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La préfecture valide la fermeture des voies sur berges parisiennes

Les voies sur berges resteront fermées aux voitures, l'expérimentation ayant donné de bons résultats, notamment en matière de pollution. La politique de réduction du trafic devrait résorber les quelques difficultés constatées.

Aménagement  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Mercredi 28 juin, la préfecture de police a validé les conclusions du comité technique de suivi de la fermeture des voies sur berges rive droite. De fait, elle accepte la création de cette aire piétonne dont elle propose de prolonger de deux ans l'observation et l'analyse. Le comité de suivi conclut que, comme escompté, la pollution atmosphérique est moindre le long des quais fermés, en dehors de quelques points localisés. Quant au report du trafic, il génère des augmentations de temps de parcours légèrement inférieures aux prévisions. La préfecture se montre confiante pour l'avenir : "La politique générale des déplacements à Paris [apportera], dans la durée, réponse [à ces] préoccupations".

 
Les résultats de cette première campagne mettent en évidence un impact positif sur les niveaux de pollution atmosphérique observés sur les quais hauts qui cumulaient, auparavant, la pollution des deux axes  
Comité technique de suivi de la fermeture des voies sur berges rive droite
 
La Ville de Paris affiche sa satisfaction. Le comité de suivi "confirme la pertinence de la piétonnisation de la rive droite de la Seine", estime l'exécutif parisien qui "[adhère] aux recommandations très constructives formulées par le préfet de police pour corriger les difficultés ponctuelles identifiées en matière de bruit et de fluidité des carrefours". "Les voies sur berges de Paris resteront interdites aux véhicules malgré une expérimentation catastrophique", regrette pour sa part l'association 40 millions d'automobilistes.

En octobre 2016, un comité technique de suivi avait été mis en place pour évaluer pendant six mois les impacts du projet de la mairie de Paris. Il devait se pencher sur l'évolution de la circulation, la pollution atmosphérique et les nuisances sonores suite à la piétonisation d'un axe emprunté chaque jour par 43.000 automobilistes.

La réduction du trafic automobile améliorera la situation

Lors de la fermeture des voies sur berges, deux sujets ont focalisé les craintes : la pollution atmosphérique et les conditions de circulation. Pour mesurer la pollution de l'air, Airparif a ajouté 80 points de mesure dans Paris et la proche banlieue, dont un point tous les 300 mètres le long des voies sur berges. "Outre la baisse des niveaux de pollution au niveau de la voie sur berges, les résultats de cette première campagne mettent aussi en évidence un impact positif sur les niveaux de pollution atmosphérique observés sur les quais hauts qui cumulaient auparavant, la pollution des deux axes", résume le comité. L'amélioration atteint 25% le long des quais fermés à la circulation. En revanche, une augmentation de l'ordre de 5 à 10% est observée en fin de zone piétonnisée vers l'Est parisien. De même, une dégradation de l'ordre de 1 à 5% est constatée sur les quais hauts, au niveau des carrefours dans la zone la plus congestionnée. L'impact reste inférieur à 5% sur les axes de report.

La préfecture estime que la politique de déplacements de la Ville de Paris devrait permettre d'améliorer progressivement les dégradations observées. "La création de la nouvelle aire piétonne des voies sur berges rive droite, s'inscrit dans une nouvelle logique de répartition des usages de l'espace public à Paris et de lutte contre la pollution par la réduction des véhicules motorisés en centre-ville", rappelle la préfecture. Elle évoque notamment la diminution de la circulation automobile, la création de la zone de circulation restreinte (ZCR) et les autres possibilités ouvertes par la création des vignettes Crit'air.

 
Agir au plus vite pour réduire le bruit Le comité constate que l'augmentation des nuisances sonores dues à la fermeture des voies sur berges pose problème. Le report de trafic sur les quais hauts entraîne une augmentation du bruit "jugée significative pour les riverains et correspond à une dégradation de l'exposition sonore la nuit". En conséquence, la préfecture "recommande des initiatives rapides pour répondre, dans les plus brefs délais, à la question du bruit, notamment en investissant dans des revêtements dits silencieux".
 
Report de trafic conforme à l'étude d'impact

En matière de circulation, le comité constate une dégradation sur les axes de report. Au niveau régional, "aucune tendance franche ne se dégage à l'issue des 8 mois d'observation, mise à part l'augmentation avérée du trafic sur l'A86 Sud", conclut le comité de suivi, précisant que "cet éventuel report sur l'A86 reste limité et absorbable par la capacité de l'infrastructure, aucune formation de congestion n'ayant été constatée à cet endroit". Dans Paris intra muros, le report de trafic s'effectue sur les quais hauts rive droite (quais des Tuileries – jusqu'au quai de l'Hôtel de Ville) et sur le boulevard Saint-Germain. Ils sont plus importants en heure de pointe du matin et restent conformes aux prévisions de l'étude d'impact.

Le constat est similaire pour les temps de parcours. Entre septembre 2016 et mai 2017, les temps de parcours en moyenne cumulée en heure de pointe matinale s'établissent à 14,8 minutes sur les quais hauts et 12,8 minutes sur le boulevard Saint Germain, contre respectivement 13,1 minutes et 10 ,7 minutes. "Ces chiffres sont inférieurs à ceux de l'étude d'impact", note la préfecture qui dresse un constat identique pour l'heure de pointe du soir. L'évolution des temps de parcours, de la régularité et des pertes kilométriques des lignes de bus parisiens "font apparaître des évolutions négatives [que la RATP] ne qualifie cependant pas de significatives et qui ont tendance à s'atténuer avec le temps".

Réactions1 réaction à cet article

 

Effectivement, c'est scientifique: la mesure sur des points nouvellement installés - et qui ne pouvaient pas mesurer la pollution antérieure - démontre en effet qu'il y a moins de pollution qu'avant...
BRAVO pour l'honnêteté intellectuelle !
En attendant, mon temps de trajet aller-retour passe de 70 minutes à 2 heures 30...
MERCI pour l'offre alternative de transports !

Albatros | 04 juillet 2017 à 14h15
 
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