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L'IRSN critique la gestion des déchets des mines d'uranium dans le Limousin

Dans un rapport, l'IRSN estime que les cessions des stériles, issus des anciennes mines d'uranium dans le Limousin, ne sont pas assez encadrées ni vérifiées et déplore un manque d'informations pour exclure tout impact environnemental.

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a publié le 9 février son dernier rapport concernant l'expertise globale du Bilan Décennal Environnemental réalisé par Areva NC, qui évalue l'impact des anciennes mines d'uranium dans le Limousin.

Ce bilan rédigé par l'industriel exploitant a notamment pour vocation de rassembler et d'analyser les données relatives à la surveillance des anciennes exploitations d'uranium de la division minière de la Crouzille (Haute-Vienne) et de leur environnement, acquises au cours des dix dernières années.

Dans son analyse critique, l'IRSN a examiné la réutilisation dans le domaine public des stériles miniers, ces produits constitués par les sols et roches excavés lors de l'exploitation d'une mine, après récupération de la partie commercialement valorisable qui constitue le minerai.

A ce jour, les connaissances sur les cessions de stériles miniers et leur utilisation dans le domaine public reposent sur les données consignées dans un registre mis en place depuis 1984 par la Cogema (Areva NC) afin d'encadrer la demande croissante d'entreprises locales, et notamment de carriers. Ce registre vise ainsi à limiter les risques liés à la réutilisation de ces matériaux (au niveau de radioactivité), notamment afin d'en imposer l'interdiction d'utilisation pour des soubassements ou en tant que matériaux de construction.

Une gestion de déchets miniers pas assez encadrée ni vérifiée

Si l'IRSN note ''l'utilité et la pertinence'' de ce registre, il déplore un manque de précisions concernant certaines cessions de stériles miniers et une absence de vérification sur les lieux de réutilisation en particulier.

En ce qui concerne les cessions antérieures à 1984, les informations sur les cessions notamment des lieux de destination et des usages restent également ''pauvres'', ajoute l'Institut. En effet, les matériaux ayant servi de remblais avant 1984 restent souvent non répertoriés, même si une partie d'entre eux a été mise en évidence par des campagnes radiamétriques réalisées par Areva NC en 2000 dans les villages limitrophes des sites miniers.

Pour l'IRSN, cette absence de connaissance des cessions antérieures à 1984 constitue une faiblesse dans la maîtrise des impacts liés à la réutilisation de stériles miniers dans le domaine public pour cette période.

Un manque d'informations et de connaissances

De manière générale, si l'IRSN indique que le bilan décennal n'a pas fait état de la présence de matériaux irradiants dans l'environnement, l'Institut considère que les informations dont dispose Areva NC ne sont pas suffisantes pour exclure tout impact.

L'IRSN souligne également qu'il est nécessaire d'améliorer les connaissances en matière de réutilisation de stériles dans la région du Limousin et juge ''important'' d'engager une action spécifique pour les lieux à usage sensible comme les écoles ou les établissements de soins. Ces établissements sont aujourd'hui soumis à une obligation de dépistage du radon par l'arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public. L'IRSN considère qu'il conviendrait a minima de vérifier que les mesures de dépistage prévues ont bien été effectuées et d'examiner les résultats.

L'Institut demande également à ce que les informations recueillies soient mises en forme, exploitées et surtout diffusées de la manière la plus large. Pour ce faire, l'IRSN recommande d'exploiter les données figurant dans les registres ou découlant des diverses campagnes d'investigations (dont celle de 2000) afin d'établir une cartographie des chemins, routes, aires, plateformes et autres secteurs sur lesquels des stériles ont été utilisés et d'en transmettre a minima une copie aux services municipaux concernés.

Rappelons que l'IRSN a mis en ligne en janvier une base de données contenant des informations sur l'historique et la situation actuelle de chacun des 210 anciens sites miniers d'uranium exploités en France métropolitaine. Cette base de donnée permet de localiser les sites miniers sur une carte interactive et d'accéder notamment aux titres miniers auxquels le site a été associé, à la liste des actes administratifs liés au site ou aux contraintes d'usage liées au site.

De son côté, le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) a décidé d'examiner la qualité de l'information des populations relative à l'impact environnemental et sanitaire des anciennes mines d'uranium et ses conditions de diffusion, à l'occasion de sa prochaine réunion ordinaire qui se tiendra le 17 mars prochain.


Télécharger le rapport de l'IRSN (PDF-4,7Mo)

Réactions2 réactions à cet article

 
Service public

Pour une fois, j'étais devant ma télévision hier soir, mercredi 11 février. France 3 diffusait l'émisssion "Pièces à conviction", portant sur le "scandale de la france contaminée". Des "stériles" étaient abandonnés dans des terrains ouverts au publc, simplement recouverts de terre et d'une végétalisation servant à faire passer la pilule.
L'émission a su s'appuyer sur des experts indépendants, dont la Criirad http://www.criirad.org/ Voici un extrait du communiqué de cette association:
"Nous espérons que cette émission permettra au grand public de prendre conscience de la nécessité de corriger de graves dysfonctionnements dont certains sont dénoncés par la CRIIRAD depuis plus de 15 ans : contamination des ressources en eau, des sols, de l’air ; réglementation laxiste et incohérente privilégiant les intérêts de l’industriel au détriment de la protection sanitaire ; législation inadaptée qui ne permet pas à la justice de condamner des pollutions pourtant avérées ; dispositif d’autosurveillance totalement inadapté conduisant à cacher la réalité des contaminations ; revente de terrains contaminés ; expertises complaisantes réalisées par les différents laboratoires qui se sont succédés qu’ils soient associés à l’Etat (SCPRI, OPRI, IPSN, IRSN) ou privés (SUBATECH, ALGADE) ....la liste est longue et les exemples sont détaillés à travers les rapports de la CRIIRAD disponibles sur son site (www.criirad.org)."
En tout cas, je trouvais que France 3 faisait vraiment son boulot de service public, hier soir.
Claude

claude | 12 février 2009 à 21h44
 
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Alluvions uranifères de la plaine du Forez

J'ai vu le film documentaire intitulé "Pièces à conviction - Uranium : le scandale de la France contaminée", sur « France 3 / pièces à conviction », le mercredi 11 février 2009.
J'en ai déduit les propositions suivantes :
1)- Je vais devoir engager les démarches pour faire entreposer la terre du "Clos", le jardin potager de mon grand-père, au centre de stockage des déchets de très faible activité. En effet, ce jardin est situé dans la plaine du Forez sur une couche d'alluvions déposés par les rivières descendant des monts granitiques uranifères où fut exploité la mine d'uranium des Bois Noirs à Saint-Priest la Prugne. Ces alluvions ont fait l'objet d'un projet d'exploitation de l'uranium qu'ils contiennent (avec leurs "enfants", c'est-à-dire descendants radioactifs : radium, gaz radon,...) par la COGEMA, il y a une vingtaine d'années. Ce projet n'a pas été réalisé parce que la teneur en uranium est trop faible par rapport à des minerais découverts en Afrique, Australie, Canada,..., ce qui rend leur exploitation non-compétitive financièrement.
Je signale que mes grands-parents ont vécu pendant des décennies en quasi-autarcie grâce aux produits de ce jardin potager, et en buvant de l'eau de la nappe phréatique située sous la couche de ces alluvions uranifères pendant la semaine et, les dimanches et jours de fêtes, de l'eau minérale gazeuse de la source chaude du "jeyser" de MONTROND les Bains située à 6 km de Saint-Galmier où se trouve la source de l'eau minérale bien connue de BADOIT (publicité non-compensée !), longtemps réputée pour les effets bénéfiques de sa radioactivité sur la santé. Mon grand-père, rescapé de la guerre de 1914-18, a vécu jusqu'à 85 ans, et ma grand-mère jusqu'à 99 ans et 10 mois.
2)- Par application du principe de précaution, il faut d'urgence évacuer les populations des massifs montagneux granitiques uranifères où la radioactivité naturelle est supérieure à la "norme" : massif central, Bretagne, Corse, Vosges,...
L'émigration de ces populations sera dirigée vers l'Afrique, l'Australie, le Canada,... en évitant les régions de ces pays où la radioactivité naturelle est 10 fois, voire 100 fois plus forte que celle des régions granitiques françaises.
La CRIIRAD sera chargée de contrôler le niveau de la radioactivité naturelle des régions d'implantation de ces nouvelles colonies. Le financement de cette mission de contrôle sera assuré par une taxe supplémentaire sur l'électricité consommée par les citoyens qui auront la malchance de rester en France.

Rayon Gamma0 | 20 février 2009 à 14h54
 
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