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Actu-Environnement

La belle croissance du vélo en France montre aussi des failles en période tendue

En France, la vente de vélo connait une croissance fulgurante : + 25% en 2020. La crise sanitaire a dopé les ventes, déjà encouragées par la politique incitative. Mais cette industrie reste très dépendante de l'Asie. Reportage chez le leader français.

Reportage vidéo  |  Transport  |    |  Baptiste Clarke  |  Actu-Environnement.com

Le Club des villes et territoires cyclables a proposé au Club des élus nationaux pour le vélo un ensemble de visites pour rencontrer les acteurs économiques et sociaux du vélo en France. Ainsi plusieurs entreprises ont ouvert leurs portes comme l'usine Cycleurope Industries à Romilly-sur-Seine (Aube), l'usine Moustache bikes à Thaon-les-Vosges (Vosges), l'usine Arcade à la Roche-sur-Yon et la Manufacture française du cycle à Machecoul en Loire-Atlantique.

Conclusion : le marché du vélo se porte bien, voire très bien, encouragé par l'essor du vélo électrique. Du coup, la filière dans son ensemble connait une croissance de + 50 % du chiffre d'affaires en 10 ans. Il faut dire que le prix moyen d'un vélo électrique se situe entre 1 500 et 2 000 euros alors qu'en moyenne un vélo classique, acheté neuf, tourne autour des 550 euros. Or, aujourd'hui, quasiment un vélo vendu sur quatre est un vélo électrique.

Les commandes en forte hausse

Globalement la crise de la Covid-19, qui avait interdit la pratique de nombreux sports, a dopé encore un peu plus les ventes de vélos. Mais avant cela, les différentes politiques publiques avaient déjà créé une dynamique importante avec notamment des primes à l'achat conséquentes : de l'ordre de 500 euros pour un vélo électrique, par exemple, encore proposés par la métropole de Montpellier jusqu'à la fin de l'année 2021. Aussi, en 10 ans, les investissements des collectivités concernant les politiques cyclables ont augmenté de 40 %, tant en milieu urbain que sur les véloroutes et les voies vertes. L'objectif étant de favoriser l'usage d'un vélo plutôt qu'un véhicule thermique. Et ça marche ! Exemple à Bordeaux, entre 2015 et 2019, il a été constaté une augmentation de 50 % de la pratique régulière du vélo et une forte hausse pour se rendre au travail.

Conséquence, les usines françaises tournent à plein régime et emploient à tour de bras à l'image de la Manufacture française du cycle, fabricant de vélo, leader sur le marché français, qui a récemment relocalisé une phase de la production et créé ainsi 70 emplois (l'usine emploie environ 550 personnes). Et ce n'est qu'une étape puisque l'usine est déjà en train de construire un nouveau bâtiment pour augmenter son rythme de production. Voir les coulisses de la fabrication de l'usine dans le reportage vidéo.

À l'échelle national, la filière du vélo emploie 80 000 personnes.

Une filière trop dépendante de l'Asie

Encore faut-il pouvoir être suffisamment approvisionné. Et c'est un problème essentiel, selon le président du club des villes et territoires cyclables, Pierre Serne :  « On l'a vu dans toutes les visites qu'on à pu faire, ça devient problématique, il ne faudrait pas que ça freine la dynamique du développement du vélo en France ». En effet, les usines françaises importent de nombreux éléments qu'elles assemblent ensuite, comme les cadres ou les moyeux (composants de la roue) qui proviennent essentiellement d'Asie.

Avec la crise de la Covid-19 et le cargo bloqué dans le canal de Suez, « beaucoup d'entreprises ont souffert », selon Pierre Serne. Le Club des villes et territoires cyclables demande au pouvoir public d'aider davantage à l'investissement pour le développement d'une filière plus indépendante sur le territoire français.

Aujourd'hui, selon les dernières données, les retombées économiques directes de la filière vélo en France sont estimées à près de 10 milliards d'euros.

Réactions3 réactions à cet article

 

Un article qui me touche, 2 petites entreprises de Croix de Vie, gâteau le marchand de vélos , Roux le quincallier épouse
de bénéteau le petit constructeur de bâteaux de pèche, 14 employés l'un se lance dans le bâteau de loisirs, l'autre rachète Gitanes après de la vente en supermarchés.
On ne peut qu'admirer de si belles réussites d'une toute petite ville , un gros village encore traumatisé années 50 du génocide vendéen et la misère dans la dignité.
Et que l'entreprise gâteau tourne à donf, normal, la Vendée est le pays du vélo de Bretignoles à Noirmoutier en l'ile les côtes restent encore à inventer, ça aide.
La dernière fois ils parlaient de 800 km de pistes cyclables, il éxiste même des routes à vélos et tracteurs.
Par contre je pense pas que le vélo est entré dans l'imaginaire des gens, j'ai mis 2 vélos de collection en vente, ils ne sont pas partis, on n'est pas encore arrivé au cas d'avoir un magnifique vélo hors de prix la semaine et un vélo de collection le dimanche, bien sur faut 50 ans voire 60 ans minimum pour s'appeler collection, le pied comme moi plus de 100 ans un Peugeot what else?

pemmore | 07 septembre 2021 à 18h55
 
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Pénurie de pièces de vélo cette année. Par exemple, je n'arrive même pas à faire changer ma chaîne usagée!

Bidule | 08 septembre 2021 à 08h09
 
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Merci de ce reportage, qui est essentiellement axé sur l'aspect économique de la chose, seul aspect où l'on verra systématiquement des élus intervenir (l'économie, çà crée de l'emploi, c'est bon, ensuite, pour son palmarès d'élu).
Il met bien en lumière où en est arrivé le constat actuel : on ne sait plus rien produire ici, pour de multiples raisons, à commencer peut être parce que c'est moins polluant (de ne rien faire) et que c'est plus "juteux" de miser sur des activités à haute valeur ajoutée, derrière un écran.
Cette histoire de containers est mondiale, le Covid n'est cependant qu'un révélateur du déséquilibre. Le jour où le producteur (Inde ou Chine) est touché, c'est toute la planète qui tousse. Les armateurs en ont, ensuite, trouvé l'aubaine de faire monter les cours du transport de containers.... et les états restent pour le moment impuissants, ici comme de l'autre côté de l'Atlantique.
Ajoutons aussi qu'il est paradoxal de voir des entreprises privées solliciter des aides publiques pour relocaliser leur activité.... s'étaient elles vraiment occupées des impacts de leur délocalisation, il y a 15-20 ans?
Enfin, je me pose une question : toutes nos caves et garages étaient-ils à ce point si vides de vélos avant 2020?

nimb | 09 septembre 2021 à 08h45
 
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