire : NE PLUS PRODUIRE DE DÉCHETS RADIOACTIFS ET STOCKER EN SURFACE CEUX QUI SONT DÉJÀ PRODUITS. La nature ne se maîtrise PAS, elle est TOUJOURS la plus forte : la plante Amarante est RÉSISTANTE au glyphosate, principal élément du round'up de Monsanto. La nature gagne TOUJOURS.

remifasol57 | 12 août 2013 à 11h37
 
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Stocker en surface? Pourquoi pas? IL FAUT JUSTE DEMANDER A CEUX QUI VIVENT AUTOUR CE QU'ILS EN PENSENT, s'ils pensent que durant plusieurs SIECLES il y aura toujours quelqu'un pour surveiller et intervenir...
A Pagny sur saulx il s'agit d'une pollution au Thorium et cet élement avec une période de demi-vie de 14,5 Milliards d'années est bien moins radioactif que l'Uranium dont la période est de 4,47 milliards d'années. Le thorium n'est dangereux que s'il est ingéré ou absorbé dans le corps. C'est un émetteur Alpha uniquement: on peut rester a côté (quelques dizaines de centimètres) sans rien craindre et la moindre paroi ou matière arrête tout de suite les particules alpha. C'est la différence avec les autres rayonnements Béta (arrêtés par du métal) ou gamma qui traversent presque tout et qui nécessitent ces gros blindages de plomb.

ami9327 | 12 août 2013 à 21h05
 
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