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Une nouvelle autoroute ferroviaire relie Calais à Turin

Transport  |    |  R. Boughriet
Actu-Environnement le Mensuel N°386
Cet article a été publié dans Actu-Environnement le Mensuel N°386
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La ministre des Transports, Elisabeth Borne, et le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, ont inauguré, mardi 6 novembre, l'autoroute ferroviaire fret reliant le port de Calais (Pas-de-Calais) à Turin Orbassano (Italie). Cette inauguration "est un très beau symbole de l'ambition forte que porte le gouvernement pour la relance du fret ferroviaire", a déclaré la ministre.

Une autoroute ferroviaire consiste en un service de transport de camions semi-remorques sur des trains. Longue de 1.150 km, cette liaison opérée par la société VIIA (groupe SNCF) permettra "à terme de transférer plus de 30.000 camions de la route vers le rail", a précisé le ministère dans un communiqué. Soit une économie de 37.200 tonnes d'émissions CO2 par an, selon la SNCF.

L'exploitation de la ligne s'appuie sur les terminaux existants du port de Calais et d'Orbassano, en faisant appel aux entreprises ferroviaires Fret SNCF pour le parcours français et Mercitalia (groupe Ferrovie delle Stato Italiane) pour la partie italienne. "Une connexion avec des services de ferries à Calais est proposée pour relier la Grande-Bretagne, permettant ainsi de transporter directement des semi-remorques non accompagnés vers l'Italie via la France", a ajouté la SNCF dans un communiqué. Trois allers/retours hebdomadaires reliant Calais à Orbassano sur une distance de 1.150 km sont proposés dès le lancement du service avec un temps de trajet de 18h. La nouvelle autoroute ferroviaire offrira deux allers/retours quotidiens.

Le service, ouvert à tous types de remorques, permet d'économiser environ 1,2 tonne de CO2 par remorque et par voyage. VIIA opère déjà trois lignes d'autoroutes ferroviaires : Aiton (Chambéry)-Orbassano (Turin), Bettembourg (Luxembourg)-Le Boulou (Pyrénées Orientales) et Calais-Le Boulou. Jusqu'à huit trains par jour circulent sur ces lignes.

En avril 2018, Elisabeth Borne et son homologue espagnol ont lancé deux appels à manifestation d'intérêt communs visant la mise en place de services d'autoroute ferroviaire/ferroutage sur les axes Atlantique et Méditerranée.

Réactions3 réactions à cet article

Enfin, cette autoroute ferroviaire est une bonne nouvelle qui va permettre de réduire les nuisances du trafic poids lourds. Dommage que cela passe complètement inaperçu, ce mode de transport est probablement marginal devant le trafic poids lourd global, les arbitrages des années précédentes ( et quinquennats précédents ) n'ont pas été tous favorables à ces projets et la focalisation actuelle sur le prix des carburants fait le reste ..

jeannot37 | 07 novembre 2018 à 10h10 Signaler un contenu inapproprié

Depuis qu'on présente le ferroutage comme une des meilleures solutions, il serait en effet sans doute temps de transformer véritablement tout cela en actes ! Les incitations financières vont-elles être suffisantes pour que les transporteurs se mettent à privilégier le train ? Et y aura-t-il suffisamment de trajets par jour pour leur offrir une flexibilité capable de rivaliser avec la route ? Ou bien se trouvera-t-on face au même chat-qui-se-mord-la-queue que dans de nombreux projets de transports en commun en zones semi-rurales (peu de trajets = peu d'utilisateurs = pas de rentabilité = jamais suffisamment de trajets) ? Car on ne va quand même pas compter sur les transporteurs pour agir pour la planète gratuitement et pour la beauté du geste. Sans compétitivité du rail (l'article ne dit rien là-dessus), on aura dépensé beaucoup pour peu de résultats, comme trop souvent.
En attendant, les défilés de camions sur ces autoroutes ont quelque chose de morbide et de désespérant.

titania | 07 novembre 2018 à 12h07 Signaler un contenu inapproprié

Le projet de liaison ferroviaire Lyon Turin - voyageurs et fret - , pourrait - il amener un gain de temps dans ce fret ? Dans l'ouvrage "trafics en tous genre " de Daniel Ibanez, on voit que l'Etat est ( ou était .. ) prêt à dépenser 26 milliards d'€ avec des arguments qui ne sont pas tous convaincants ... mais surtout l'auteur montre https://www.senat.fr/seances/s201311/s20131118/s20131118.pdf qu'il peut y avoir sous utilisation ACTUELLE de lignes de fret et en même temps demande de cette nouvelle liaison ferroviaire.

jeannot37 | 07 novembre 2018 à 12h42 Signaler un contenu inapproprié

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