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La Banque mondiale alerte d'"une crise" de la gestion urbaine des déchets

Un rapport de la Banque mondiale, publié le 6 juin, alerte de l'augmentation de 70% des déchets urbains ménagers dans le monde d'ici 2025 et ses conséquences sur "la forte hausse du coût'' de leur traitement dans les pays à faible revenu.

Déchets  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Alors qu'aujourd'hui, trois milliards de citadins génèrent 1,3 milliards de tonnes de déchets solides par an (soit 1,2kg par personne et par jour), ce volume de déchets passera à 2,2 milliards de tonnes en 2025 (soit 1,42 kg/habitant/jour) produits par 4,3 milliards d'habitants dans le monde. Ce qui représente une hausse de 70 % de déchets solides municipaux d'ici 2025 provenant "pour l'essentiel" des villes à forte croissance des pays en développement, estime la Banque mondiale dans un rapport publié mercredi 6 juin.

Le coût de la gestion des déchets municipaux passerait quant à lui de 205 milliards de dollars actuellement à 375 milliards par an. Une hausse des coûts pour limiter ces déchets qui "sera plus vive dans les pays à faible revenu", prévient la Banque mondiale. L'institution financière avertit d'une "crise imminente'' en matière de traitement de ces déchets alors que le niveau de vie général augmente et que les populations urbaines gonflent.

La Chine et l'Europe de l'Est parmi les plus producteurs de déchets

La Chine, devenue en 2004 le premier producteur de déchets devant les Etats-Unis, génère 70% des ordures de la région de l'Asie orientale et du Pacifique. Une région qui produit annuellement environ 270 millions de tonnes de déchets solides. Les pays qui connaissent le plus fort taux de croissance de ces déchets - "similaire à leur taux d'urbanisation et l'augmentation de leur PIB" - se situent en Asie de l'Est (donc y compris la Chine) qui regroupe environ 33% du total des quantités mondiales (avec le Sud de l'Asie), mais aussi en Europe de l'Est et dans certaines zones du Moyen-Orient, souligne-t-elle. 63 millions de tonnes par an de déchets solides étant générés au Moyen Orient et en Afrique du Nord (5% du total).

Les 34 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dont fait partie l'Union européenne produit quant à eux 572 millions tonnes de déchets urbains par an. Soit 44 % du total au niveau mondial. Or, selon les chiffres d'Eurostat publiés en mars dernier, la mise en décharge reste en moyenne la solution privilégiée pour l'élimination de 38 % des déchets municipaux au niveau de l'Europe des 27. Les pays qui ont eu le plus souvent recours à cette pratique sont la Bulgarie (100 %), la Roumanie (99 %), la Lituanie (94 %) et la Lettonie (91 %), derniers pays entrés dans l'UE issus de l'Europe de l'Est…

Il existe une corrélation directe entre le niveau de revenu par habitant dans les villes et la quantité de déchets générée, rappelle la Banque mondiale. En général, lorsqu'un pays s'urbanise et que la population s'enrichit, la consommation de matières inorganiques (comme le plastique, le papier, le verre et l'aluminium) s'accroît. Tandis que la part des matières organiques diminue.

Si le problème n'est pas nouveau, ''il prend de l'ampleur chaque jour'', souligne la Banque mondiale qui appelle à inverser la tendance de manière "urgente" en particulier "dans les villes en expansion rapide des pays à faible revenu", a déclaré Rachel Kyte, vice-présidente pour le développement durable à la Banque mondiale. ''Les problèmes liés aux déchets urbains solides vont être gigantesques, aussi importants, sinon plus, que ceux que nous connaissons actuellement en raison du changement climatique. Ce rapport doit être considéré comme un puissant signal d'alarme pour les décideurs dans le monde entier", ajoute Dan Hoornwegt, coauteur du rapport et spécialiste au sein du département "Economie et développement urbain" de la Banque.

Des taxes pour favoriser le recyclage

Sans surprise… les auteurs appellent donc les maires des villes à mettre en place un véritable plan intégré de gestion de ces déchets afin de réduire leur production et d'augmenter le recyclage et le compostage. "Ce plan doit impérativement s'appuyer sur une consultation et une participation de toutes les parties prenantes. Il doit aussi nécessairement prendre en compte les aspects de santé publique et de protection de l'environnement", estiment-ils. D'autant que les déchets ménagers représenteraient près de 5 % du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Les décharges génèrent par exemple 12 % de la totalité des émissions mondiales de méthane, selon leurs estimations.

Parmi les pistes de recommandations formulées par la Banque mondiale : les instruments économiques incitatifs pour développer le recyclage déjà mis en avant par la Commission européenne dans un récent rapport sur le sujet. Les auteurs proposent d'instaurer des mécanismes de prix (taxes sur les produits) afin "d'encourager" les éco-consommateurs. Figure aussi la mise en place de redevances liées à la quantité de déchets, ''avec par exemple une taxe plus faible pour les consommateurs qui trient les produits recyclables''. Est également recommandée la définition de politiques d'achat et des prix préférentiels qui "stimulent la demande de produits fabriqués à partir de déchets ménagers recyclés" et l'éco-conception.

Réactions5 réactions à cet article

 

bonjour ,suite à l'article sur les déchets faut il que les maires ne pensent qu'a se réélir donc se faire bien voir auprès des ses electeurs
car quand on a un maire adjoint au développement durablequi ne fait pas son boulot ,à oui j'oubliai pour la photo ils savent très bien faire les coqs de basse cours mais pour le reste aucune initiative pour la réduction des déchets tous types
pour preuve il a fallu 2 ans pour mettre des poubelles type tri sélectif et encore elles sont souvent absentes dans les ecoles de le municipalité et lors de manifestations aucun dispositif pour le tri ,une seule sorte de poubelle biensur pour faire marcher l'incinérateur au détriment du recyclage
les générations futures ne vous disent pas merci
gfutures

gfutures | 09 juin 2012 à 07h48
 
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La Banque Mondiale encourage la croissance, et la Banque Mondiale s'alarme qu'il y ait des déchets....... l'un ne va pas sans l'autre !

Le trie devait faire baisser la taxe sur le ramassage des ordures, ce qui n'est pas le cas........mensonge !

Lorsqu'il y a de plus en plus de monde sur la planète, que le Banque Mondiale appelle à la croissance (donc à la consommation), il ne peut y avoir que +++ de déchets.

Le meilleur des mondes n'est pas un roman, c'est un programme politique.

Lise-Marie | 11 juin 2012 à 20h40
 
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Un très bon sujet qui nous préoccupe déjà vu l'incapacité de certaines collectivités à gérer éfficacement la gestion des déchets ou par manque de moyen les dechets urbains ne sont pas traités avec comme conséquence les maladies hydriques. Faut il attendre alors 2025 quand en ce moment dans les pays à revenu faible, la population ne cesse de croître? Nous pensons que la Banque Mondiale doit encourager dès maintenant et promouvoir des PME spécialisées en recyclage des dechets.

CHABI | 12 juin 2012 à 00h46
 
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Bonjour à tous,

La problématique des déchets vient-elle de son recyclage ou de sa fabrication?
Je pense que le déchet doit-être réduit à la source et non pas à la fin du cycle lorsque les consommateurs se demandent dans quelle poubelle je vais mettre mon petit pot de yaourt qui, entre parenthèse, a généré, de sa conception à son élimination, plus de CO2 que la vache qui rumine dans le champs d'en face.
L'élimination des déchets inorganiques en fin de cycle (chez le consommateur) est impossible à grande échelle car l'extension de la population mondiale nécessiterait des moyens considérables pour éviter les rejets de ceux-ci dans la nature.
Il y a l'être humain, qui souille par insouciance la nature mais ne parlons même pas de la quantité de déchets qui se sont répandus et qui se répandrons dans la nature à cause des catastrophes naturelles (tsunami, etc.).
Les emballages inorganiques doivent, tout simplement, être proscrits.

Jémica | 12 juin 2012 à 18h22
 
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Ah ah la banque mondiale!
Tête de gondole du capitalisme et de la mondialisation effrénées qui vient donner des leçons, c'est à mourir de rire.
Alors que des centaines de millions d'occidentaux sont entrain de glisser inexorablement vers la pauvreté, ces pompiers pyromanes nous proposent de nouvelles taxes!!
On veut régler les conséquences avant de s'occuper des causes, c'est une imposture intellectuelle, mais bon ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Jules | 19 juin 2012 à 03h15
 
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