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Financement des énergies fossiles : un progrès relatif du côté des banques

Les 37 plus grandes banques internationales en 2016 ont réduit leurs financements directs aux énergies fossiles de 22% par rapport à 2015. Si ce premier pas est à saluer, des efforts restent à faire dans le choix des entreprises qu'elles soutiennent.

Gouvernance  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

Malgré les progrès, le schéma reste sensiblement identique. Le constat du rapport  "Miser sur le changement climatique" réalisé par Rainforest Action Network, BankTrack, le Sierra Club et Oil Change International sur le financement par les banques des énergies fossiles est en demi teinte. Les différentes organisations ont décortiqué les politiques adoptées par les banques pour encadrer leurs soutiens au charbon, sables bitumineux et forages en Arctique et eaux très profondes, ainsi que pour l'exportation de gaz naturel liquéfié.

Selon leur conclusion, 87 milliards de dollars de financements ont été versés à ce type d'énergies fossiles par les 37 plus grandes banques internationales en 2016. Ce qui représente une baisse de 22% par rapport aux 111 milliards de dollars versés 2015. Toutefois par rapport aux financements apportés en 2014 - de 92 milliards de dollars - la réduction est moindre et ne dépasse pas les 5%. "Si de nombreuses banques européennes et américaines ont progressé pour s'affranchir de l'extraction du charbon, en revanche les banques du monde entier ne parviennent pas à adopter des règles en matière de pétrole", regrette également le document.

Une baisse de 30% côté banques françaises

Du côté des banques françaises, un premier pas semble également avoir été réalisé. BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole comptabilisent 4,654 milliards de financements à ce type d'énergie en 2016. Ce qui constitue une baisse de 30% de leurs soutiens entre 2015 et 2016. Elles se classent ainsi respectivement à la 15ème, 19ème et 25ème place.

"La baisse des financements des banques françaises aux énergies fossiles extrême est certainement une bonne nouvelle pour le climat et les populations. Attention cependant aux conclusions hâtives, souligne Lucie Pinson chargée de campagne finance privée pour les Amis de la Terre. Pour avoir une vue complète du positionnement des banques françaises sur le climat, dans un contexte post-COP21, on ne peut pas se contenter de chiffres, il faut aussi regarder leurs politiques et engagements sur ces secteurs. Or c'est là que le bât blesse".

En regardant plus précisément le classement (de A à F), les banques françaises sont en bonne position en ce qui concerne le financement de nouvelles usines à charbon : elles disposent de politiques pour réduire ou éliminer le financement des producteurs d'énergie électrique ayant une capacité importante liée au charbon (BNP Paribas B, Société Générale B - et Crédit Agricole B-).

De la même manière, la Société Générale (B-) et le Crédit Agricole (B) ont mis en place des règles pour baisser ou supprimer le financement des producteurs de charbon.

BNP Paribas (C+) est moins bien classé car moins restrictive : elle restreint ou interdit le financement de mines de charbon individuels ou de producteurs de mine de charbon à ciel ouvert.

Pour le pétrole prélevé dans des conditions "extrêmes", les banques se font moins sévères. BNP Paribas (D) et la Société Générale (D-) se sont prononcés publiquement pour contrôler les financements de projets de sables bitumineux et forages en Arctique ou en eaux très profondes.

Le Crédit Agricole (C) fait figure de meilleur élève et interdit le financement de ce type de projets.

Les banques françaises pêchent en revanche concernant les exportations de gaz naturel liquéfié. La Société Générale (D-) et le Crédit Agricole (D) ont des politiques de "diligence raisonnable" sur cette question. BNP Paribas (F), quant à elle ne dispose d'aucune restriction.

"Si les banques françaises embrassent la transition énergétique, c'est lorsqu'il s'agit de faire des profits dans les renouvelables uniquement, estime quant à lui Yann Louvel, un des contributeurs du rapport et coordinateur de la campagne Energie-Climat de BankTrack. Elles reconnaissent l'erreur de DAPL, mais elles ne sont pas pour autant prêtes à ne plus financer des projets similaires et les entreprises qui les portent. Le dernier exemple en date est le soutien apporté par Société Générale à l'entrée en bourse de Kinder Morgan, une transaction nécessaire pour son pipeline de sables bitumineux Trans Mountain, au Canada."

Réactions3 réactions à cet article

 

Coquille dans l'article : s'il s'agissait vraiment d'un montant de 7 milliards en 2016, on sauterait de joie, mais malheureusement...
Merci en tout cas de ces informations essentielles pour pouvoir faire bouger les choses.

Alice C. | 23 juin 2017 à 16h36
 
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Bonjour,

Merci pour votre vigilance et votre email. Effectivement le 8 du bon montant: 87 a malencontreusement été supprimé du texte.
La coquille est désormais corrigée.
Bien cordialement

Dorothée Laperche Dorothée Laperche
23 juin 2017 à 16h49
 
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Les banques sont une action de diversion, l’hypocrisie est avant. Rainforest Action Network, Oil Change International, Sierra Club (et autre 350.org) avec des budgets de millions ou dizaines de millions de US$ sont des salariées des fondations milliardaires démocrates détaxées pro-TAFTA (ce qui les différencient de D. Trump). Le Rockefeller Brothers Fund par exemple, personne ne se rappelle de David Rockefeller ? On en utilise tou-te-s du pétrole à commencer par ces "écolos". Ah sur l'aviation qui est 100% CO2taxfree on ne les entend pas ! mais les hypocrisies pour vendre de la voiture Tesla et autres produits "silicon valley", ça y va. Leurs éco-baron-ne-s ne vous montreront jamais les détails de leurs portefeuilles qui doit capitaliser de toute façon (par ex. dans Intel avec les armes ultra-modernes comme ses drones tueurs Altera, etc.).

Ano | 27 juin 2017 à 14h01
 
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