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Actu-Environnement

Bilan satisfaisant pour la 14e conférence de la CITES

Réunis à La Haye du 3 au 15 juin dans le cadre de la 14e conférence de la CITES, les 171 pays membres semblent globalement satisfaits des discussions engagées et ont pris des décisions majeures concernant les tigres, les baleines et les éléphants.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Après deux semaines d'intenses discussions, la 14e Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a pris fin vendredi dernier. Le bilan semble globalement satisfaisant puisque plusieurs décisions majeures ont été prises à cette occasion.

Les pays membres de la CITES ont dans un premier temps repoussé la proposition du Japon de rouvrir le commerce international des produits baleiniers renforçant ainsi la position internationale déjà exprimée lors de la dernière réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI).
Les Parties de la CITES ont également adopté une décision interdisant l'élevage en captivité des tigres pour le commerce de leurs organes et autres produits dérivés, face à la crainte de voir ces pratiques inciter au braconnage. Malgré l'embargo national chinois sur la vente de parties et produits dérivés des tigres, certains propriétaires auraient ouverts des élevages sous la couverture de « parcs ». Ils feraient pression sur le gouvernement pour lever l'embargo. Avec cette décision, la CITES espère donc renforcer la protection des tigres vivant en liberté.
Par ailleurs, les états de l'aire de répartition des éléphants d'Afrique ont abouti à un compromis en acceptant la suspension du commerce de l'ivoire pendant 9 ans. Les pays réticents comme le Botswana, la Namibie, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud ont toutefois été autorisés à vendre exceptionnellement leur stock d'ivoire mais par des processus strictement surveillés par la CITES et portant uniquement sur les stocks enregistrés officiellement avant le 31 janvier 2007. Pour les ONG, cette décision est en demi-teinte : c'est un accord bienvenu mais les ventes légales d'ivoire risquent d'engendrer une vague de braconnage car la demande est bien supérieur au stock. Les états de l'aire de répartition des éléphants ont toutefois accepté de travailler ensemble sur la question de la conservation de l'animal, y compris en ce qui concerne le développement d'un Plan d'Action sur l'éléphant d'Afrique permettant d'améliorer la gestion de l'espèce, notamment par un renforcement des mécanismes de mise en œuvre et par l'amélioration des contrôles du commerce de l'ivoire.

Au-delà de ces espèces emblématiques, la CITES a également étendu sa protection à l'anguille européenne, le jour même où les ministres européens de la pêche décidaient à Luxembourg d'un plan de sauvegarde de l'espèce.
En revanche, la proposition visant à imposer des contrôles sur le commerce du requin taupe et de l'aiguillat commun n'a pas pu être validé lors des négociations.
De même, les coraux roses et rouges, très prisés par les fabricants de bijoux du bassin méditerranéen, farouchement opposés à tout type de restrictions, n'ont pas non plus bénéficié d'une protection spéciale.

Le dernier jour de la réunion a été dédié au vote du budget de la CITES. À cette occasion la France a salué les nombreuses avancées enregistrées au cours des deux semaines écoulées et le rôle irremplaçable que joue la CITES dans la préservation de la biodiversité mondiale. Afin de lui donner les moyens de poursuivre et d'amplifier sa capacité d'action, la France a voté une augmentation de 6% du budget de la CITES. Alain JUPPÉ, désormais ex-ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables et Bernard KOUCHNER, ministre des Affaires étrangères et européennes, ont également précisé qu'au-delà de leur volonté d'accroître cette contribution statutaire pour la période 2009-2011, la France s'est déjà engagée à verser une contribution volontaire immédiate de 50.000 USD, soit plus de 36.000 euros. Cette somme est destinée à assurer dans l'urgence la pérennité du système MIKE (Monitoring the Illegal Killing of Elephant) chargé de mesurer et d'enregistrer les niveaux initiaux et les tendances de la chasse illégale des éléphants.

Le commerce international des espèces sauvages représente des milliards de dollars par an et porte sur des centaines de millions de spécimens de plantes et d'animaux. Si depuis sa création en 1963 la CITES s'est beaucoup concentrée sur les espèces exotiques et/ou menacées, aujourd'hui elle compte bien élargir son champ d'action et se concentrer sur les espèces marines et végétales. En effet, de nombreuses espèces sauvages faisant l'objet d'un commerce ne sont pas en danger d'extinction mais l'existence d'un accord garantissant un commerce durable est importante pour préserver ces ressources.
Aujourd'hui, la CITES confère une protection à des degrés divers à plus de 30.000 espèces sauvages qu'elles apparaissent dans le commerce sous forme de plantes ou d'animaux vivants, de manteaux de fourrure ou d'herbes séchées.

La prochaine conférence de la CITES devrait se tenir au Qatar, en 2010.

Réactions1 réaction à cet article

 
"Bilan satisfaisant pour la 14e conférence de la .

Hélas pour l'anguille, l'entrée en vigueur est reportée de 18 mois, soit au 13 mars 2009.

mimi | 16 janvier 2008 à 09h00
 
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