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Actu-Environnement

Pour moins mourir de la pollution, il faut restreindre le trafic routier

Dans un nouvel avis consacré à la pollution de l'air, l'Anses alerte sur les effets néfastes du trafic routier sur la santé. Et l'évolution du parc automobile vers l'électromobilité ne suffira pas à inverser la tendance. Il faut surtout réduire le trafic.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

Des voitures électriques mais surtout moins de voitures sur les routes. C'est bien comme ça que la question de la pollution de l'air liée au trafic routier devra être traitée selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire et environnementale. L'Anses publie un nouvel avis rédigé à la demande des ministères de la Santé et de la Transition écologique. Elle y met à jour les connaissances sur les effets sanitaires des particules présentes dans l'air ambiant et analyse leurs évolutions à l'aune des nouvelles technologies de mobilité.

Trois nouveaux indicateurs sanitaires à suivre

 
Ces polluants émergeants à surveiller Dans le cadre de cet avis, l'Anses signale par ailleurs l'existence de nouvelles preuves modérées à fortes d'effets néfastes pour la santé respiratoire et cardiovasculaire pour certains composés des particules, dont les aérosols inorganiques secondaires (incluant ammonium, sulfate, et nitrate) principalement, ainsi que pour les métaux de transition (fer, zinc, nickel, cuivre et vanadium), la silice et les endotoxines.

De nouvelles données confirment également l'effet sanitaire des poussières en provenance de déserts (silice), notamment sur la santé respiratoire de l'enfant.

Enfin, l'Anses souligne la nécessité de poursuivre les efforts de recherche sur les effets sur la santé associés à l'exposition à d'autres sources de particules telles que l'agriculture, le transport maritime, l'activité aéroportuaire pour lesquelles peu de données sont disponibles actuellement.
 
Côté santé, le constat est sans appel. A partir d'une revue méthodique de la littérature scientifique, l'Anses confirme, "avec des niveaux de preuve forts", les effets sur la santé des particules de l'air ambiant, dont les particules ultrafines, le carbone suie et le carbone organique. Ces trois polluants sont bien à l'origine d'atteintes respiratoires et cardiovasculaires et de décès anticipés. Ils ont comme source le trafic routier, la combustion de charbon, de produits pétroliers et de biomasse.

L'Anses signale également un possible impact sur la santé neurologique et la santé périnatale : "Le corpus d'études sur ce sujet est encore limité et les nouvelles indications sont faibles et suggèrent un effet du carbone suie et des particules ultrafines sur le développement des performances cognitives de l'enfant, ainsi qu'un effet du carbone suie sur le faible poids de naissance."

Pour l'agence, il y a donc "nécessité d'agir" sur ces sources pour limiter les pollutions et intégrer les trois polluants que sont les particules ultrafines, le carbone suie et le carbone organique dans les indicateurs d'évaluation des politiques publiques de qualité de l'air, en complément des indicateurs de particules PM2,5 et PM10 actuellement en vigueur.

Les évolutions technologiques du parc automobile auront des effets bénéfiques…

Conformément au deuxième axe de sa saisine, l'Anses a évalué l'évolution de la qualité de l'air selon différents scénarios de transformation du parc automobile en zone urbaine dense. Elle a concentré ses scénarios sur l'Ile-de-France, et a fait varier, à l'horizon 2025, la part des évolutions technologiques : généralisation du filtre à particules, recul des motorisations Diesel au profit de l'essence ou de l'électrique, etc.

Résultats : l'Anses note une "évolution favorable" de la qualité de l'air ambiant, quels que soient les scénarios envisagés. "Les simulations se traduisent par une baisse des concentrations moyennes annuelles, importante pour des polluants du trafic comme le carbone suie et le dioxyde d'azote. Les diminutions sont plus limitées pour les particules en masse totale (PM2,5 et PM10) et leurs fractions organique et inorganique provenant de diverses autres sources et de processus de transformation dans l'atmosphère." Néanmoins, les valeurs guides de l'OMS pour une exposition à long terme aux PM2,5 restent dépassées sur la quasi-totalité du territoire, fait savoir l'agence qui apelle par conséquent à réduire le trafic routier.

…mais pas suffisants

Un scénario plus ambitieux, associant la promotion des véhicules électriques en zone urbaine et une réduction du trafic routier, conduit à des réductions d'émission plus marquées localement en zone urbanisée et plus densément peuplée. Ainsi, les émissions annuelles de carbone suie et de PM2,5 par le trafic seraient réduites d'au moins 30 %. "Les évolutions de technologies du parc de véhicules permettront une diminution plus ou moins marquée de la pollution de l'air ambiant selon les scénarios, mais elles seront insuffisantes pour améliorer, à elles seules, la qualité de l'air ambiant dans les agglomérations", conclut l'Anses.

L'agence recommande ainsi d'encourager la promotion des technologies alternatives et surtout la réduction du trafic, à travers notamment le renforcement des autres modes de mobilité, dans le cadre des politiques d'amélioration de la qualité de l'air. "La réduction du trafic peut, entre autres, être encouragée par le renforcement des transports en communs, de l'intermodalité (différents moyens de transports lors d'un même trajet tels que l'automobile, transports en commun, modes de transport actifs, …) et de modes actifs de transport (marche à pied, vélo, …)", rappelle l'agence.

Réactions11 réactions à cet article

 

La voiture électrique est-elle enviro-soutenable ?

Sagecol | 16 juillet 2019 à 09h37
 
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Comment encore faire semblant de découvrir que la circulation est un des facteurs les plus néfastes à la pollution, à la qualité de l'air et aux conséquences dramatiques sur le climat...Mais devrions nous ajouter en priorité et en rouge l'aviation. Ces problèmes auraient du être partiellement résolus il y a 20 ans. Il est curieux que dans nos pays dits développés où tout se compte, tout s'identifie nous ayons tant de difficultés à mettre en œuvre les moyens adéquates et efficaces. Les échanges internationaux sont probablement les principales causes de ces dérèglements.

agregat | 16 juillet 2019 à 10h58
 
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Bonjour,
Oui, évidement nous aurons dû avoir des changements, dans le bon sens et non le contraire...Hélas l’industrie pollue et polluera toujours et donc la voiture électrique est "in fine" meilleure car ne tue pas sur place... Mais si l'on "découvre" aujourd'hui la triste nouvelle de 40 à 50 000 morts prématurés à cause de la fumée c'est en grand partie au cache-cache politique toute bannière confondue! Une chose, et une seule, regarder mieux le bulletin de vote car le politiques sont à la traîne voir cyniques aux extrêmes, sans parler de nôtres qui préfèrent y aller à la pèche...aux homards?

Maes | 16 juillet 2019 à 13h41
 
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Le diesel, ( tracteurs,voitures, camions comptent beaucoup plus que l'avion), des analyses étrangères, anglaises l'ont bien montré, il faut taxer le diesel pour obliger à changer de type d'énergie mais pas l'électrique nucléaire.

wibart | 16 juillet 2019 à 17h56
 
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on ne peut réformer dans un pays borné ( gilets jaunes) le rêve serait de se convertir aux vraies hybrides, à l'hydrogène en un mot acheter des voitures japonaises fabriquées en France donc pas de chômage. La taxe carbone excellent pour supprimer la pollution a été tuée par des jaunes bornés et égoïstes.

wibart | 16 juillet 2019 à 18h59
 
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Il faudrait cesser de culpabiliser les automobilistes, alors que rien n'est pasd par les gouvernements, depuis des décennies, pour permettre de restreindre l'usage des voitures mais aussi et surtout des camions et des avions.Ce n'est pas en fermant des lignes de fret ferroviaire, en supprimant les trains de nuit et les petites lignes secondaires, en soutenant les compagnies aériennes Low Coast qu'on va dans le bon sens.Par ailleurs, il n'y a pas que la pollution automobile qui tue, faut arrêter avec ce serpent de mer! Les pesticides et en génral les produits chimiques lâchés sans contrôle dans l'air, l'eau et les aliments, la malbouffe, la pauvreté chronique entrenue, voire voulue par les trop riches , qui entrave l'accès aux soins les plus élémentaires, les conditions de vie degradantes qui sont faites aux plus démunis tuent aussi et certainement plus, car pour certains, xc'est la double peine, pauvres et logés au bord des périphériques parce que c'est moins cher! On ne choisit pas les morts! C'est toute la politique de santé, vue sous tout ce qui l'impacte qui est a revoir d'urgence; Les solutions sont faciles a mettre en ouevre, il n'y manque que la volonté politique affranchie du poids des lobbies.

la souris verte | 17 juillet 2019 à 15h25
 
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Avant de juger les autres, on juge ce que l'on peut faire. Je peux juger car j'ai changé mon chauffage par une pompe à chaleur, je me suis fait installer des panneaux photovoltaïques, je consomme moins, j'ai bénéficié des aides mais je pollue moins. J'ai une véritable hybride qui rejette peu de co2, chacun doit faire l'effort, je ne suis pas riche mais je réfléchis. Le diesel pollue on le sait, on doit le remplacer partout, le nucléaire est dangereux et désuet, on cherche comment et on utilise ce qui existe, on agit ou on se cache et on gémit et c'est lâche.

wibart | 17 juillet 2019 à 18h50
 
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Faudra penser aussi à supprimer les déserts (silice), et la biomasse (suies)...
Et aussi à redéfinir les critères de l'offre raisonnable d'emploi (30 km soit 60 km aller-retour).
Pas facile à comprendre quand on "bosse" à l'ANSES.

Albatros | 14 août 2019 à 11h07
 
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ce qui bloque en France c'est la mauvaise foi des automobilistes, routiers, amateurs du nucléaires qui avancent des inepties pour ne pas modifier leurs habitudes c'est lâche et égoïste.

wibart | 14 août 2019 à 14h02
 
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Une analyse plutôt simpliste que nous fait wibart, emporté par sa passion anti.
Les automobilistes et utilisateurs des services de transports ne sont pas des "amateurs du nucléaire" ou des complotistes amoureux de leurs "habitudes". Ce sont des gens qui tâchent de bosser, d'où mon allusion aux offres raisonnables d'emploi.
Quant au diesel, ce n'est pas le diable et, personnellement, je peux acquérir un diesel récent performant mais je ne peux pas m'offrir une électrique dont la performance environnementale (climatique) globale est questionnable.
Méfions nous du YAKAFOKON et des solutions simples.

Albatros | 19 août 2019 à 19h36
 
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Merci, sans ironie, pour ce propos critique

Sait-on la "vérité vraie" sur la pollution engendré par un véhicule diésel récent ?

Sagecol | 20 août 2019 à 10h26
 
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