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Bilan carbone des stations de montagnes : les transports et l'habitat en première ligne

Après 14 mois d'analyse, l'Association nationale des maires des stations de montagne a présenté le bilan carbone de 10 stations. Plusieurs réalisations visant à réduire les émissions ont déjà vu le jour surtout dans les transports et l'habitat.

Gouvernance  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Bilan carbone des stations de montagnes : les transports et l'habitat en première ligne
© Jerome Delahaye
   
Dans le cadre de leur Charte nationale du développement durable élaborée en 2007, 10 stations de ski1 adhérentes à l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM/ Ski France) ont réalisé un Bilan carbone de leurs activités avec l'aide de l'ADEME et de l'association Mountain Riders. Les résultats de ce diagnostic mené durant 14 mois par Solving Efeso, BPR Europe, l'Atelier CHado et ADRETS ont été présentés hier au Sénat. Cette étude a permis de conclure que les activités directement liées à la pratique du ski ne représentent que 2% des émissions de gaz à effet de serre des stations. Cela inclut le fonctionnement des remontées mécaniques, la production de neige et l'entretien des pistes. Les transports des personnes et les usages énergétiques des bâtiments sont les deux principaux postes d'émissions avec respectivement 57% et 27% des gaz à effet de serre émis.

Les émissions induites par les déplacements de personnes dans et vers les stations se concentrent majoritairement, tous modes de transports confondus, sur deux publics : les visiteurs étrangers (44%) et les résidents permanents des communes (37%). Les déplacements réalisés par les visiteurs français représentent 19% des émissions et se caractérisent par une utilisation majoritaire de la voiture.
Côté bâtiment, les émissions se répartissent entre le secteur tertiaire comme l'hôtellerie, la restauration, les loisirs (16%) et le résidentiel (11%). Mais sur certaines stations d'envergure internationale, les activités d'hébergement touristique prennent une part particulièrement importante. ''Celles-ci peuvent représenter 54% des émissions du secteur tertiaire, les activités de restauration et les commerces comptant respectivement pour 40% et 6%'', remarque l'ADEME.
Les émissions de GES sont principalement dues à l'utilisation massive de combustibles fossiles pour le chauffage. De plus, la forte proportion des résidences secondaires dans ces stations, qui peut aller jusqu'à 90% dans certains cas, a la particularité de concentrer la demande en hiver. Or, pour le chauffage électrique, le kWh est le plus ''carboné'' à cette période à cause de la mobilisation des installations thermiques.

Les premières actions se concrétisent

Maintenant que les stations ont identifié les postes émetteurs, reste à passer à l'action pour les limiter. ''Ce Bilan Carbone ce n'est pas une fin'', prévient Guy Fabre, Directeur régional de l'ADEME Rhône-alpes. Plusieurs stations ont commencé à mettre au point un plan d'action afin de réorganiser les transports ou d'améliorer la performance énergétique de leurs bâtiments. Certains projets ont déjà vu le jour comme à Saint-Lary Soulan dans les Pyrénnées. La station a inauguré le 17 décembre dernier une nouvelle télécabine qui relie directement le village au domaine skiable. ''Il s'agit de diminuer la circulation puisque cette nouvelle installation peut transporter 2.500 personnes par heure contre 500 personnes par heure par la route'', explique Jean-Henri Mir, Maire de Saint-Lary Soulan.
Du côté de Chamrousse, la municipalité a également mis en service une nouvelle télécabine le 18 décembre en lieu et place de deux télésièges et d'un téléphérique. ''Cela nous a permis d'augmenter le débit de 50% et de réduire fortement le nombre de pylônes, 16 au lieu de 35'', souligne Jacques Guillot, Maire de Chamrousse. Ces travaux s'inscrivent dans un projet plus large de réhabilitation paysagère du sommet de la station : destruction des bâtiments existants, suppression des antennes, réenherbement. Le projet final se veut mieux intégré au site et moins impactant : toitures végétalisées, habillage en bois, toilettes sèches.
La station de La Plagne a quant à elle opté pour l'installation d'une chaufferie bois pour alimenter un réseau de chaleur en remplacement du fioul lourd. ''La chaudière au bois permettra de chauffer 47 bâtiments et devrait économiser le rejet de 4.000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère chaque année'', explique Richard Broche, Maire de Mâcot-La Plagne. D'un coût de 4 millions d'euros, la chaufferie biomasse sera alimentée à 85% par des récupérations de palettes alimentaires et 15% des plaquettes forestières auprès des exploitants de la région.

Plusieurs stations se penchent également sur la rénovation des bâtiments mais elles doivent faire face à la problématique bien particulière des résidences secondaires. Les projets risquent par conséquent de prendre plus de temps. D'autres mesures sont envisagées à plus court terme comme l'encouragement au covoiturage, la sensibilisation accrue des vacanciers, la mise en place de forfaits combinés aux transports en commun ou encore la conduite de projets de compensation carbone. Des actions d'améliorations sont également possibles dans d'autres domaines également émetteurs de gaz à effet de serre comme la gestion des déchets (4% des émissions), l'entretien des voiries et des infrastructures (6%) ou encore le transport de marchandises (4%).

Satisfaite de ces premières expériences de Bilan Carbone, l'Association nationale des maires des stations de montagne entend bien encourager l'ensemble de ses adhérents à s'y mettre. Un outil simplifié est désormais mis à disposition pour les communes via internet. L'association mise également sur l'effet Jeux Olympiques pour renforcer son action. Annecy a été désignée le 18 mars 2009 pour représenter la France auprès du CIO dans le cadre de la candidature à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2018.

Notes

1 - La Bresse (88), Les 2 Alpes (38), Le Corbier (73), Courchevel (73), St-Martin de Belleville (73), Morzine-Avoriaz (74), Les Orres (05), St-Lary Soulan (65), Valberg (06) et Val d’Isère (73).

Réactions4 réactions à cet article

 
il parait que...

est il vrai que les canons à neige des stations de ski sont alimentés par le réseau d'eau potable ?

un avis parmi d'autres | 21 janvier 2010 à 11h00
 
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c'est vrai

Je crois que oui, j'ai entendu ça. Et puis c'est la seule solution possible.non?

lionel | 21 janvier 2010 à 14h03
 
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non

Ca dépend... Dans bcp des cas les réseaux de neige artificielle sont alimentés par des captages (les mêmes ou pas que le réseau EAP) mais aussi grâce aux retenues de stockage d'eau qui se multiplient dans toutes les stations. Avantage : stocker l'eau et éviter les prélèvements sur le milieu en période critique hivernale. Inconvénient : l'impact sur le fonctionnement du bassin versant, la biodiversité etc...

alpine | 21 janvier 2010 à 20h15
 
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Re:c'est vrai

Certaines stations construisent des retenues d'eau en hauteur pour alimenter leurs canons à neige.

lilou | 22 janvier 2010 à 09h37
 
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