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Piles et accumulateurs : la collecte et le traitement en légère baisse en 2011

Selon l'Ademe, les taux de collecte et de traitement de piles et accumulateurs usagés (portables, automobiles, industriels) ont respectivement reculé de 3% et 1% en 2011. 215.000 tonnes ont été collectées pour un gisement évalué à 222.000 tonnes.

Déchets  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a publié les chiffres 2011 du marché, de la collecte et du traitement des piles et accumulateurs portables, automobiles et industriels en France. Ces données sont issues des déclarations annuelles réalisées par les producteurs et par les opérateurs de traitement au registre national des producteurs de piles et accumulateurs.

L'an dernier, 221.859 tonnes de piles et accumulateurs (P&A) tous confondus (portable, industriel et automobile), ont ainsi été déclarés mis sur le marché, soit une hausse de 2 % du tonnage par rapport à 2010. Ce qui correspond à 1.225 millions d'unités mises en vente. Un taux en légère baisse toutefois de 1% par rapport à 2010 qui s'explique par une augmentation du poids moyen des piles portables mis sur le marché (-10 millions d'unités) et celle des accumulateurs automobiles (-0,9 millions).

P&A portables : NiMH et lithium en augmentation

Par type de P&A, l'évolution de tonnages mis sur le marché varie. Les tonnages des piles ont diminué de 3% (24.203 tonnes) alors qu'ils ont augmenté de 4 % pour les accumulateurs NiMH et lithium (8.618 tonnes)."Ces variations sont cohérentes avec le remplacement progressif des piles jetables par des accumulateurs rechargeables ainsi que de l'essor des batteries au lithium utilisées dans les appareils électroniques tels que les ordinateurs portables, smartphones, tablettes, GPS, etc.", explique l'Ademe.Ce retrait progressif est conforme à la directive européenne de 2006 relative aux piles et accumulateurs qui restreint l'utilisation des accumulateurs NiCd pour certains usages (outils sans fil par exemple).

Véhicules électriques et hybrides : même tendance

La filière des accumulateurs automobiles - dont 99% concernent les batteries de démarrage au plomb et 1% les batteries NiMH (véhicules hybrides) - connait également une légère diminution (-3%) des tonnages mis sur le marché en 2011, soit 119.835 tonnes.

"Cette baisse est cohérente avec la période de crise que traverse toujours la filière automobile, mais peut également être expliquée par l'absence de prime à la casse en 2011. Celle-ci avait redynamisé les ventes de voitures jusqu'en milieu d'année 2010 et avait eu un effet positif sur les mises sur le marché de batteries au plomb". Autre conséquence :"la rudesse de l'hiver 2010 avait accéléré la fin de vie des batteries impliquant un renouvellement accru", ce qui n'a pas été le cas en 2011 "où l'hiver a été très doux". L'Ademe constate par ailleurs une forte augmentation de 39 % des tonnages de batteries NiMH provenant de la vente des véhicules hybrides. Avec seulement 123 tonnes mis sur le marché, cette hausse reste toutefois marginale en comparaison des batteries au plomb.

S'agissant des piles et accumulateurs industriels, la filière a de son côté enregistré une hausse "significative" des mises sur le marché : + 15 % en tonnages en 2011, soit 69.202 tonnes.

"Cette évolution s'explique principalement par une amorce de sortie de crise et une relance de l'activité (…) en particulier une légère reprise des travaux publics (relançant la mise sur le marché des batteries au plomb utilisées pour alimenter les engins de manutention) ainsi qu'une hausse des ventes de batteries utilisées par les chariots élévateurs", indique l'Ademe. L'Agence relève également la multiplication par 7 des mises sur le marché d'accumulateurs industriels au lithium qui passe de 107 tonnes en 2010 à750 tonnes en 2011. Si cette hausse est "à relativiser du fait des faibles tonnages en jeu", elle traduit également ''directement l'arrivée sur le marché des véhicules électriques ainsi que les technologies de stockage de l'énergie liées au développement des énergies renouvelables", souligne le rapport.

Une collecte en recul de 3%

Au total, 215.030 tonnes de piles et accumulateurs usagés tous types confondus, en provenance de France, ont été collectées en 2011. Soit une diminution de 3,2 % par rapport à 2010.

Concernant les piles et accumulateurs portables, 11.621 tonnes ont été collectées l'an dernier, représentant une hausse de 8%. "Ce chiffre est révélateur des bons niveaux de collecte maintenus par les éco-organismes" Corepile et Screlec, relève le rapport. Ce qui représente un taux de collecte de 36,3 % (+2% par rapport à 2010), défini dans la directive de 2006, calculé en moyennant les mises sur le marché des 3 dernières années. "L'objectif de 25 % en 2012 imposé par la directive européenne est déjà atteint" en France "mais des efforts restent à faire en matière de collecte pour atteindre l'objectif de 45 % en 2016", pointe l'Ademe. Cette dernière rappelle que le cahier des charges d'agrément des éco-organismes fixe des objectifs de taux de collecte intermédiaires progressant de 2% par an afin de les atteindre.

De son côté, la collecte des piles et accumulateurs automobiles a légèrement baissé de 1,5 % entre 2010 et 2011 (190.387 tonnes). De même, la collecte industrielle a diminué de 28 % (13.022 tonnes) alors qu'elle avait progressé en 2010 de 29%. "Cette évolution s'explique par une année 2010 exceptionnelle où la forte hausse du cours du plomb (+ 30% entre 2009 et 2010) avait conduit les acteurs des filières repreneuses de plomb à réduire leur stocks". L'Ademe n'explicite pas toutefois totalement les raisons de ce recul.

Plus de 93% des tonnages traités recyclés

Le traitement des piles et accumulateurs tous types confondus s'élève quant à lui à 275.024 tonnes. Un taux en légère baisse de 1%. Cela représente 17.397 tonnes de P&A portables traitées, 240.718 tonnes d'accumulateurs au plomb et 16.909 tonnes de P&A industriels.

La collecte et le traitement des batteries au plomb en France demeure néanmoins "constante (légère augmentation de 1 %) et conserve un bon niveau d'efficacité, notamment grâce à la valeur marchande du plomb et à la présence de nombreux opérateurs de traitement sur le territoire national", souligne l'Ademe. 77% des tonnages traités par les opérateurs français proviennent de l'Hexagonedont 5 % de P&A portables, 89 % des accumulateurs automobiles et 6 % de P&A industriels.

Sur le tonnage total des piles et accumulateurs traités, 93,3% des tonnages ont été recyclés (valorisation matière) et 0,6% ont été valorisés énergétiquement, selon les calculs de l'Ademe. Les 6,1% restants ont été éliminés sans valorisation et mis en décharge notamment pour les résidus métallurgiques ou incinérés sans valorisation énergétique pour les résidus de broyage non valorisables.

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