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Actu-Environnement

L'UFC Que Choisir critique les choix du gouvernement en matière de biocarburant

Toute en invitant le gouvernement à organiser une conférence de consensus scientifique, l'UFC Que Choisir demande une division par deux de l'avantage fiscal sur les biocarburants et que soit modulée la défiscalisation de la TIPP.

Agroécologie  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Toute en soutenant le développement des biocarburants, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a déploré, mercredi le plan de développement des biocarburants en France qu'elle juge ''aveugle'' et ''dispendieuse''.

Pour l'UFC, le plan français présente deux carences rédhibitoires. Compte tenu de la forte incertitude scientifique sur le rendement énergétique de certains biocarburants comme l'éthanol à base de céréales, son intense promotion financière par les pouvoirs publics pose question, indique l'association qui précise que le bilan officiel de l'Ademe favorable au biocarburant est contredit par l'INRA et une étude de la Commission européenne.
De plus, pour l'association de consommateurs, la défiscalisation de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) sur les biocarburants ne profitera pas aux usagers domestiques mais permettra aux producteurs de constituer une très forte marge en augmentant leur prix de vente tout en restant compétitif par rapport au prix du carburant fossile.

Aussi l'association demande de globalement diviser par deux l'avantage fiscal des biocarburants puis de moduler la défiscalisation de la TIPP en faveur du biodiesel et à la défaveur de l'éthanol à base de céréales. L'association des consommateurs regrette qu'il n'est toujours pas envisagé d'importer de l'éthanol de canne à sucre, principalement du Brésil, qui offre pourtant un bon rendement environnemental et qui permettrait de nettement diminuer le prix payé par le consommateur.
Elle réclame également de rééquilibrer sa politique pétrolière en diminuant l'effort financier pour les producteurs de biocarburants et en investissant davantage sur les transports en commun ou les moteurs économes. Enfin, elle invite le gouvernement à organiser une conférence de consensus scientifique.

Conformément aux objectifs de la directive communautaire 2003/30/CE, le taux d'incorporation des biocarburants dans l'essence et dans le gazole devrait atteindre 5,75% exprimé en valeur énergétique en 2010. Mais dans un climat marqué par l'envolée du prix du pétrole, le gouvernement a défini, en novembre 2005, un nouvel objectif, plus ambitieux que la directive : en 2007, la France devra respecter un taux d'incorporation de 5,75 % de biocarburants, un niveau qui devra atteindre 7 % en 2010, soit une anticipation de deux ans pour la première de ces échéances.
Pour atteindre cet objectif le gouvernement et les professionnels des secteurs pétrolier, agricole et automobile avaient adopté le 21 novembre 2005, quinze mesures destinées à faire progresser le développement des biocarburants en France. Aujourd'hui : ils sont devenus ''la'' priorité du gouvernement. Le Premier ministre a en effet annoncé la mise en place de pompes à essence E85, carburant composé à 85% d'éthanol et à 15% d'essence. En 2008, entre 500 et 600 pompes vertes devraient êtres installés. Le mondial de l'automobile à Paris, a été par ailleurs l'occasion de mettre en avant les véhicules fonctionnant à l'énergie verte.

Il est indéniable que les biocarburants possèdent des atouts : ils contribuent faiblement aux émissions globales de gaz à effet de serre liée à l'automobile puisque le dioxyde de carbone rejeté lors de la combustion des biocarburants est en grande partie absorbé lors de la croissance des plantes qui servent à le fabriquer : il n'y a pas d'apport de carbone fossile dans l'atmosphère.

En revanche et en leur défaveur, leurs méthodes de production entraînent elles-mêmes une consommation élevée d'énergie. Ils peuvent également avoir un impact négatif sur l'environnement car ils sont généralement issus de cultures intensives, ce qui aura des impacts sur l'eau, la biodiversité - notamment à cause des engrais et pesticides - et les émissions de GES du secteur agricole.
Par ailleurs, la surface cultivable française ne peut fournir de quoi alimenter les besoins dictés par le plan français : 10 % de biocarburants dans nos réservoirs en 2015.
C'est pour ces raisons qu'un volet de recherche pour développer les biocarburants de deuxième génération (utilisant l'ensemble de la plante ou fabriqué à partir de déchets ménagers) a été lancé.

La fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a réagi aux critiques de l'UFC-Que Choisir. Faire croire que les biocarburants ne seraient fait que pour les agriculteurs est scandaleux et abusif. De même, demander l'importation d'éthanol du Brésil est honteux, indique la FNSEA dans un communiqué.
Les biocarburants sont certes une vraie perspective pour les agriculteurs français et européens, reconnaît la fédération mais ils sont surtout, selon la FNSEA, une contribution essentielle à la lutte contre le réchauffement climatique que ce soit par le biais du biodiesel ou de l'éthanol.

Réactions8 réactions à cet article

 
Veut-on vraiment aller de l'avant ??

C'est bizarre !! Les véhicules essence ne représentent que 25% des ventes et consomment 30% de plus que les diesels (50% de plus en flex-fuel, source "Auto-Journal"). L'éthanol apparait donc bien moins écologique que le diester...

Et pourtant l'E85 est seul mis en avant. On nous prend pour des.... que nous sommes certainement quelque part...!!

Fragued | 14 janvier 2007 à 23h37
 
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Toujours plus pour les mêmes ....

Les études concernant le rendement final ( du puit à la roue ) concernant les biocarburants sont de plus en plus nombreuses et effectivement les chiffres sont pour le moins discordants.
Toutefois la filère biodiesel ou huile pure semble avoir un meilleur rendement que la filière éthanol dans toutes ces études.C'est pourtant cette dernière qui semble avoir le vent en poupe ces tous derniers temps. Faut il y voir la pression de ce monde agricole du blé et de la betterave archi subventionné et totalement indifférent aux pbs de pollution et de rendement ,du moment que pour eux le porte monnaie y trouve son compte!
La filière huile pure (colza ou tournesol) de plus , échapperait toalement aux tranformations et ajouts supplémentaires ( contrairement au biodiesel) ce qui ferait cette fois perdre de l'argent au monde industriel.
Bref le gouvernement UMP continue sa politique de cadeaux à ses amis de toujours

Anonyme | 15 janvier 2007 à 13h08
 
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écolo, l'éthanol brésilien ?

sans vouloir polémiquer avec l'UFC qui défend avant tout les seuls intérêts des consommateurs français , minorité privilégiée à l'échelle mondiale, c'est quand même un peu fort (de café, hé, hé) que de considérer une culture industrielle quelle qu'elle soit comme écologique. À plus forte raison quand on sait que le développement de la canne à sucre au Brésil se fait sur le dos de l'agriculture paysanne vivrière , au profit de quelques oligarchies de propriétaires terriens qui exploitent les salariès agricoles expropriés de leurs petites exploitations familiales . L'an passé encore, des syndicalistes paysans du mouvement des sans-terres ont été assassinés par des milices de propriétaires. Certaines ONG présentes au Brésil ont émis en octobre "de plus vives inquiétudes " quant à l'extension des zones dites cultivables pour la canne à sucre, car l'extension de la pression foncière se fait au détriment des zones naturelles, accentue la déforestation, et menace les peules indigènes. Alors, écolo, l'éthanol brésilien ?

paysan solidaire avec les sans | 18 janvier 2007 à 11h54
 
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Re:Toujours plus pour les mêmes ....

A un moment où tous les industriels sont amenés à évaluer les impacts environnementaux de leurs productions selon des critères objectifs (analyse en cycles de vie, y compris selon des normes ISO) de manière à prendre en compte tous les impacts du produit (from craddle to grave) "du berceau à la tombe", on peut en effet s'étonner de cet obscurantisme qui consiste à focaliser sur la seule fraction "positive", objet des modes actuelles.
A t'on inclus dans l'évaluation les phénomènes d'épuisement des sols, la fabrication (et les impacts associés) des engrais, pesticides ? A t'on imaginé que le CO2 rejeté ne serait pas celui instantannément refixé par les plantes alentour ?
Souvenons-nous du temps où l'on écumait les mers et transformait le surplus en farines de poissons pour nourir des poulets au goût écoeurant. Aujourd'hui que les mers sont proches d'être vides, on n'ose même plus se souvenir de cette époque (heureusement révolue) tellement elle nous fait honte.
Ne sommes-nous pas face à un défi du même type ? On ruinerait les sols et un peu plus l'environnement, simplement pour nourrir nos autos. Les lendemains risquent d'être terribles !

Faut-il que les lobby soient puissants pour passer outre le bon sens et l'esprit critique de nos spécialistes et des instances dirigeantes.

A moins que, comme suggéré, seules comptent les visées électoralistes.

Terrible, nos enfants nous haïront pour ces lâchetés.

Joseph | 18 janvier 2007 à 14h24
 
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Re:écolo, l'éthanol brésilien ?

sans compter la dépense énergétique pour faire venir les biocarurants du Brésil ...

Milka | 18 janvier 2007 à 19h05
 
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panier de crabes

il est curieux de constater qu'à une critique de la stratégie du gouvernement, ce soit la FNSEA qui réponde.. diable, y aurait-il donc des connivences ?

Jean | 18 janvier 2007 à 20h22
 
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Re:écolo, l'éthanol brésilien ?

Les biocarburants ne sont pas des sources d'énergies durables,cf. tous les points évoqués ci-avant, ils permettent de diminuer un peu les GES mais cela ne fait que réduire le problème des GES. Malheureusement tant qu'il y aura du pétrole (et les lobbies associés) on sera dans une impasse, le hic c'est qu'il sera trop tard dans 20 ans.

pas38 | 22 janvier 2007 à 12h37
 
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Les errement ADEMIQUES

LA DAME DE L’ADEME ET LES BIOCARBURANTS

Superbe exemple de parité administrative, la dame de la Dème, est en tous points conforme au modèle masculin dans les domaines techniques, comptables et fiscaux. Même inculture soixante huitarde, même langue de bois, même refus de l’évidence et des réalités physiques et financières.
Elle pérore sur les ondes autant sur le bluff de l’effet de serre que sur les biocarburants. Dans sa dernière intervention elle a expliqué que l’éthanol n’a pas les mêmes propriétés que l’alcool dit « éthylique », surtout quand, mélangé à l’essence, il devient du bi ou du diéthanol.
Selon cette dame, non seulement on sauverait l’agriculture betteravière, mais on réduirait les émissions de gaz carbonique et on ferait des tas d’économies.
Pour bien répondre il faudrait aligner des chiffres et ça, c’est fatigant à lire. On peut essayer de les remplacer par des mots.

Des labours à la pompe

Avant de sortir « l’éthanol » de l’alambic, il y a eu du travail et des dépenses d’énergie considérables.
Le tracteur qui laboure, sème et engraisse pour finir par arracher puis transporter aux camions qui continuent vers la « sucrerie » reconvertie en distillerie. Cela représente une bonne quantité de carburants. Si l’on y ajoute tout ce que consomme l’usine AZF pour produire les ammonitrates qui engraissent les terres à betteraves on obtient beaucoup de calories.
On n’a pas fini. L’usine va laver triturer malaxer, chauffer et pressurer pour sortir le jus fermentescible chargé de saccharose (le sucre). Même, si les levures travaillent sans salaires ni syndicats, elles vont consommer 33% du carbone pour produire le gaz carbonique qui fait pétiller le champagne, et les yeux de nos dames.
Ces levures vont produire de l’alcool, jusqu’au plafond de leur empoisonnement qui se situe à environ 15%, dans les mélasses, diluées en conséquence. Comme quoi les levures sont moins fragiles que les hommes qui n’en supportent que moins d’un demi pour cent de leur masse, avant le coma létal.
Ce n’est pas encore fini, car, le mélange eau alcool, limité à 12° pour des questions de productivité, devra être distillé de manière à éliminer 84% d’eau par évaporation. L’énergie nécessaire se calcule très facilement, mais il est encore plus précis d’utiliser les chiffres globaux de la comptabilité analytique de la production. En tout, il aura fallut plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre d’alcool et il faudra 1,56 litres d’alcool pour donner l’énergie d’un litre d’essence.
Bien entendu, en brûlant ce coûteux produit, on va encore produire du gaz carbonique, ce qui devrait faire de la peine aux illusionnistes des gaz à effet de serre.
Si on raisonne, sans tenir compte de la fiscalité, comme le fit notre Ministre frisé de l’économie et des finances, mal « instruit » par son service des douanes, on peut produire l’illusion, si c’est le but cherché.
Si on est une Directrice de l’ADEME gouvernementale compétente, on doit enquêter auprès des distillateurs, analyser les comptabilités et conclure sur la comparaison de choses comparables.
Lors de sa conférence radiodiffusée sur ce sujet, le Capitaine au long cours HADDOCK (de la section Flandres-Artois en Belgique) qualifiait l’alcool d’ « ennemi du marin ». Il aurait pu ajouter « ennemi du contribuable »
Que reste-t-il de ces élucubrations avec si peu de chiffres ? Seulement la conclusion du vieux paysan :

« Si c’est pas malheureux de brûler de la nourriture »

Va-t-on encore nous parler de FAIM DANS LE MONDE ?










Pour ceux qui aiment les calculs


On retiendra les masses atomiques suivantes qui servent de base de tous les calculs : C=12 - O=16 - H=1
On notera ainsi que le sucre C12H22O11 voit sa « mole » peser : 342 grammes qui, en s’hydrolysant, vont donner 2(C6H12O6) de glucose d’une masse de 360 grammes.

A son tour la mole de glucose va fermenter en libérant 2 moles d’alcool éthylique (C2H5OH) et deux moles de gaz carbonique CO2.

En résumé on calcule facilement que 46 grammes d’alcool, avant d’être brûlés dans les moteurs, ont déjà produit 44 grammes de CO2

En brûlant, ces mêmes 46 Gr d’alcool vont encore produire 88 Gr de CO2
Soit au total 3X44 = 132 Gr de CO2 taux d’émission de CO2 132/46 = 2,87 Gr par Gramme d’alcool

L’essence, qu’on peut ramener au benzène qui la constitue en majorité, a pour formule C6H6 donc une masse molaire de 78 grammes qui vont produire 264 grammes de CO2 donc taux d’émission de CO2 :
264/78 = 3,38 grammes par gramme d’essence

Or il faut 1,56 grammes d’alcool pour produire l’énergie d’un seul gramme d’essence ce qui remonte le, taux de CO2 de l’alcool à 2,87 X 1,56 = 4,48.
Vous voulez plus simple ?
1)- pour équilibrer les masses entre l’alcool et le benzène on appliquera à l’alcool le cœfficient :
78/46 = 1,696
2)- pour équilibrer les pouvoirs calorifique on multipliera ce chiffre par 1,56 soit :
1, 696 X 1,56 = 2,646

Aux 6 CO2 produits par la combustion du benzène on opposera les 3 X 2,646 = 7,94 CO2 de l’alcool.
Conclusion : 7,94/6= 1,32 à l’avantage du benzène.

L’ALCOOL GENERE 1,32 FOIS PLUS DE CO2 QUE L’ESSENCE

Si l’on ajoute à cela tout le CO2 produit en amont pour fabriquer le sucre, nul doute que les déchets de CO2 émis avec l’alcool dépassent plus que largement ce qu’on obtient avec les produits pétroliers.
Rendez vous sur internet et regardez les élucubrations verbeuses et abondantes de l’ADEME sur le sujet. On dirait la constitution giscardo-européenne adaptée aux disciplines scientifiques.

Par un écran de fumée dialectique on assiste à une démonstration visant essentiellement à faire croire à la bonne affaire.

Comment de superbes hauts fonctionnaires, issus des prestigieuses écoles de la république, comme Sciences Po ou l’ENA, peuvent-ils prendre ainsi les braves Français pour des imbéciles ?
Propager des idioties comme les gaz à effet de serre ; la pompe à chaleur (ça c’est polytechnique (voir SIROTA et l’Inspection des finances) n’est pas digne d’un pays qui, par le passé, fut à l’avant-garde des sciences.

C’est ainsi qu’on voit le triomphe d’AIRBUS (avions fabriqués à l’envers des saucissons) finir dans une panade financière incroyable et la liste est longue des fantastiques gaspillages qu’on doit à la malhonnête inculture de nos dirigeants.

mitrailleur | 24 avril 2007 à 16h47
 
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