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Dépollution de l'air : l'Ademe doute de l'efficacité des épurateurs par photocatalyse

Un avis de l'Ademe explique qu'il n'est pas possible de garantir l'efficacité et l'innocuité des appareils d'épuration de l'air par photocatalyse. Plutôt que de recourir à ces dispositifs, elle recommande d'aérer les pièces.

Risques  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Dopée par la crise sanitaire et l'attention portée à la qualité de l'air intérieur (QAI), l'offre de dispositifs de traitement est devenue « foisonnante », constate l'Agence de la transition écologique (Ademe). Cet intérêt est l'occasion pour elle d'actualiser son avis sur l'épuration de l'air intérieur par photocatalyse. En l'occurrence, « à ce jour, il n'est pas possible d'assurer l'efficacité et l'innocuité des appareils d'épuration par photocatalyse dans toutes les conditions d'usages réels », constate l'Ademe. Et d'expliquer « qu'il est préférable de privilégier la réduction des sources de pollution et le renouvellement de l'air ».

 
Photocatalyse : plusieurs dispositifs disponibles Le principe de la photocatalyse a été développé au Japon dans les années 70. Il consiste à dégrader des polluants gazeux, tels que les composés organiques volatiles, les oxydes d'azote ou l'ozone, à l'aide d'un photocalyseur et de lumière.
« On trouve dans le commerce des épurateurs fixes ou mobiles (systèmes actifs), ainsi que des matériaux passifs (peintures, tissus...) », explique l'Ademe, précisant que cette technologie représente 17 % d'un marché évalué à 87 millions d'euros (chiffres 2017).
 
Les conditions d'usage sont déterminantes

Pour évaluer la performance des dispositifs d'épuration de l'air intérieur par photocatalyse, l'Agence s'est appuyée sur les résultats récents de la recherche, dont certains portent sur des essais simulant des conditions réelles. Reprenant notamment l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses), l'Ademe explique que « les données scientifiques collectées et analysées ne permettent pas de démontrer l'efficacité et l'innocuité en conditions réelles [des dispositifs] ». Elle pointe notamment du doigt le fait que les bons résultats obtenus pour des volumes limités (de l'ordre de 1 m3) ne sont pas forcément confirmés à l'échelle d'une pièce (environ 40 m3). Plusieurs explications sont avancées.

Tout d'abord, la concentration et la nature des polluants doivent être prises en compte. En effet, à partir de certaines concentrations, la surface du photocatalyseur est saturée et la vitesse de dégradation n'évolue plus. Plus généralement, les performances dépendent des quantités de polluants fixées à la surface du catalyseur. « Or, dans beaucoup de cas, les polluants et micro-organismes présents dans l'air d'une pièce peuvent être évacués par la ventilation ou l'aération avant d'avoir été en contact avec le catalyseur, ce qui rend le procédé inopérant ». Bien sûr, il est possible d'améliorer les performances en couplant la photocatalyse avec d'autres technologies (comme un filtre à charbon actif ou une lampe UV), mais c'est complexe et cela peut aboutir à un procédé sous optimal, explique l'Ademe.

Outre ces conditions « technologiques », les paramètres ambiants sont aussi à prendre en compte. Tout d'abord, les performances varient selon les polluants et selon qu'ils soient seuls ou en mélange. Ensuite, l'humidité réduit les quantités de polluants pouvant se fixer à la surface du catalyseur. De même, la quantité et la qualité de la lumière joue. Il faut parfois compenser le manque d'éclairage naturel par des lampes UV pour avoir de bons résultats. Quant aux variations de température, elles peuvent agir sur le vieillissement mécanique des matériaux (même si ce paramètre joue peu en intérieur, compte tenu des variations limitées).

Priorité à la prévention

Finalement, l'Ademe revient à une solution de bon sens : « pour une gestion globale de l'amélioration de la qualité de l'air intérieur, [elle] tient avant tout à rappeler que la priorité doit être donnée à la prévention ». Cette prévention passe d'abord par l'achat des matériaux et produits les moins émissifs en composés organiques volatiles (COV) (étiquette « A+ » pour les produits de construction et de revêtement, et produits bénéficiant de l'écolabel européen). Il faut ensuite bien aérer (au moins 10 minutes par jour) et ventiler les pièces.

Quant aux technologies d'épuration de l'air, elles « [ne sont] à envisager que dans le cadre d'actions ponctuelles et spécifiques, en complément, et non en substitution, de la réduction des sources de pollution et du renouvellement de l'air ». Et pour ces usages, l'Ademe recommande l'achat d'appareils normalisés, la réalisation d'une étude technique préalable (pour les locaux collectifs), la vérification de l'efficacité du dispositif en configuration réelle, ainsi que le respect scrupuleux des consignes d'entretien et de maintenance.

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