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Actu-Environnement

Bilan en demi-teinte pour la réunion de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification

Après deux semaines de débat, les 191 pays signataires de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification réunis à Madrid se sont mis d'accord sur un plan d'action mais n'ont réussi à établir son budget.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Afin de relancer la prise de conscience envers le problème mondial de la désertification et l'appauvrissement des sols, les 191 pays signataires de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification se sont réunis à Madrid. Le ministre de l'environnement espagnol, Cristina Narbona, a surtout insisté sur le fait que la Convention doit accélérer ses résultats, pour passer de la connaissance des causes et des effets de la désertification, aux politiques qui la freinent et la mitigent. Pendant deux semaines, les 2.000 participants réunis (experts, ONG, gouvernements) se sont donc attelés à mettre au point un nouveau plan d'action pour les 10 prochaines années. Ce plan prévoit notamment la mise en place de nouveaux instruments, le renforcement de l'existant et surtout une mise en relation de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification avec les autres grandes conventions des Nations Unies : la Convention pour la Diversité Biologique et la Convention de Lutte contre le Changement Climatique. Cristina Narbona a ainsi réitéré l'appui de l'Espagne à la création d'une Organisation Mondiale d'Environnement, qui pourrait intégrer les activités que développent déjà ces trois Conventions. Si nous voulons freiner la détérioration de la planète, il faut que les accords internationaux aient un caractère contraignant et puissent entraîner des sanctions pour les pays qui les négligent, comme c'est le cas pour l'Organisation Mondiale du Commerce, a souligné Cristina Narbona

Mais ces deux semaines de travaux ont été gâchées puisque qu'aucun accord concernant le budget de ce nouveau plan n'a été trouvé entre toutes les parties signataires. Malgré des discussions prolongées jusqu'au samedi matin alors que la conférence fermait ses portes vendredi soir, il semblerait que le Japon ait refusé d'augmenter le budget de la convention qui permettrait de mettre en œuvre le nouveau plan d'action. Donc en vertu du principe d'unanimité retenu pour les prises de décisions au sein de la convention, ce nouveau plan existe mais ne peut pas être appliqué pour l'instant. La ministre espagnole de l'environnement espère débloquer la situation durant la 62ème session de l'Assemblée Générale des Nations Unies. Nous allons œuvrer à fond pour surmonter le seul obstacle qui s'est dressé lors de ce sommet, qui a par ailleurs enregistré des avancées significatives, a déclaré Mme Narbona.

Selon l'ONG espagnole les Ecologistes en Action, il y a un risque réel que ce plan d'action ne soit pas appliqué puisqu'il n'a pas de budget. L'ONG considère également que l'opposition du Japon est due à une décision politique de bloquer la Convention de Lutte contre la Désertification des Nations Unies et non à des motifs économiques. Les Ecologistes en Action attentent donc que le gouvernement japonais explique publiquement ses raisons et appelle à une modification des procédures de prise de décisions à l'image de celles de l'OMC pour éviter la répétition d'une telle situation de blocage. Pour l'ONG, il est inadmissible qu'une convention comme celle de lutte contre la désertification n'ait pas les moyens effectifs pour freiner les processus de perte de fertilité des sols alors que celle qui peut créer des problèmes environnementaux et sociaux graves, comme l'OMC, les a.

La dégradation des terres dans les zones arides et semi-arides est observée dans de nombreuses régions du monde depuis plusieurs décennies. Elle se traduit par la perte de la végétation, l'érosion éolienne et hydrique, l'appauvrissement des ressources, la baisse de la production et de la productivité alimentaire, etc. Ses conséquences sur les populations touchées sont dramatiques ce qui en fait une problématique majeure. À l'heure actuelle plus de 200 millions de personnes subissent les conséquences de la désertification et si rien n'est fait un tiers de la population mondiale sera affecté à l'avenir. Privées de leurs moyens de subsistance, les populations sont poussées à migrer et, selon l'ONU, 50 millions de personnes pourraient être déplacées ces dix prochaines années.

Réactions3 réactions à cet article

 
Les Japonais peuvent être résonnés

Les travaux de la dernière CoP à la convention sur la lutte contre la désertification ont abouti à des résultats que j'estime très satisfaisants et salutaires. Si la position de nos amis japonais pourrait constituer de blockage pour la mise en oeuvre du plan d'action, je pense que leur engouement pour apporter un appui à la mise en oeuvre des mesures d'adaptaon peut être une porte d'entrée. En effet lutter contre l'adversité causée par la désertification n'est ni plus ni moins que des stratégies d'adaptation. C'est pour quoi en créant ce lien évident, je pense, nos amis japonais pourrait revoir leur copie, car c'est de la question de la survie de l'humanité toute entière qu'il s'agit.

Adamou Bouhari
Point Focal du Fonds pour l'Environnment Mondial
PNUD Niger

Anonyme | 20 septembre 2007 à 10h32
 
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Re:Les Japonais peuvent être résonnés

bonjour!

un grand bravo M Adamou Bouhari pour votre suggestion

aimerions vous contacter, voici notre email "reboiserlesahara@yahoo.fr
remeciements

A.DAOUD | 20 septembre 2007 à 10h46
 
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Et le Barrage vert africain?

Comme sans doute d'autres personnes, j'ai entendu parler d'un''Barrage vert africain'' dont la réalisation aurait été décidée dans des conditions qui me sont totalement inconnues. Cette grande plantation d'arbres intéréssant semble-il également le Niger, est-il possible d'obtenir quelques informations au sujet de ce projet que les médias n'évoquent pas beaucoup ces dernières années? S.Grim, ingénieur civil des eaux et forêts.

Grim | 17 janvier 2008 à 11h18
 
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