En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Eolien flottant : bientôt un programme de recherche sur les impacts environnementaux des parcs pilotes ?

Dans un avis sur le projet éolien Provence Grand large, l'Autorité environnementale préconise la mise en place d'un programme de recherche sur les impacts environnementaux. L'objectif : cadrer les mesures de suivi en vue des futurs parcs commerciaux.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Eolien flottant : bientôt un programme de recherche sur les impacts environnementaux des parcs pilotes ?
Environnement & Technique N°382 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°382
[ Voir un extrait | Acheter le numéro]

"L'enjeu de ce parc pilote est de fournir les connaissances nécessaires aux futures études d'impact de parcs industriels flottants et à leur écoconception, en permettant notamment de concevoir des mesures d'évitements, de réduction, voire de compensation des impacts des futurs parcs éoliens flottants". L'Autorité environnementale (Ae) vient de se prononcer sur le projet pilote d'éoliennes flottantes Provence Grand large, prévu au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône). C'est le premier avis qu'elle rend sur l'un des quatre projets expérimentaux retenus par les pouvoirs publics pour valider la technologie flottante, avant le lancement d'appels d'offres commerciaux. Et justement, le retour d'expérience sur ces fermes pilotes sera essentiel pour mesurer les impacts réels de ces technologies sur les milieux. Car, pour l'heure, les exploitants ne bénéficient que de rares retours sur des projets expérimentaux déployés en Europe du Nord.

L'Ae estime donc qu'"un programme de recherches, placé sous la responsabilité de l'Etat, [devrait être développé] pour combler les lacunes de la connaissance nécessaire aux études d'impacts des parcs éoliens opérationnels. (...) Si la responsabilité de développer ces recherches et de les financer est celle du maître d‘ouvrage, l'Etat devrait s'impliquer dans le pilotage du programme de recherches associé et mettre en place un conseil scientifique indépendant du maître d'ouvrage". Les efforts pourraient être mutualisés à l'échelle de la façade méditerranéenne, estime-t-elle, puisque trois des projets pilotes y seront installés.

Dans l'attente, et sur le projet de Provence Grand large en particulier, l'Ae estime qu'EDF Energies nouvelles et le gestionnaire de réseau de transport d'électricité RTE, les deux exploitants, devraient renforcer les études de suivi et mettre en place des mesures d'évitement et de réduction. Celles-ci devront être "révisées en fonction des résultats du suivi et [permettre] de proposer le cas échéant des mesures de compensation".

   
Reproduction 3D de l'éolienne flottante Provence Grand Large © SBM offshore
 
   

Une emprise de 500 m2

Le projet Provence Grand large devrait fournir, à l'horizon 2020, une production annuelle nette équivalente à la consommation annuelle en électricité d'environ 40.000 habitants. La phase de test durera pendant vingt ans. Le coût prévisionnel du projet est estimé à environ 200 M€.

Il portera sur l'installation de trois éoliennes flottantes tri-pales, à axe horizontal, de 8 MW chacune, implantées sur le site de Faraman, à 17 km de la plage Napoléon. "Le choix de cette zone est issu d'études préalables d'identification de zones de moindre impact pour le développement de l'éolien en Méditerranée, réalisées en partenariat avec les parties prenantes (notamment les usagers de la mer) et les services de l'Etat", rappelle l'Ae.

L'emprise sur le domaine public sera de 500 m2. La mobilité latérale des éoliennes sera d'environ 15 m autour de leur position nominale. Leur hauteur sera de 180 m au dessus du niveau de la mer, avec un diamètre de rotor de 154 m et donc, une hauteur maximale des pales au dessus de la mer de 20 m. "Le rotor aura une vitesse maximale de 13 tours par minute, ce qui correspond à une vitesse en bout de pale de 380 km/h. Les éoliennes pourront fonctionner pour des vitesses de vent comprises entre environ 10 km/h et 90 km/h", précise l'Ae.

Des caméras, avec vision nocturne, pour observer les impacts

Du fait du caractère inédit de ce type de projet en France et du "manque de retours d'expérience", l'Ae est particulièrement attentive aux mesures de suivi prévues. Celles-ci devront être rigoureuses, établies et pilotées en lien avec des chercheurs, souligne-t-elle. Les résultats devront être rendus publics.

L'Ae se félicite de la qualité des inventaires terrestres ainsi que les efforts d'analyse biosédimentaire et avifaunistique en mer réalisés par les deux exploitants. "La richesse ornithologique de la zone d'étude est confirmée (oiseaux marins et oiseaux terrestres migrateurs). La zone du projet s'avère importante pour sa forte productivité biologique via le nourrissage des juvéniles de poissons, 352 espèces de poissons sont recensés dans le golfe du Lion", note-t-elle. Elle estime cependant que le niveau d'enjeu est sous évalué pour la ressource halieutique, les mammifères marins, notamment le grand dauphin, et les tortues marines (tortue caouanne). Idem pour les oiseaux migrateurs, particulièrement présents sur la zone entre fin août et fin octobre.

"Le suivi de l'avifaune comporte, lors de la première année, l'expérimentation d'un suivi par des caméras. Ce suivi n'est pas planifié pour toute la durée quinquennale, ce qui n'est pas cohérent avec l'importance de l'enjeu et la nécessité d'anticiper les impacts sur les oiseaux des futurs parcs éolien", analyse l'Ae. Elle préconise donc de prolonger ce suivi pendant au moins cinq ans et de le concevoir de manière à pouvoir observer les comportements et les impacts la nuit. L'observation des activités migratoires des oiseaux doit être intégrée à ce programme.

Concernant les technologies déployées, l'Ae constate les avantages environnementaux de l'utilisation d'un flotteur à câbles tendus. Ceux-ci ne reposeront pas sur les fonds marins et limiteront donc les impacts liés au ragage (frottement). En revanche, elle souhaite que soient étudiées des alternatives aux anodes sacrificielles prévues pour protéger la structure flottante de l'oxydation. "Chaque flotteur en comportera 15 tonnes pour une durée de vie de vingt ans environ. Ces anodes sont composées de 95% d'aluminium et 5% de zinc, la présence d'autres métaux est mentionnée notamment l'indium et le silicium". Ces métaux peuvent être relargués dans les milieux. Un suivi devra être réalisé.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…