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L'accroissement du bétail est un facteur de pandémie mondiale, selon une étude française

Risques  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

La croissance mondiale d'élevage de bétail « menace la biodiversité et augmente les risques sanitaires pour les humains et les animaux domestiques », alerte le chercheur français Serge Morand, dans son étude publiée le 22 juillet dans la revue « Biological Conservation ».

Serge Morand est chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) en Thaïlande, détaché du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Ses travaux montrent que le nombre d'épidémies de maladies infectieuses affectant les populations humaines est « associé positivement à l'accroissement des têtes de bétail au niveau mondial depuis le début des années 1960 à l'année 2019 ».

Le nombre d'épidémies répertoriées chez les humains dans chaque pays (16 994 épidémies pour 254 maladies infectieuses entre 1960 et 2019) « augmente en corrélation avec la perte locale de biodiversité », ajoute le chercheur. La relation entre le nombre d'espèces en danger et celui des épidémies « augmente jusqu'à atteindre un pic avant de diminuer. Cependant, le risque épidémique ne diminue pas avec la disparition des espèces, il est au contraire relayé par l'augmentation du nombre de têtes de bétail », explique Serge Morand.

Suite à la crise sanitaire de la Covid-19, cette étude « invite à réfléchir » sur la place de l'animal d'élevage et de sa croissance dans le monde, selon différents facteurs (démographie humaine, régimes alimentaires, etc.). « De futures réflexions seront notamment menées sur le rôle joué par le bétail en situation pandémique avec, d'une part, la demande en protéines végétales nécessaires à sa nourriture qui contribue à la diminution des aires d'animaux sauvages ; mais aussi sa place en tant que pont épidémiologique favorisant le passage des agents infectieux du monde animal à l'espèce humaine », souligne le chercheur.

Réactions10 réactions à cet article

 

La période étudiée (1960-2019) est aussi celle de l'explosion des usages des pesticides, du bétonnage massif au détriment des campagnes, de la pollution exponentielle par pots d'échappement, autrement plus dangereux pour la biodiversité que des têtes de bétail ! Vaut-il mieux des pâturages d'herbe verte bordés de haies et du bocage abritant multiples espèces d'oiseaux, insectes et micro-mammifères, ou des trottoirs et boulevards ? La corrélation entre épidémies et perte de biodiversité est évidente, en revanche le lien entre la présence de bétail et la perte de biodiversité est assez hasardeux ! Serait-il possible de relayer plutôt des études sur la corrélation entre l'expansion tentaculaire des villes et la perte de biodiversité qui entraîne des épidémies ? Ou sur la corrélation entre pesticides, perte de biodiversité, et épidémies ? L'avantage de l'élevage animal, notamment en France, permet également une occupation des sols plus naturelle que du béton-goudron, les promoteurs n'attendent qu'une chose, c'est de bâtir routes, aéroports, immeubles d'habitation, sur les vertes prairies actuelles, moins rentables financièrement (à quand une étude comparative entre les salaires d'éleveurs et de promoteurs immobiliers ?!...)

Charolaise | 24 juillet 2020 à 10h48
 
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Un scientifique affirme qu'une corrélation serait une relation de cause à effet ? C'est une nouvelle troublante...
On "décrypte" comme d'hab ici : mort à l'agriculture...
Allez courage aux éleveurs, ces nouveaux pestiférés.

Albatros | 24 juillet 2020 à 12h04
 
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Si tout le monde s'autorisait un, voire deux, steaks par semaine, ça serait un repas de fête, on pourrait le payer plus cher pour de la bonne qualité gustative, de bien_être animal et environnementale, et ça solutionnerait partiellement la déforestation amazonienne (imports de soja), ainsi que les problèmes de pollution (algues vertes en Bretagne, nitrates dans les cours d'eau, surface agricoles mobilisées pour nourrir les troupeaux, ...).
Ca me semble une solution efficace et mesurée.

krakatoe | 24 juillet 2020 à 12h51
 
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Comment fabrique-t-on l'opinion contre les éleveurs ? C'est simple : on commande une étude sur mesure à un scientifique ami (en l'occurrence Serge Morand, du CIRAD, lequel CIRAD fait partie de l'UICN...) que l'on publie dans une revue amie qui fait bien sous tous rapports : Biological Conservation. Et à partir de cette pseudo étude suivra la "communication" dans les médias. Peu importe que l'étude aligne des faits délirants ou enfonce des portes ouvertes, elle retombe sur les mêmes pieds que sur le pavé de 500 pages de la FAO en concluant que l'élevage est nocif pour la planète. Et elle utilise la même grosse ficelle : l'élevage est vu dans sa globalité, sans distinguer le "minerai" industriel (élevages de bovins au Brésil par exemple, de porcs en Allemagne, aux Pays-Bas, ou en Bretagne,de poulets en Asie ou au Mexique qui a connu la grippe aviaire...), du véritable élevage bovin, caprin, ovin, en plein air, à l'herbe, et qui parfois transhume. L'artifice permet de jeter le bébé avec l'eau du bain.

ouragan | 24 juillet 2020 à 13h03
 
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Difficile à comprendre à moins que ça ne nous concerne pas comme d'habitude, j'ai 72 ans toujours vécu la ou c'était encore la campagne, par exemple à st Hilaire de Riez, passé les 300 m de l'estran, terres de pré salé ou que des ânes broutaient, chaque pré avait des vaches, dans la commune il y en avait partout vous avez vu une vache de Brétignolle à notre dame de monts 50 km?
Pareil à Belle beille banlieue d'Angers ou mes amis avaient plus de 50 vaches dans les prés inondables, vous avez déjà vu des vaches à Angers?
Il y a de moins en moins de vaches partout, remplacées par des chevaux animaux totalement inutiles.
Si notre pays était resté d'origine, il grouillerait d'immenses troupeaux d'Aurochs et de chevaux sauvages, tout ne serait que terres rases quasiment sans arbres ni diversité.
J'habite en pleine campagne, pas la moindre vache à 2 km à la ronde, au supermarché local sur 6 rayons un seul dédié à la viande rouge, on ne bouffe plus de boeuf.

pemmore | 24 juillet 2020 à 13h16
 
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Un rapport de la FAO dénonçant « l'ombre portée » du bétail sur la planète. Un document où l'on trouve ce chiffre ahurissant : 18 % des gaz à effet de serre sont le fait des animaux d'élevage.../ Au cours de ces dix dernières années, ce rapport aura contribué au dogme quasi religieux faisant de la réduction de la consommation de viande une arme contre le réchauffement climatique.../ Premièrement, il s'agit d'une moyenne mondiale. Le chiffre cache le fait que le gros de ces émissions proviennent de la déforestation visant à créer de nouvelles prairies pour les animaux ou de nouveaux champs de céréales susceptibles de les nourrir. En d'autres termes, la majorité des émissions de CO2 attribuées aux vaches relèvent en réalité de la destruction de puits de carbone (forêts) précédant l'élevage plutôt que de l'élevage en tant que tel. En outre, une telle activité concerne principalement des pays en voie de développement. À l'inverse, cela fait des décennies que les pays développés voient leurs surfaces forestières augmenter. .../ Ensuite, dans bien des cas, c'est la valeur du bois qui pousse à la déforestation, et non celle de l'élevage qu'elle pourrait permettre. Même si la production de viande s'arrêtait demain, les arbres seraient quand même abattus.../

ouragan | 24 juillet 2020 à 13h57
 
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Ne pas confondre corrélation et causalité !!!!!
Effet cigogne ? Par exemple, dans les communes qui abritent des cigognes, le taux de natalité est plus élevé que dans l’ensemble du pays. Conclusion : les cigognes apportent les bébés ! Voici une explication plus probable : les cigognes nichent de préférence dans les villages plutôt que dans les grandes agglomérations, et il se trouve que la natalité est plus forte en milieu rural que dans les villes.

Voilà pourquoi l’on nomme « effet cigogne » cette tendance à confondre corrélation et causalité.

balxha | 24 juillet 2020 à 17h54
 
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Entre 1960 et 2019 beaucoup de chose ont augmentées ou diminuées de façon corrélée aux pandémie :
Consommation d'énergie fossile , développement du numérique , les téléphone portable ( la 5G peut être la cause), le transport aérien , la diminution de la part de population rurale ....
Ou est la bonne cause ?
Un virus qui mute et passe de l'animal à l'homme , cela a toujours existé . Le premier connu est la variole qui est apparu il y a 10.000 ans .

balxha | 24 juillet 2020 à 18h05
 
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C'est bien connu que les maladies suivent les animaux domestiques ou quelque part nous sommes en symbiose dans notre propre région, mais dès que il y a déplacements soit humains soit d'animaux domestiques il y a des pépins, c'est comme ça qu'ont été décimés les indiens d'Amérique, mais aussi des Européens quand ils ont tenté de coloniser l'Afrique noire ou il y a eu des morts à la pelle, les vaches européennes ne s'adaptant pas, on a fait avec des boeufs à bosse.

pemmore | 28 juillet 2020 à 13h28
 
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Merci Rachida pour cet article !

En réponse à la réaction "charolaise", j'aimerais ajouter, à cette liste de maux (plaies) tels les pesticides, l'artificialisation des terres et les pollutions diverses, les expérimentations faites sur les OGM, la déforestation intensive (pour nos importations du soja), et surtout l'élevage concentrationnaire visant à satisfaire les chaînes de fast food... Revenir à une agriculture paysanne respectueuse du vivant relèverait-il de l'utopie ? Verts pâturages ou course effrénée à la spéculation sur les cours mondiaux d'une économie prédatrice ? Individualisme et profits à court terme ou gestion raisonnée des ressources de la planète ?

La Cigogne heureuse | 03 août 2020 à 14h04
 
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