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Réacteur de Brennilis : le devenir du site nucléaire après démantèlement interroge

L'Autorité environnementale a étudié le projet de démantèlement du réacteur de Brennilis. Elle regrette qu'EDF ne précise pas la destination finale du site après assainissement. L'information est pourtant capitale pour fixer le niveau de dépollution.

Risques  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Le 23 juin, l'Autorité environnementale (Ae) a adopté son avis sur le projet de démantèlement définitif du réacteur nucléaire de Brennilis (Finistère). Elle estime que le dossier déposé par EDF en juillet 2018 n'indique pas clairement la destination finale du site. Ce point est pourtant essentiel, rappelle l'Ae, puisqu'il détermine l'état final du site et dimensionne donc les travaux de déconstruction des bâtiments et de dépollution des sols.

Le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis, exploitée de 1972 à 1985, a commencé en 1997. Pour l'instant, seul un démantèlement partiel a été engagé. En 2012, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait rendu un avis défavorable au dossier de démantèlement complet présenté par EDF car il n'existait pas de solution d'entreposage pour les déchets de faible et moyenne activité à vie longue (FMA-VL) issus du démantèlement. Depuis, la construction de l'Installation de conditionnement et d'entreposage des déchets activés (Iceda) a été achevée sur le site de la centrale du Bugey (Ain).

Un site à vocation industrielle ?

Depuis 2012, le combustible a été retiré, les circuits rincés, certains des bâtiments détruits et des sols pollués assainis. L'enjeu est maintenant de déconstruire le bloc réacteur (sur environ 15 ans) et d'assainir l'enceinte réacteur (sur environ 2 ans). Ces opérations doivent permettre le « retour à l'herbe », c'est-à-dire libérer les cinq hectares du site pour de nouvelles activités non nucléaires.

L'un des principaux reproches formulés par l'Ae concerne le devenir du site à l'issue du démantèlement. « Cet élément est déterminant car il conditionne le niveau d'assainissement des sols », explique l'Ae, rappelant que la réglementation impose de justifier le niveau d'assainissement retenu.

Selon l'Ae, la situation de l'installation, dans le parc naturel régional d'Armorique et à proximité de nombreux sites protégés ou inventoriés, ainsi que la qualité de la biodiversité et sa vocation touristique, justifient « une dépollution permettant à l'avenir une variété d'usages large ». En juillet 2019, l'ASN demandait déjà à EDF de « rendre l'état des sols compatible avec tout usage ».

Mais l'électricien est plus vague. Les usages futurs du site « ne sont pas clairement exposés », regrette l'Ae. Certaines parties du dossier les limitent à des usages industriels assortis du maintien de servitudes. En effet, EDF considère que « la zone d'implantation [du réacteur] est "une zone à vocation industrielle" ». Dans son avis, l'Ae souhaite donc qu'EDF envisage des travaux complémentaires et évalue leurs impacts.

Quel devenir pour le radier ?

L'Autorité constate aussi qu'EDF n'envisage de déconstruire les infrastructures que « sur un mètre de profondeur avant comblement ». Cette option ne permet donc pas un retour à l'état initial du site. Surtout, « aucune mesure de la pollution éventuelle sous le radier de l'enceinte réacteur n'est présentée », explique l'Ae qui précise que celui-ci est situé à une quinzaine de mètres de profondeur.

L'Autorité ajoute qu'EDF lui a assuré « que des mesures de pollution du sol situé sous le bâtiment réacteur seraient préalablement réalisées ». Elle aimerait surtout savoir quelles suites seront données à d'éventuelles découvertes de pollution…

Quant au comblement des galeries et parties souterraines des bâtiments déconstruits, il devrait être réalisé avec 66 000 gravats issus du démantèlement d'installations de surface. « L'Ae recommande de mieux justifier que leur composition ne sera pas susceptible de polluer la nappe. »

Réactions3 réactions à cet article

 

Au moins les éoliennes, ils démantèlent tout le radier !
Et pas de risque de trouver des surprises dessous...

krakatoe | 28 juin 2021 à 11h10
 
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Aux USA, on sait démanteler un réacteur avec retour au gazon en 7 ans. Et Chooz-1 a été démantelé en un temps tout à fait honorable. La différence avec Brennilis ? D'abord, des opposants qui voulaient démontrer à toute force qu'un démantèlement était impossible, à coups de recours administratifs. Puis des trous dans la raquette de la loi de 1991 de gestion des déchets nucléaires, certains déchet ayant été "oubliés". Puis un changement de politique : démanteler rapidement ou pas. Quasi 40 ans après, on y est, enfin. Mais est-ce vraiment à EdF de fixer la destination finale du site ??? Faut-il en faire un entrepôt Amazon, ou laisser la possibilité d'y remettre un réacteur type SMR, pour enfin produire un courant fiable, stable et décarboné en Bretagne ? Ce n'est pas à EdF d'en décider, mais à l'Etat, en tant que pilote de la politique d'aménagement et d'énergie du pays...
Quant à évoquer des "pollutions" sous le radier (donc sous-entendre des fuites radioactives qu'on aurait cachées aux Français, c'est, à défaut de preuves, juste malhonnête.

dmg | 28 juin 2021 à 14h19
 
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@ dmg : la rivière l'Ellez, qui été barrée afin de produire un réservoir d'eau pour le refroidissement de l'ex-réacteur, charrie en aval du plutonium et du tritium (ainsi que d'autres isotopes mais leur origine pourrait être naturelle), éléments radioactifs issus de la centrale (l'actuel directeur de la centrale reconnait que le plutonium provint bien de la centrale, le bâtiment de traitement des effluents fuyant).
Il y a donc bien une pollution d'origine anthropique et technologique à un certain niveau, certes bien moindre qu'après un accident, et il serait "juste malhonnête", face aux preuves, de prétendre le contraire.

Pégase | 29 juin 2021 à 14h30
 
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