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EnR, nucléaire et gaz de schiste, Eric Besson précise la position française

Interrogé par les députés, Eric Besson a détaillé la politique énergétique française. Des EnR aux hydrocarbures non conventionnels, en passant par le nucléaire, tous les thèmes polémiques ont été abordés.

Energie  |    |  Philippe Collet
   
EnR, nucléaire et gaz de schiste, Eric Besson précise la position française
   

Mercredi 1er juin 2011, devant la commission développement durable de l'Assemblée nationale, Eric Besson, le ministre de l'Energie, a passé en revue l'actualité énergétique française.

Deux mois de retard pour l'éolien offshore

S'agissant du cahier des charges du premier appel d'offres éolien offshore, le ministre a annoncé qu'il "sera publié début juillet au Journal officiel de l'Union européenne, pour des réponses attendues début janvier 2012 et une désignation des lauréats début avril 2012", soit avec deux mois de retard sur le calendrier initial.

Par ailleurs, il a confirmé que la décision finale dépendra pour 40% du prix, pour 40% de critères industriels et pour 20% de l'aspect environnemental des projets. Le coût des quelque 3 gigawatts (GW) de puissance installée sera d'environ 10 milliards d'euros, financé par les consommateurs via la Contribution au service public de l'électricité (CSPE). Le ministre a enfin indiqué espérer la création de 10.000 emplois.

Quant au projet de cahier des charges des appels d'offres pour les centrales photovoltaïques au sol, Eric Besson a annoncé engager le jour même une consultation. Ces appels d'offres pour des installations comprise entre 100 et 250 kilowatts crête (kWc) seront publiés à l'été, a-t-il précisé. "Notre ambition est claire: créer les conditions d'émergence d'une filière industrielle française innovante", a-t-il rappelé.

Explications à venir sur le coût du nucléaire français

 
Eric Besson réunira les électriciens le 9 juin Mercredi matin, Eric Besson a annoncé au micro de France Info qu'il réunira la filière énergétique le 9 juin "pour tirer une double leçon, la sécheresse et ses conséquences et, deuxièmement, la décision allemande."
"L'arrêt immédiat des sept centrales nucléaires enlève à l'Allemagne à peu près 10% de sa production électrique", a-t-il indiqué, précisant que "l'Allemagne ne va plus pouvoir exporter, ou beaucoup moins." Cette situation pourrait avoir un effet sur l'approvisionnement français "à court terme", a-t-il estimé, notamment "si on cumule les conditions de sécheresse et la baisse de la production par les Allemands."
Il a expliqué que "si globalement nous exportons davantage que nous importons d'électricité vers l'Allemagne […] il arrive qu'en été nous importions de l'électricité."
 
En matière de nucléaire le ministre est revenu sur les échanges électriques franco-allemands et l'impact attendu de la sortie du nucléaire outre-rhin sur l'équilibre de l'approvisionnement français. Il a tout d'abord confirmé ses propos du matin sur France Info, indiquant que la sécheresse conjuguée à la baisse de production allemande, suite à l'arrêt de sept réacteurs en mars, fait peser un risque sur l'approvisionnement français.

De plus, alors que la polémique enfle sur l'évolution des échanges franco-allemands, il a tenu à préciser que si depuis 2004 la France est importatrice d'électricité allemande, la tendance s'est renversée sur le début de l'année 2011 : "les exportations vers l'Allemagne ont augmenté de 54% et nos importations ont baissé de 45%", a-t-il assuré. Cependant, le ministre a confirmé que les exportations françaises concernent la production électrique dite "de base" et que les importations se font sur des capacités "de pointe." Distinguer les échanges liés aux pics de consommation semble donc nécessaire pour appréhender les difficultés d'approvisionnement dont pourraient souffrir les deux pays.

Les députés l'ont aussi questionné sur le coût du nucléaire et sur la facture du démantèlement des réacteurs en particulier. "Les opérateurs ont provisionné 50 milliards d'euros" pour le démantèlement, a-t-il tout d'abord répondu. Cependant, alors qu'un élu estimait à 13 ou 14 milliards d'euros les provisions effectivement réalisées par EDF, Eric Besson, après avoir consulté un conseiller, a finalement indiqué qu'il ferait parvenir une réponse complète sur le sujet à la commission parlementaire.

La fracturation hydraulique pratiquée des dizaines de fois en France

Enfin, alors que les sénateurs débattaient du projet de loi sur les gaz de schiste et la fracturation hydraulique, le ministre a réitéré la position du gouvernement favorable a des expérimentations afin d'évaluer le potentiel français. Ce potentiel "aujourd'hui méconnu, pourrait être d'un siècle de consommation." Il a ainsi regretté le fait que les élus adoptent une loi avant le rendu final de la mission d'évaluation sur les hydrocarbures non conventionnels.

Cependant, c'est un détail de l'argumentaire d'Eric Besson qui retient l'attention. Le ministre, qui appelle à ne "minimiser ni les enjeux ni les risques" associés à la fracturation hydraulique a affirmé que la technique a déjà été "pratiquée des dizaines de fois en France sans soulever de débat et sans difficulté." Ce qui fait débat aujourd'hui c'est "un usage de plus grande ampleur et donc de plus grandes conséquences environnementales."

Réactions6 réactions à cet article

 

Je cite "gouvernement favorable a des expérimentations afin d'évaluer le potentiel français".
Une recherche pendant 5 ans renouvelable 5 ans, sachant que l'on peut vendre le produit de la recherche et abandonner après car ce n'est plus rentable...
Est-ce encore la définition d'une recherche ?

Plus sérieusement, les fuites qui arrivent parfois polluent naturellement même sans introduction de produits chimiques. Le gaz d'argile (shale) dit de shiste est naturellement pollué avec du radon (radio-actif) et des arsénures (arsenic toxique).
De nombreux sites sont sous des couches calcaires avec les fameux réseaux karstiques connus des spéléologues. Les gaz pollués se frayent plus facilement un chemin que ces derniers et vont aisément polluer les nappes phréatiques à des km du point de fuite.
Par exemple sur l'arrondissement de Grasse dans le 06 il y a deux bassins d'alimentation en eau de la Côte d'Azur de Cannes à st Laurent du Var (près de Nice) soit 500 000 habitants. Ces bassins sont maillés de réseaux karstiques, en quelques fuites il n'y aura plus d'eau potable. Ce sera la fin du tourisme.
Est-ce que vous voulez prendre ces risques ?

Lionel Nusslé | 04 juin 2011 à 00h21
 
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Je cite : Le ministre, qui appelle à ne "minimiser ni les enjeux ni les risques" associés à la fracturation hydraulique a affirmé que la technique a déjà été "pratiquée des dizaines de fois en France sans soulever de débat et sans difficulté."

J'aimerai savoir où et quand a été pratiquée cette technique en France ? Pour quelles raisons la fracturation hydraulique aurait été utilisée ? Le public, si ces pratiques ont effectivement eu lieu en a-t'-il été informé ?

Agathe | 06 juin 2011 à 19h03
 
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Je constate que pour extraire des combustibles fossiles il n'y a pas besoin d'informer le public, alors que pour développer des projets d'energie renouvelable (éolien, biogaz...) il faut subir la vindicte publique, au travers d'enquêtes publiques souvent houleuses...

C'est la même chose pour le nucléaire. Un petit décret présidentiel, et c'est fini.

Où est la démocratie dans tout cela?

erjuanito | 07 juin 2011 à 12h15
 
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Moi aussi je souhaiterais savoir où, quand et dans quel but la fracturation hydraulique aurait été pratiquée en France!

mon avis | 07 juin 2011 à 14h30
 
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Gaz de schistes ? Non merci !

Et si on a du pognon à claquer, pourquoi ne pas le faire dans le développement du biogaz ? Là les réserves sont supérieures à celles du gaz de schistes, car elles ne vont pas se tarrir dans un siècle ...
(Le biogaz peut être obtenu à partir de la fermantation de déchets agricoles, sylvicoles, des ordures ménagères ... Traité, il peut être injecté dans le réseau de GRDF et pourra remplacer progressivement le gaz fossile)

Paskalo

Paskalo | 09 juin 2011 à 09h11
 
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Lorsqu'un territoire sera exploité et délaissé dans son aspect lunaire,son environnement détruit,qui remettra en état ce territoire ? Dans quelles conditions vivront les riverains du derrick avec le bruit,la boue,les odeurs,l'eau polluée,etc..... ? .....Si la France avait des idées parce qu'elle n'avait pas de pétrole...elle aurait du pétrole mais n'a plus d'idée...pour sauvegarder son patrimoine.....!
Notre Provence sera "dévastée","lunaire","ruinée" ...!

L.G Conseiller Municipal d'une commune de 8600 hab en PACA, concernée au listing des communes impactées. A+

louis XIX | 26 juin 2011 à 22h29
 
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