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Baisse des émissions de CO2 : les renouvelables prennent le relais du nucléaire

La réduction du contenu carbone de l'énergie consommée en France a été "très liée" au développement du nucléaire dans les années 1990. Mais depuis 2005, elle "est fortement imputable" aux renouvelables, estime les services de Nicolas Hulot.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Baisse des émissions de CO2 : les renouvelables prennent le relais du nucléaire
Environnement & Technique N°384 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°384
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Comment ont évolué les émissions de CO2 liées à l'énergie en France entre 1990 et 2016 ? Quels sont les principaux facteurs qui ont déterminé cette évolution ? Les services du ministère de la Transition écologique ont publié le 21 août une étude qui répond à ces questions.

A l'heure où le gouvernement apporte la touche finale à la future Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour les périodes 2018-2023 et 2024-2028, cette analyse apporte de précieuses indications pour atteindre l'objectif de neutralité carbone que le gouvernement a placé au cœur de sa politique énergétique. "Faire les bons choix en matière de politique d'atténuation du changement climatique nécessite de comprendre quels ont été les déterminants passés de l'évolution des émissions de gaz à effet de serre (GES)", justifie d'emblée le Commissariat général au développement durable (CGDD).

Moindre croissance et baisse de l'intensité énergétique

Beaucoup des résultats de l'étude sont déjà connus. La France a réduit de 18% ses émissions de CO2 dues à la combustion d'énergie entre 1990 et 2016, pour une hausse de 47% du PIB. Cette baisse est de l'ordre de 25% dans le secteur du résidentiel et de 24% dans le secteur productif (industrie et tertiaire). En revanche, les émissions ont progressé de 8% dans le domaine des transports. A l'échelle de l'ensemble de l'économie, la diminution de l'intensité énergétique de l'économie française a permis une baisse de 26% des émissions de CO2 liées à l'énergie. L'évolution du mix énergétique a permis quant à lui de réduire de 25% les émissions. A l'opposé, la croissance de la population et la hausse du PIB par habitant ont entrainé des hausses de 14 et 29%.

Le CGDD distingue deux périodes dans cette baisse des émissions. La première, qui court de 1990 à 2005, est marquée par "une relative stabilité" des émissions de CO2. Elle est suivie depuis par une baisse régulière de 2,0% en moyenne annuelle. "Deux facteurs contribuent à cette rupture de tendance : le ralentissement de la croissance économique (+0,9 % par an en moyenne sur la période 2005-2016 contre +1,9 % sur 1990-2005) et une baisse plus soutenue de l'intensité énergétique primaire (-1,8 % par an en moyenne contre -0,7 %)."

La principale nouveauté de l'étude est l'analyse de l'impact de l'évolution du mix énergétique français sur la réduction des émissions de CO2. Le CGDD a cherché à évaluer l'intensité carbone de la consommation d'énergie primaire en fonction du contenu carbone des énergies fossiles et des parts respectives du nucléaire et des renouvelables dans le mix énergétique. L'objectif est de mesurer la contribution climatique de la baisse du contenu carbone des énergies fossiles (passage du charbon au gaz, par exemple) et de la hausse du recours au nucléaire et aux renouvelables.

Les renouvelables relaient le nucléaire depuis 2005

"Sur la période 1990-2016, le premier facteur de baisse du contenu carbone (…) a été la hausse de la production nucléaire primaire, devant la baisse de l'intensité carbone des énergies fossiles et le déploiement des énergies renouvelables", résume l'étude. Plus précisément, le recours accru au gaz, plutôt qu'au charbon ou aux produits pétroliers, a permis de réduire de 2,8 à 2,6 tCO2/tep le contenu carbone des énergies fossiles. Quant au nucléaire, il contribue à hauteur de 11,8% de la réduction des émissions. Mais sa contribution "est surtout importante dans les années 1990, au cours desquelles plusieurs réacteurs ont été mis en service".

Et les énergies renouvelables ? Elles contribuent pour 7,6% à la baisse des émissions de CO2 enregistrées depuis 1990. Surtout, elles jouent un rôle croissant depuis 2005 dans la baisse du contenu carbone de l'énergie consommée en France. Cela est dû "[au] regain de la consommation de bois-énergie et à l'essor de nouvelles sources, notamment les biocarburants, les pompes à chaleur et l'éolien", explique l'étude, précisant que les fluctuations enregistrées d'une année à l'autre sont "sans incidence sur les tendances de long terme".

Enfin, les services du ministère attirent l'attention sur un point méthodologique. Le bénéfice climatique des renouvelables et du nucléaire varie selon la méthode de calcul retenue. Si l'on applique la méthode de l'agence de l'énergie des Etats-Unis, la contribution du nucléaire passe de 11,8% à 10,3% de la réduction des émissions de CO2. A l'inverse, celle des renouvelables est relevée de 7,6% à 10%. La comptabilité énergétique retenue aux Etats-Unis est "critiquable" car elle ne prend pas en compte le fait que l'électricité peut se substituer à d'autres formes d'énergie, précise le CGDD. Mais celle appliquée en France souffre d'un autre défaut : elle "sous-estime le poids des énergies renouvelables électriques et surestime celui du nucléaire par rapport à leurs contributions réelles au bouquet de production d'électricité", avertit l'étude.

 

 

Réactions3 réactions à cet article

 

La production d'électricité ,en France , est à l'origine de moins de 8 % des gaz à effet de serre . Les éoliennes ont fourni 4 % de notre électricité ,elles ne peuvent donc qu'avoir ,au mieux , évité 0,32 %des GES . Résultat dérisoire ,bien éloigné des annonces publicitaires ou politiques .

sirius | 24 août 2018 à 19h15
 
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Le cabinet Hulot est adepte du "wishful thinking". Et la désindustrialisation ?
Moins de gros consommateurs, moins de consommation d'énergie...
Belle image de chaudière, très XIXème mais avec des pellets de bois importés du Canada ?

Albatros | 24 août 2018 à 22h58
 
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Les intermittentes productrices d'électricité se substituent au nucléaire et non pas le complètent. De plus, ce sont des machines importées donc fabriquées dans des pays au bilan carbone lamentable (Chine, Allemagne). Reste effectivement le chauffage solaire et le bois-énergie, mais qui se substituent au fuel ou au gaz, pas au nucléaire. Le discours de Hulot est de la désinformation. Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage...

dmg | 28 août 2018 à 08h06
 
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