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Energies renouvelables : la dynamique se poursuit en Europe

Selon les dernières statistiques du baromètre EurObserv'ER, l'éolien et le photovoltaïque continuent leur croissance et devraient largement dépasser les objectifs 2010. Les autres filières sont moins dynamiques voire en recul pour certaines.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Energies renouvelables : la dynamique se poursuit en Europe
© P.E. Petersen
   
Comme chaque année depuis maintenant plus de 10 ans, le baromètre EurObserv'ER rend compte des dernières évolutions dans le domaine des énergies renouvelables en Europe. Le dernier en date, basé sur les données de l'année 2007, révèle que la production d'électricité renouvelable augmente en Europe, principalement grâce à l'éolien et au photovoltaïque.

L'éolien et le photovoltaïque, moteurs de la production d'électricité renouvelable

8.289 MW d'éolien ont ainsi été installés en 2007 contre 7.394 MW en 2006. Au total, le parc éolien européen s'élève à plus de 56.400 MW dont 20.622 MW en Allemagne et 15.630 MW en Espagne. Les installations terrestres et offshore ont permis une production électrique d'environ 103,5 TWh soit 3 % de la production d'électricité de l'Union européenne.
Pour le photovoltaïque, le parc européen a connu une croissance de 55,6 % en 2007. Les pays de l'Union ont installé 1.731 MWc portant ainsi la puissance totale européenne à 4.846 MWc dont 3.846 MWc en Allemagne.

Ces deux filières de production sont appuyées par le secteur de la petite hydroélectricité (moins de 10 MW). En 2007, le parc européen a connu une croissance de 2,2 %, ce qui porte sa capacité totale à 12.791 MW dont 2.522 MW en Italie, 2.060 MW en France, 1.852 MW en Espagne et 1.754 MW en Allemagne. La filière a permis la production de 38,8 TWh électriques.
À une moindre échelle, la production d'électricité géothermique est en hausse de 2,7 % en 2007 par rapport à 2006 avec 5,8 TWh grâce à une puissance installée de 856 MWe dont 810 MWe en Italie.

Le solaire thermique en perte de vitesse

Après avoir connu deux années de très forte croissance, le marché du solaire thermique s'est réduit en 2007 avec moins de capteurs vendus (-6,9 %) et seulement 2,9 millions de m2 installés (soit une puissance équivalente d'environ 2.000 MWth) contre 3,1 millions de m2 en 2006. La décroissance du marché allemand semble être à l'origine de ce recul. Au problème de conjoncture globale défavorable s'est ajoutée une augmentation du taux de TVA de 16 à 19% au début de l'année 2007 et les subventions à l'investissement ont été revues à la baisse, explique EurObserv'ER. Mais selon les premières observations, les tendances du marché 2008 sont rassurantes et suggèrent une reprise de la croissance.

La production de chaleur renouvelable est également assurée par 2.465 MWth d'installation géothermique qui exploitent directement les nappes aquifères du sous-sol (application de basse et moyenne énergie), et 8.758 MWth de pompe à chaleur géothermique (PACG) soit 722.000 unités (très basse énergie). Si le premier secteur a peu évolué, le marché des PACG a marqué une légère diminution par rapport à 2006 (- 4 %). EurObserv'ER explique cette baisse par une forte chute du 1er marché européen qu'est la Suède (-30,1 %) et par le ralentissement des marchés allemands et français.

Biogaz et déchets, une valorisation toujours en progression

La production européenne d'énergie primaire à partir de biogaz a atteint 6 Mtep en 2007 soit une augmentation de 21,2 % par rapport à 2006. Cette augmentation a principalement profité à l'électricité produite au sein des unités de cogénération. La valorisation du biogaz sous forme d'électricité a ainsi permis de produire 19,9 TWh soit une hausse de 17,4 % par rapport à 2006.

La valorisation énergétique des déchets via l'incinération a elle aussi connu une forte progression en 2007. Elle a permis de produire 6,1 Mtep d'énergie primaire (+ 6,5%) dont 1,1 Mtep pour la France et autant pour l'Allemagne. Une partie a été valorisée en électricité à hauteur de 14 TWh (+ 9 % par rapport à 2006). La production brute de chaleur vendue augmente, quant à elle, très légèrement (+0,4 %) à 1,72 Mtep.

En revanche, la production d'énergie à partir de biomasse solide, le bois principalement, a progressé de seulement 1 % par rapport à 2006. La biomasse a permis de produire 66 Mtep d'énergie primaire dont 9,2 Mtep en France, 9,1 Mtep en Allemagne et 8,4 Mtep en Suède. Ce ralentissement s'explique par des conditions climatiques clémentes. Mais selon EurObserv'ER, ce ralentissement devrait se poursuivre à court terme pour cause de crise économique et de manque d'investissement dans les infrastructures.

Un ralentissement se fait également sentir du côté des agrocarburants : leur consommation a continué d'augmenter mais à un rythme moins soutenu qu'en 2006. 8,1 Mtep ont été consommés en 2007 dont 3,9 Mtep en Allemagne et 1,4 Mtep en France. Ce chiffre représente désormais 2,7 % du contenu énergétique de l'ensemble des carburants utilisés dans les transports routiers de l'Union européenne.

Quid des objectifs 2010 ?

Au regard des évolutions observées en 2007 EurObserv'ER semble confiant pour l'atteinte des objectifs de développement des énergies renouvelables fixées par l'union européenne pour 2010 mais seulement pour certains secteurs. Ainsi pour l'éolien, les perspectives de croissance restent très favorables et Observ'ER mise sur un parc de 89.000 MW d'ici 2010 soit 29.000 MW de plus que l'objectif. Pour le photovoltaïque, l'observatoire mise sur un parc de 10.300 MWc fin 2010. Autrement dit, l'objectif du Livre blanc de 3.000 MW déjà dépassé en 2006, devrait être plus que triplé.
L'objectif devrait également être dépassé concernant la production de chaleur géothermique avec une projection à plus de 15.800 MWth d'ici 2010 dont 2.700 MWth pour les applications de basse et moyenne énergie et 13.100 MWth pour les PACG. L'objectif fixé dans le Livre blanc est de 5.000 MWth.

La petite hydroélectricité, quant à elle, devrait frôler les objectifs 2010. EurObersv'ER estime à environ 13.450 MW la capacité européenne totale en 2010 alors que l'objectif est de 14.000 MW. Même chose pour la production d'électricité géothermique qui pourrait atteindre 990 MW pour un objectif de 1.000 MW.

En revanche, malgré une reprise de la croissance en 2008 pour le solaire thermique, les incertitudes liées à la conjoncture économique ont conduit EurObserv'ER à revoir à la baisse ses estimations du parc de l'Union pour 2010 à 35 millions de m2, soit un peu plus du tiers de l'objectif du Livre blanc.

De même, le « plan biomasse 2010 » de l'UE fixant un objectif de consommation de 149 Mtep ne sera vraisemblablement pas atteint : même si côté agrocarburants, les projections d'EurObserv'ER sont élevées (17,5 Mtep en 2010), la croissance de la production d'énergie à partir de biogaz, de déchets municipaux et de biomasse n'est pas assez soutenue. Ainsi la consommation primaire de l'ensemble de la biomasse s'élèverait à seulement 106 Mtep à l'horizon 2010.

Réactions5 réactions à cet article

 
baromètre EurObserv'ER

Devant la croissance fulgurante de certaines technologies (PV en particulier: 2 500 MWc installés en, Espagne en 2008), utiliser les chiffres 2007 semble un peu dépassé... Dommage que ce baromètre sorte si tard !

kevin | 30 juillet 2009 à 09h13
 
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Faux progrès à déplorer.

Photovoltaïque qui progresse très vite, solaire thermique qui s'essouffle... C'est à n'y rien comprendre. Dans d'autres pays qui tournent au charbon ou au gaz pour produire leur électricité, c'est certainement un progrès, mais en France, où notre électricité ne produit que très peu de CO2, c'est une mauvaise nouvelle.

Les politiques devraient subventionner plus généreusement le solaire thermique et la construction de STEP (qui permettraient un développement optimal de l'éolien en résolvant le problème de stabilité posé par leur caractère intermittent.) et moins le PV, qui est la moins intéressante des sources d'EnR.

Umwelt | 11 août 2009 à 17h23
 
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Des chiffres !!!

Umwelt est démasqué, il travaille sûrement dans le lobby nucléaire pour dire de telles âneries... "Notre électricité ne produit que très peu de CO2"
Mais il faut avoir la tête dans un sac depuis 10 ans pour ne pas savoir que le nucléaire est parmi les plus gros producteurs de CO2 et que c'est malheureusement la moindre de ses pollutions.
Pourriez-vous mon cher Umwelt nous donner quelques chiffres comparatifs sur la production de CO2 du nucléaire que nous puissions rire quelques instants ?

Pinoc | 19 août 2009 à 18h36
 
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Re:Des chiffres !!!

"Umwelt est démasqué, il travaille sûrement dans le lobby nucléaire pour dire de telles âneries... "Notre électricité ne produit que très peu de CO2" "

Vous avez bien fait de mettre le "sûrement" : je suis étudiant. D'une part.

Quant aux âneries dont vous parlez, je les tiens directement des chiffres de l'AIE et du site de Jean-Marc Jancovici, père du Bilan Carbone, qui a, je pense, légèrement plus de compétences que vous et moi pour émettre un tel avis.

Troisièment, je vous renvoie le compliment, car vous n'avancez pas un chiffre de plus que moi (si on fait abstraction du "tête dans le sac depuis 10 ans" qui n'a, vous en conviendrez, aucun intérêt dans notre débat). Mais si vous voulez des chiffres, je me ferais un plaisir de vous les fournir : en kg d'équivalent Carbone par kWh produit :

Hydroélectricité : 13
Nucléaire : 19
Eolien : 32
PV : 316
Bien sûr, le PV est le plus mauvais de tous (pour l'instant) mais face aux fossiles, il est meilleur, je ne le nie pas:
Gaz naturel : 651 (et c'est le moins pire !)
Charbon : 1123 !
Source : site de Jean-Marc Jancovici lui-même.
Bien sûr il ne s'agit que des chiffres avancés par une seule personne, mais cet expert en climat et en énergie renommé est sans doute bien moins compétent que vous.

Pour ce qui est de la moindre des pollutions engendrées par le nucléaire, je vous le concède, les déchets radioactifs sont un problème épineux... dont la résolution a été retardée de quelques décénnies par l'arrêt du seul réacteur expérimental à neutrons rapides qui pouvait considérablement réduire ce problème (d'un facteur 100). J'ai nommé Superphénix, arrêté car issu de l'industrie nucléaire, qui produit des déchets, alors que, allez comprendre, il permettait justement de les recycler.

Enfin, vous qui vouliez tellement avoir matière à rire, pourquoi avez-vous choisi de poster un commentaire en parallèle au mien plutôt qu'en réponse à celui-ci, ce qui m'aurait permis d'être informé d'un retour, et répondre comme il se doit à une telle démonstration d'éloquence ?

En tout cas, ce ô combien subtil stratagème a failli marcher, si le hasard ne m'avait pas conduit à ce coup de poignard dans le dos, trouvé sur Google.

En attendant impatiemment votre réponse, je vous salue.

Umwelt | 20 octobre 2009 à 19h23
 
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Re:Des chiffres !!!

Bonsoir,

En tout premier lieu, je tiens à préciser que, si j'écris bien depuis la même adresse I.P. qu'Umwelt, je ne suis que l'une de ses connaissances écrivant depuis le même campus, et non pas une incarnation du maléfique complot nucléaire visant à l'anéantissement complet et absolu des fiers défenseurs de la nature.

En fait, je suis plus dangereux.

Maintenant que les présentations sont faites, je puis m'adonner complètement à ma réponse.
Voyez-vous, ô courageux posteur amateur des appels à réponse postés de manière à ne pas prévenir l'adversaire du gant jeté à sa face, je connais personnellement Umwelt. Et je peux confirmer, de par ses résultats en cours, qu'il n'a pas la tête dans un sac depuis 10 ans (en tout cas, pas ces deux dernières années), puisqu'il parvient à suivre sans grande difficulté les dites-leçons.
Mais trèves de billevesées, et quittons les fleurs pour descendre aux épines, puisque, si vous avez voulu rire avec votre volée de bois vert, je vais rire (jaune).

Une réaction de fission nucléaire, comme vous le verrez probablement en entrant au lycée, diffère totalement d'une réaction de combustion chimique sur bien des points. Le moindre n'étant pas l'absence de comburant.
Cela signifie, ami lecteur, que l'oxygène étant absent du réacteur, tout comme d'ailleurs le carbone, il sera difficile de produire du dioxyde de carbone. La suite du procédé d'obtention d'énergie impliquant uniquement des fluides caloporteurs, à savoir de l'eau et, dans certains modèles de réacteurs, du sodium (voire, pour les réacteurs de sous-marins nucléaires d'attaque de la classe Alfa, soviétiques, du métal en fusion).

Umwelt ayant produit les chiffres que vous demandiez, je ne produirai que le bon sens : sans ses matériaux constituants, on ne peut créer de CO2, la vapeur que nous pouvons voir n'est que de la vapeur d'eau pure.
Bien sûr, si nous voulons aborder les émissions de CO2 lors des constructions, extraction et transport de minerai, etc., il suffira au néophyte de rappeler que ces dépenses sont les mêmes pour toutes les installations, si ce n'est qu'une centrale nucléaire consommera beaucoup moins de combustible et, qu'au kilo de béton consommé, produira largement plus d'énergie qu'une éolienne (dont, proportionnellement, la construction sera plus polluante, sans même parler de son caractère intermittent qui rend obligatoire l'usage d'un appoint, fossile, est-il besoin de le préciser ?).


Maintenant que le fond du message est traité, nous pouvons passer à la forme elle-même, qui, sans aucun doute, mérite une analyse.
L'agressivité dont vous faites preuve est sans le moindre doute déplacée, comme l'indique la charte de bonne conduite (et la Netiquette). De plus, vous tentez, sans succès aucun, de mettre votre adversaire sur la défensive en l'accusant de faire partie d'un lobby (ou, si l'on va plus loin dans votre raisonnement, d'un complot). L'on pourrait donc supposer que, selon vous, seules les personnes étant payées pour travailler dans ce domaine peuvent vouloir le défendre en public, alors même que, bien au contraire, ce camp, tout comme le vôtre, a ses défenseurs bénévoles.

Il me semble donc relever de la plus élémentaire courtoisie de votre part que d'apprendre à respecter une personne émettant une opinion contraire à celle que vous professez, et à faire preuve d'un certain esprit critique, car, dans ce débat comme dans tous les sujets critiques de notre époque, l'outil le plus important dont nous disposons n'est pas une quelconque source d'information, partiale ou non, mais bien notre cerveau.

Sur ce, en espérant que vous n'aurez pas pris ma réponse pour autre chose que ce qu'elle est (un commentaire calme et réfléchi), je vous souhaite une bonne journée, ou soirée, selon l'heure de votre lecture,

Sincèrement,

Làkhesis, pârque au chômage technique.

Làkhesis | 20 octobre 2009 à 19h52
 
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