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Actu-Environnement

Bilan électrique 2020 : consommation en berne et production renouvelable en hausse

L'année 2020 a été marquée par une forte baisse de la consommation électrique française sous l'effet de la pandémie. Parallèlement, la production renouvelable poursuit sa progression. Pour la première fois, l'éolien est la troisième source de production.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, publie ce mercredi 3 mars le bilan électrique français pour l'année 2020. Sans grande surprise, l'année passée a été fortement marquée par la crise sanitaire. Parmi les principales conséquences figure la chute de 3,5 % de la consommation d'électricité corrigée des variations météorologiques. Par ailleurs, la part des énergies renouvelables est en hausse et la production éolienne devient pour la première fois la troisième source de production d'électricité.

Une rupture par rapport aux dernières années

C'est un véritable plongeon : alors que la consommation électrique française corrigée des variations saisonnières oscille depuis six ans autour de 480 térawattheures (TWh), celle de 2020 s'établit à 460 TWh, en baisse de 3,5 %. L'année 2020 ayant été marquée par des températures globalement plus douces, la baisse de la consommation brute est plus importante encore : en 2020, la France a effectivement consommé 449 TWh, contre 473 TWh en 2019, soit une chute de 5,1 %. La baisse de consommation ne s'arrête pas à l'Hexagone : les exportations françaises reculent de 7 %, avec un solde exportateur qui s'établit à 43,2 TWh.

Bien sûr, la pandémie de Covid-19 explique en grande partie cette « rupture » par rapport à la tendance des dernières années. Sur la période allant de mars à décembre 2020, le recul de consommation s'établit à 4,7 % par rapport à la moyenne des années 2014-2019. « Au plus fort de la crise (deuxième et troisième semaines de confinement), les mesures de confinement ont pu entraîner un impact sur la consommation d'électricité supérieur à 15 %, toutes choses étant égales par ailleurs (consommation à conditions météorologiques équivalentes) », note RTE. La consommation d'électricité a aussi été inférieure aux années passées en dehors des périodes de confinement. « Vers la mi-octobre, la consommation d'électricité demeurait en retrait de 2 à 3 % par rapport à un niveau nominal », signale RTE, expliquant cette baisse par la faiblesse de l'activité économique.

À cela s'ajoutent trois éléments qui entretiennent le « ralentissement structurel de la consommation d'électricité en France » : l'amélioration de l'efficacité énergétique, le « ralentissement tendanciel de la croissance économique et de la croissance démographique depuis plusieurs décennies » et la tertiarisation de l'économie, « les services étant de quatre à cinq fois moins consommateurs d'électricité que le secteur industriel à niveau de production équivalent ». RTE signale notamment que la désindustrialisation tendancielle, conjuguée à la crise sanitaire, a entraîné une chute de 10 % de la consommation électrique de la grande industrie en 2020.

La production éolienne progresse de 17,3 %

Côté production électrique, l'année a été tout autant chamboulée. Globalement, la production française s'est établie à 500 TWh, soit une baisse de 7 % par rapport à 2019. « Il s'agit du niveau de production le plus bas depuis vingt ans », note RTE.

La production nucléaire a été mise à rude épreuve. Elle recule de 11,6 % par rapport à 2019. L'allongement des durées de maintenance des réacteurs lors du premier confinement, la reprogrammation des arrêts pour maximiser la disponibilité du parc en hiver et la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) expliquent ce recul. RTE estime que l'exploitation dégradée des centrales, du fait de la pandémie, a induit une indisponibilité moyenne supplémentaire de 3,9 gigawatts (GW) par rapport à 2019, soit l'équivalent d'un volume de production de 34 TWh sur l'année. Quant à la production thermique fossile, elle a diminué de 10,6 % avec une production à partir de charbon au plus bas depuis 1950 (en baisse de 12,7 % par rapport à 2019).

La production issue des renouvelables a connu une évolution opposée : un bond de 17,3 % de la production éolienne, une hausse de 8,4 % de la production hydraulique (le stock hydraulique a été supérieur de 22 % à celui de 2019) et une progression de 2,3 % de la production solaire. Pour la première fois, l'éolien (39,7 TWh) devient la troisième source de production française, derrière le nucléaire (335,4 TWh) et l'hydroélectricité (65,1 TWh), et devant le gaz (34,5 TWh). Conséquence de ces progressions et du recul de la consommation, la part des énergies renouvelables augmente fortement par rapport à 2019 et représente 23,4 % de la consommation électrique totale.

Réactions2 réactions à cet article

 

Merci d'une information exhaustive :
* l'éolien nous a induit un surcoût de 2 milliards d'euros, à cause des tarifs garantis,
* l'arrêt de Fessenheim nous a contraint à redémarrer le charbon, jusqu'à 1600 MWe,
* la progression des renouvelables est SUBIE, contractuellement on ne peut pas refuser ce courant, pourtant le plus cher du marché.

dmg | 04 mars 2021 à 13h22
 
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Tout à fait d'accord pour une information exhaustive :
- projet d'EPR de Flamanville-3 : facture initiale à ce jour plus que quintuplée (+ 15,7 milliards d'euros selon le rapport de la Cour des comptes de juillet 2020) et le projet n'est pas encore terminé, ce qui augure de nouvelles "surprises" budgétaires...,
- projet d'EPR d'Inkley Point C : surcoût estimé à 30 milliards de £ ! La National Audit Office britannique estime ainsi que le projet « a enfermé les consommateurs dans un projet risqué et coûteux avec des bénéfices stratégiques et économiques incertains ». Rien que cela !,
- quid des coûts de la gestion à long terme des déchets ? Données inconnues car impossible à chiffrer sur les dizaines de milliers d'années qu'impose l'exercice,
- quid du coût du démantèlement des centrales HS ? Pour l'instant, EDF joue la montre en arrivant à faire repousser la limite d'âge mais l'échéance finira bien par arriver et là, ce sera du très très lourd ! Sachant qu'EDF ne sait toujours pas faire ne serait-ce qu'avec l'ancienne et technologiquement simple centrale de Brennilis, l'avenir économique du nucléaire est totalement plombé !,
- les courbes des coûts des productions d'électricité à partir du nucléaire ne font qu'augmenter tandis que celles du grand éolien et du photovoltaïque en France ne font que baisser. Pour certains économistes, elles se sont déjà croisées. Et les risques technologiques sont sans commune mesure,
- le nucléaire a été également imposé, sans débat aucun.

Pégase | 08 mars 2021 à 14h00
 
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Conseil en droit de l'Énergie et de la transition énergétique Cabinet Valentin Renoux - Avocat