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Le Bassin Adour Garonne doit s'attaquer aux pollutions diffuses et améliorer sa gestion quantitative de l'eau

L'état des lieux du bassin Adour Garonne montre que le bon état demandé par la Directive cadre sur l'eau ne sera pas atteignable partout. Parmi les obstacles les plus importants : les pollutions diffuses et la gestion quantitative de la ressource.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Le Bassin Adour Garonne doit s'attaquer aux pollutions diffuses et améliorer sa gestion quantitative de l'eau

Le nouveau comité de bassin Adour Garonne hérite du suivi d'un gros dossier en ouverture de son mandat : la poursuite de l'élaboration du projet de schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) pour le troisième et dernier cycle de la Directive cadre sur l'eau. L'objectif du document ? Établir un plan d'actions pour une gestion équilibrée et durable de la ressource et atteindre le bon état des masses d'eau demandé par le texte européen. Un certain nombre d'étapes importantes ont déjà été franchies pour son élaboration dont le diagnostic de l'état des milieux aquatiques en 2019 et la validation par le précédent comité de bassin d'un projet de Sdage, en octobre 2020.

La nouvelle photographie des ressources du bassin montre que le précédent plan d'actions n'a pas réellement permis d'améliorer la situation. « Les enjeux identifiés précédemment perdurent car ils n'ont pas été intégralement résolus lors des cycles précédents, constate l'état des lieux. Ils sont en outre renforcés aujourd'hui par le changement climatique et la dynamique de la population ». Les 7,8 millions d'habitants du bassin (et 1,2 millions d'habitants saisonniers) sont aujourd'hui majoritairement répartis sur l'axe entre les métropoles de Bordeaux (Gironde) et Toulouse (Haute-Garonne). Cette concentration devrait encore s'accentuer à l'avenir. Le bassin doit se préparer à accueillir de nouveaux habitants d'ici 2027 : + 5,8 % sont ainsi attendus dans la banlieue toulousaine et + 4 % en Gironde, dans les Landes et en Garonne.

Ce bassin est également particulièrement concerné par l'élévation des températures annoncée. Le plan d'actions au changement climatique du bassin soulignait ainsi que le déficit en eau qui s'élève aujourd'hui autour de 200-250 millions de m3 à l'étiage, pourrait atteindre de 1 à 1,2 milliard de m3 en 2050, si rien n'est entrepris. Par ailleurs, pour tenter de mieux intégrer ces problématiques dans les politiques, la préfecture, le comité de bassin Adour-Garonne ainsi que les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie ont décidé, en 2018, de porter conjointement des actions au sein de l'Entente pour l'eau. C'est que le temps presse.

51 % des rivières en bon état écologique

Le dernier état des lieux montre que 50,8 % des rivières sont en bon état écologique et 91 % en bon état chimique, sans prendre en compte les polluants ubiquistes. Ces substances « historiques » « dégradent régulièrement l'état des masses d'eau et masquent les progrès accomplis par ailleurs », indique l'agence de l'eau.

Concernant les plans d'eau, le bon état écologique est atteint pour 35 % d'entre eux. La proportion montre à 92 % pour le bon état chimique, toujours sans prendre en compte les polluants ubiquistes.

À noter, par rapport au précédent cycle, une détérioration de l'état écologique des masses d'eau littorales : de 55 % de bon état la proportion descend à 45 %. « Cette légère dégradation est due à un déclassement de la masse d'eau Arcachon amont pour le paramètre « zostères » ; de la masse d'eau Hossegor pour les paramètres « invertébrés benthiques intertidales » et « algues proliférantes », explique l'agence de l'eau. L'état chimique calculé sans prendre en substances ubiquistes est de 93 % de bon état (ou 67 % avec).

Sur les 2 808 masses d'eau superficielles que compte le bassin, 183 masses d'eau (6,5 %) ont été considérées comme fortement modifiées dont 83 % (90 sur 108) des lacs et 3% des cours d'eau.

72 % des nappes d'eau souterraine en bon état chimique

Si 72 % des masses d'eau souterraines s'avèrent en bon état chimique, l'agence de l'eau a noté que 31 % sont en mauvais état ou dégradées. « Les phytosanitaires (et leurs métabolites) et les nitrates demeurent les paramètres principalement responsables de la dégradation des masses d'eau », précise-t-elle. Plus précisément 65,5 % de ressource « libre » est en bon état chimique (et 26 % dégradé). Pour ce qui concerne les masses d'eau souterraine captives, les bons résultats sont à nuancer. « Toutes les masses d'eau majoritairement captives sont en bon état chimique (28). Néanmoins des problèmes de qualité sont constatés sur les parties libres, ou affleurement pour 15 d'entre elles (54 %) », note l'agence de l'eau.

Sur les aspects de quantité, 87 % des masses d'eau souterraines sont en bon état. Dans le détail, parmi les 116 masses d'eau souterraines libres, 103 sont en bon état quantitatif et 13 dans un état médiocre (situées dans les sous-bassins de la Charente, de la Seudre et de l'Adour). « L'état médiocre est essentiellement estimé au regard des prélèvements en eau souterraine qui sont à l'origine d'une dégradation de l'état écologique des masses d'eau superficielle - Test DCE eaux souterraines/eaux superficielles, précise l'agence de l'eau. L'état quantitatif des masses d'eau souterraine majoritairement captives s'avère en baisse par rapport au précédent état des lieux (2015) : la part en bon état chute de 85à 78 %. « Il s'explique par le redécoupage des masses d'eau captives qui a fait apparaître en état médiocre des anciennes sous-parties de masse d'eau en bon état mais déjà identifiées en déséquilibre quantitatif en 2013, explique l'agence de l'eau.

Un niveau d'ambition à adapter, selon l'agence

« Le « bon état » au sens de la DCE ne sera pas atteignable partout malgré les efforts déployés, et ce même en prolongeant les délais, estime l'agence de l'eau. La prise en compte des difficultés réelles d'ores et déjà rencontrées doit permettre d'adapter le niveau d'ambition que l'on va fixer pour ce 3ème et dernier cycle, et ce pour répondre aux enjeux environnementaux et sanitaires en tenant compte de la réalité technico-économique des territoires ».

Dans un exercice de prospective, en se projetant à l'horizon 2027, l'agence de l'eau estime que 63,4 % des masses d'eau superficielles affichent un risque de non atteinte des objectifs (écologique ou chimique). Les ressources les plus sensibles ? Les lacs et les rivières avec (respectivement 67 % et 63 %). L'irrigation (31 %) et les changements de la morphologie (46 %) comptent parmi les principales causes de ce risque pour les cours d'eau. Pour les lacs, les altérations hydromorphologiques (97 %) et la pression en azote diffus (31 %) pèsent plus fortement dans la balance. La Charente est particulièrement concernée avec 94 % de ses masses d'eau superficielles qui présentent ce risque de non atteinte des objectifs en 2027. Juste derrière, le Tarn Aveyron (72 % des masses d'eau en risque), la Garonne (69 %) et le littoral (68 %) sont également impactés.

 
Les questions importantes du bassin pour 2022-2027 -Besoin d'amélioration de la gouvernance en tenant compte des évolutions règlementaires
- Efforts à accentuer en matière de réduction des pollutions
- Gestion quantitative complexifiée par les impacts du changement climatique
- Enjeu de plus en plus important de la résilience des milieux aquatiques et humides face aux changements globaux.
 

Concernant les eaux souterraines, 62 % des aquifères présentent un risque de non atteinte
des objectifs en 2027.

Plus précisement pour les masses d'eau souterraine libres, sur la question de l'état qualitatif, 70,7 % présentent ce risque. « Les masses d'eau ne présentant pas de risque qualitatif sont situées dans les Pyrénées, sur l'édifice volcanique du Cantal, dans le Lot et la Dordogne, en Haute-Gironde et sur la côte d'Aquitaine », souligne l'agence de l'eau. Pour l'aspect quantitatif, les prévisions sont plus optimistes : néanmoins 11,2 % des masses d'eau risquent de ne pas attendre le bon état notamment dans les Pyrénées Atlantiques, dans le bassin de l'Adour, en Haute-Gironde et en Charente.

Concernant les nappes souterraines captives, aucune ne présente de risque de non atteinte du bon état chimique mais 25 % sont concernées par une possibilité de ne pas parvenir au bon état quantitatif en 2027.

Dans le détail pour les masses d'eau souterraine libres, sur la question de l'état qualitatif, 70,7 % présentent ce risque. « Les masses d'eau ne présentant pas de risque qualitatif sont situées dans les Pyrénées, sur l'édifice volcanique du Cantal, dans le Lot et la Dordogne, en Haute-Gironde et sur la côte d'Aquitaine », souligne l'agence de l'eau. Pour l'aspect quantitatif, les prévisions sont plus optimistes : néanmoins 11,2 % des masses d'eau risquent de ne pas attendre le bon état notamment dans les Pyrénées Atlantiques, dans le bassin de l'Adour, en Haute-Gironde et en Charente.

Pour mémoire, la consultation publique du projet de Sdage devrait s'ouvrir du 1er mars au 1er septembre 2021.

Réactions1 réaction à cet article

 

Wow. C'est apocalyptique comme bilan !! On est bien loin des 100% de bon état écologique en 2015. En fait on se rapproche plus du 100% mauvais état...

... Et ça se dégrade encore !!

... Et l'agence fait un aveu de faiblesse avec des objectifs non pas d'améliorations mais de "freins" de la dégradation . Frein tout relatif qui plus est...

... Et l'état chimique est largement surestimé en éliminant les ubiquistes. Il faudra bien s'en occuper un jour de ceux-la, les HAP sont partout et l'heptachlore a un seuil tellement bas qu'il déclasse à la moindre quantification. Quid de la recherche pour trouver des solutions de dépollution non destructrices et/ou de rehausser les seuils de toxicité ?
Il n'y a plus ou presque plus de station d'épuration à construire et le budget des agences est considérable, il est temps de l'investir dans la lutte contre la pollution agricole et dans la dépollution. Rester dans la prévention/sensibilisation ne marche visiblement pas.

bIBU | 11 février 2021 à 10h19
 
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