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L'Europe n'atteindra pas ses objectifs 2010 en terme d'énergies renouvelables

Au regard des données 2006, la Commission européenne estime que les objectifs d'énergies renouvelables fixés pour 2010 ne seront pas tenus. Elle mise sur la prochaine directive pour accélérer le rythme de développement et atteindre l'objectif 2020.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
L'Europe n'atteindra pas ses objectifs 2010 en terme d'énergies renouvelables
© Thorsten Ulbricht
   
À travers les directives relatives à la promotion de l'électricité produite à partir de sources d'énergies renouvelables et à l'utilisation de carburants renouvelables dans les transports, l'Union européenne s'est fixée plusieurs objectifs à l'horizon 2010 : produire 21% de son électricité à partir de sources renouvelables et intégrer 5,75% d'agrocarburants dans les transports. Chaque Etat membre s'est vu attribuer un objectif personnel dans le respect du principe de partage de l'effort et a dû mettre en place une législation incitative pour y répondre. Dans le cas de la France par exemple, il s'agit de la loi du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique (Loi POPE).

Malgré tout, ces objectifs ne seront vraisemblablement pas atteints. Selon un rapport de la Commission européenne basé sur les données 2006 des 27 états membres, les progrès sont inégaux et si certains États membres atteignent déjà leurs objectifs, d'autres en sont encore loin. L'Allemagne est ainsi le seul pays à avoir déjà atteint ses objectifs avec, en 2006, 12,6% d'énergie renouvelable dans sa production d'électricité pour un objectif de 12,5% et 7,4% d'agrocarburants dans les transports pour un objectif de 5,75%.

La Commission remarque que certains Etats ont fait de gros progrès pour se rapprocher de leur objectif. C'est le cas par exemple de l'Autriche, de la Bulgarie, de la Lituanie et de Malte en ce qui concerne les agrocarburants tandis que le Danemark, la Hongrie et les Pays-Bas se distinguent en matière d'énergies renouvelables.
En revanche, pour les autres pays, les appréciations attribuées par la Commission sont neutres voire négatives en particulier pour Chypre et la Lettonie. À Chypre, la part d'énergies renouvelables dans la production d'électricité et dans les transports est nulle alors que le pays doit faire passer ce taux à 6% d'ici un an pour sa production d'électricité et à 5,75% pour les agrocarburants.
Pour la France, les appréciations ne sont pas plus enthousiastes. En 2006, 14% de l'électricité et 3,6% des carburants provenaient de sources renouvelables alors que les objectifs du pays sont de respectivement 21% et 5,75%.

Selon la Commission, ces chiffres confirment une analyse antérieure selon laquelle il est peu probable que l'UE atteigne les objectifs fixés pour 2010 dans l'un ou l'autre secteur. La Commission estime que les énergies renouvelables représenteront au mieux 19 % de l'électricité produite en 2010 et 4 % dans le secteur des transports à travers les agrocarburants.

De nouveaux objectifs à l'horizon 2020

 
les obstacles sont connus : procédures administratives, entraves liées à l'accès au réseau, absence de mesures de soutien de la part des États membres...  
Commission européenne
 
La Commission explique cette irrégularité de développement entre les Etats membre par un cadre juridique inadapté : les obstacles qui subsistent sont connus : les procédures administratives, les entraves liées à l'accès au réseau et l'absence de mesures de soutien de la part des États membres en vue de garantir le développement de ces sources.
La Commission mise par conséquent sur la prochaine directive EnR pour mettre en place un cadre législatif renforcé. Cette directive a été approuvée en décembre 2008 par les États membres et le Parlement européen dans le cadre du paquet énergie-climat et doit entrer en vigueur en mai prochain. Contrairement aux directives précédentes qui imposaient un taux de sources renouvelables pour la production d'électricité et de carburants, cette nouvelle directive EnR est plus large et vise à faire en sorte que les énergies renouvelables représentent au moins 20% de la consommation énergétique totale de l'UE d'ici 2020. Elle fixe pour cela des objectifs pour chaque Etat membre dont un taux de 23% pour la France.

Réactions5 réactions à cet article

 
pas assez de renouvelable

"les obstacles sont connus : procédures administratives, entraves liées à l'accès au réseau, absence de mesures de soutien de la part des États membres..." dites vous ! Mais vous oubliez le principal : la mauvaise foi des acteurs soit-disant les plus concernés. Un seul exemple : en Allemagne, le programme éolien s'appuie explicitement sur la construction de centrales thermiques (pour pallier au manque de vent aléatoire) et d'un réseau THT (pour déplacer le courant des zones à vent vers les zones sans vent) et... sur un recours massif aux importations d'électricité d'origine nucléaire de la France, le tout avec la bénédiction des écolos. Bref, le syndrome NIMBY par excellence !

dmg | 30 avril 2009 à 18h02
 
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Pourquoi ne parle-t-on pas des énergies d'avenir

Bonsoir à tous,

Actuellement une forte publicité est faite pour les énergies renouvelables, le développement de ces dernières me plaît comme à beaucoup d’entre nous.
Mais une chose me chagrine il est fait une forte publicité pour l’éolien et le solaire, pourtant ce sont des énergies opportunistes qui ne peuvent pas être à elles seules une alternative ni même un complément au nucléaire.
Pourquoi ne parle-t-on pas davantage de la fusion thermonucléaire ou fission nucléaire, de la géothermie de grande profondeur et de l’hydraulique. Cette dernière est la moins chère à mettre en œuvre et la plus sûre, de plus elle peu être utilisée comme pile de grande capacité (la plus grande connue à ce jour) 100% « bio »
Bizarre, bizarre !
Je vous invite à lire dans le domaine le rapport d’un haut fonctionnaire : Monsieur Fabrice DAMBRINE.
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000471/0000.pdf
Bien d’autres rapports relatent le bien fait de l’énergie hydraulique mais qu’ils soient émis par nos élues ou par des scientifiques ils finissent tous par faire « pschitt »
Des groupes de pression ? Non pas en France.
Si nous avions continué le développement du nucléaire comme il en était sous le président De Gaulle nous aurions peut-être un nucléaire propre et une grande avance technologique
Des groupes de pression ? Non pas en France.

Réfléchissons un peu

Cordialement
Paysan

Paysan | 01 mai 2009 à 00h36
 
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Re:Pourquoi ne parle-t-on pas des énergies d'aven.

Un petit plus concernant l'hydraulique, qui est certainement une très bonne méthode pour produire de l'énergie: un barrage, c'est une catastrophe écologique si elle n'est pas gérée. Et elle ne l'est pas. On noie des centaines d'hectare sans forcément en faire grand chose que stocker. Un lac -même artificiel- est un écosystème incroyablement riche si il est bien entretenu au départ. Avec la création de lacs, on créée en même temps des écotones avec les berges et les ripisylves nouvelles. Le transit des piscicole est nul sur un barrage, et les algues et autres petites bryophytes (plantes aquatiques) peuvent être source de souillures ou de blocage d'arrivée d'eau au niveau du passage du barrage. Et ces plantes, avec quoi on les nettoie? :) de l'herbicide? :)

Les moyens mis en oeuvre sont, comme vous le laissez supposer, faible et non valorisé, voire endigué... faute de gestion, car ça coûte cher, et on préfère construire du thermique et autres pour ça principalement.

On parle d'énergie dans l'environnement, mais on ne parle pas de gestion d'espace naturels, qui est bien plus important pour la pérennité de notre espèce. Attention à voir les vraies problèmes de nos jours ;)


nb: ne jamais confondre écologiste (militant) et écologue (scientifique)

Nuwanda | 01 mai 2009 à 10h21
 
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Re:pas assez de renouvelable

Pour votre gouverne, contrairement à l'information totalement fausse que vous propagez, l'Allemagne est exportatrice nette d'électricité vers la France (données officielles consultables sur le site de RTE). Certes on vend du courant nucléaire à l'Allemagne, mais quand on en a trop et que personne n'en veut, donc on le brade. Par contre, quand on en a besoin (hiver, chauffage électrique, tout ça...) et l'Allemagne nous revend son électricité au charbon, au prix fort. Au global, la balance penche en faveur de l'Allemagne qui en volume nous en vend plus qu'on ne lui en vend.

Donc commentaire totalement hors sujet.

plop | 06 mai 2009 à 16h33
 
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Re:Re:Pourquoi ne parle-t-on pas des énergies d'a.

ne jamais oublier le cœur du problème : si on ne divise pas d'un facteur 4 nos relâchements de gaz à effet de serre d'ici 2050, la civilisation court à sa perte. Le reste n'est que littérature : il s'agit ici de comparer les conséquences de l'inondation de quelques centaines d'hectares avec la perspective de déflagrations aux côtés desquelles les soubresauts du XXème siècle apparaîtront comme de douces plaisanteries... Attention ! je ne dis pas qu'il faut faire n'importe quoi, mais il ne faut simplement pas se voiler la face (mes grenouilles contre l'inondation du Bengladesh) ni s'accrocher à des positions dogmatiques irresponsables (charbon plutôt que nucléaire).

dmg | 06 mai 2009 à 18h35
 
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